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Bribes d'une journée banale
Hier, j'ai pris le méto. Comme beaucoup de gens. Mais je ne sais pas pourquoi ce que j'ai observé m'a paru avoir du sens, un sens que je n'arrive pas totalement à comprendre.
Est'ce que cela a de l'importance? Est-ce que les petites choses méritent d'être racontées quand on a si peu à en dire?
Le fait d'avoir envie d'en parler ne se suffit-il pas en lui-même ? Et en parler à qui ? Pour quel retour? On verra bien!
Un escalier, une vieille femme noire avec une canne le descend péniblement, un homme âgé, noir lui aussi, lui tient le coude.
Des deux côté les rampes leur sont inaccessibles : personnes qui montent à gauche, personnes qui descendent à droite. Cela semble perturner la femme et agacer l'homme qui lui lâche le bras alors qu'ils sont presqu'arrivés en bas, pour descendre plus rapidement.
La femme, elle, descend, très lentement, trois marches et soudain semble s'envoler. Elle se raccroche d'abord à un homme, essaye d'attraper la rampe mais s'agrippe à une jeune femme, qui se trouvait juste derrière l'homme, et qui a essayé d'esquiver - en vain.
Puis elle arrive à rattraper la rampe, lâche la jeune fille qui tentait de la repousser et se répand en excuses et en remerciements en direction de celle-ci qui, sans lui jeter un seul regard, remonte les escaliers comme une reine outragée.
L'homme, sans doute un peu sourd, se retourne et, voyant la vieille femme en difficulté, remonte les marches, discute avec elle et se met lui aussi à s'excuser et à remercier la jeune fille.
Celle-ci ne se retourne pas, continue à monter l'escalier et son visage exprime ce que j'interprète sur le moment comme de l'exaspération mêlée de rage mais qui est peut-être de la peur ou bien ? Elle ne dit rien, ne regarde personne et chacun d'entre nous continue son chemin.
Cette scène me met mal à l'aise mais bien que mes pensées tournent dans ma tête comme des poissons en apné dans un bocal rien de ce que je pourrais en écrire ne me paraît pertinent.
Je monte dans le métro, un homme, sans doute un Rom, se précipite avant que la porte ne soit fermée. Il vend des stylos, je n'en comprends pas le prix et de plus je n'ai pas d'argent sur moi, juste des centimes. Mais j'ai eu envie de faire un geste et je lui ai tendu la plus grosse pièce que j'avais (cinq centimes, ridicule!) en lui disant que je ne voulais pas de stylos. Nos paroles se sont croisées, il me disait "non, cinquante centimes" Je crois que nous avons compris ensemble le sens de nos paroles entremêlées et, pendant que je lui répondais sur un ton navré "mais je n'ai pas cinquante centimes!", il me donnait un de ses stylos d'une main refusant les centimes de l'autre avec beaucoup de dignité.
"La claque!" c'est la première pensée que j'ai eue et je me suis tout de suite demandée pourquoi. Pourquoi ressentirais-je comme un reproche la générosité gratuite de cet homme pauvre qui se payait le luxe de faire un cadeau à quelqu'un qui lui donnait ses cinq derniers centimes? Quel sentiment de culpabilité me poussait à penser qu'il avait voulu me donner une leçon de générosité? J'ai lu un article qui disait que, parmi ceux qui faisaient la manche, les Roms étaient ceux qui étaient le plus mal reçus et je me suis demandée où était passé l'indignation soulevée par leurs expulsions. C'est peut-être tout cela qui a alimenté mon malaise, m'a faite me sentir si lamentable et non l'intention de cet homme qui a aussitôt quitté le wagon sans avoir l'air d'entendre mon "merci" étonné.
Je sors du métro un peu en panique : je suis inconcevablement en retard.
Au coin d'une rue, je me fais asperger par un jet d'eau et je m'écrie sur le ton de la plaisanterie : "merci pour la douche" et échange un regard avec un jeune homme, issu de l'immigration turque - c'est une hypothèse - qui s'excuse avec un sourire à faire éclater les pierres tout en continuant à arroser des fruits de mer - et comme je ne suis pas de glace, avec mon sourire le plus édenté de Baba Yaga, vieille sorcière, je lui souhaite une bonne journée en me disant que, de toute façon, il pleuvait, qu'il ne faisait pas froid. Et que ce sourire là valait bien mille fois de se faire détremper!
J'assiste ensuite à une conférence d'auteurs au cours de laquelle il est dit que dans la Grèce antique il y avait deux langues, celle de l'élite et celle du peuple et que ces deux langues se faisaient la guerre ou plutôt que l'élite prétendait que sa langue était la seule légitime, enfin c'est ce que j'ai cru comprendre et j'ai pensé à Finkielkraut et à Millet, à leur problème avec la langue des banlieues, avec le rap et la pensée m'a traversée que, vraiment, trop forts les anciens grecs! Dans le domaine de l'intolérance, encore une fois ils étaient nos maîtres! J'ai essayé immédiatement d'effacer de mon esprit cette pensée sacrilège : n'avaient-ils pas inventé la démocratie? Bon, d'accord les esclaves et les femmes en étaient exclus, mais c'est l'idée qui compte et quand on voit ce que nous en avons fait en France, on ne peut que s'en réjouir! Dans la "querelle des anciens et des modernes" espérons que les Grecs actuels pourrons ouvrirde nouvelles perspectives.
A la fin, je reçois un vent au sujet de mon retard et ça me casse sec!
Bon, je prends le bus pour retourner chez moi. Une femme africaine monte avec sa fille, je la suis avec une dame qui s'interroge sur son trajet. Je ne sais comment la conversation s'installe entre nous et j'en arrive à faire une grenouille en origami avec un ticket de bus pour la gamine, la dame veut apprendre, on chante des chansons que répètent la petite fille et sa mère (genre une souris verte, la famille tortue... et celle là, vous la connaissez?..) : il n'y avait que nous dans le bus mais quelle ambiance!
Je descends du bus rassérénée et rentre chez moi où m'attend une déclaration d'amour de la part d'huissiers qui veulent absolument me rendre visite...
Non, je ne vais pas me laisser casser le moral! Cela fait partie de ma vie et je ne suis pas la seule qu'ils aiment férocement...
Une journée façon douche écossaise qui me laisse pensive et que j'ai envie de partager.


Tous les commentaires
Merci pour ton partage, Wata.
Tu me rappelles quelques journées à moi, entre cette vieille dame qui fait peur à l'autre parce qu'elle est différente, les roms (chez nous ajoute les polonais - qui eux, n'ont rien à vendre, mais quémandent souvent de quoi nourrir eux et leur chien) et l'huissier du retour à la maison...
Un hiver, glacial et humide. Un homme devant un magasin. Il tend la main. Je passe en me disant que je n'ai plus de monnaie, que je dois acheter mon pain, et que je ne peux pas donner à tous. Et puis, je croise son regard. Je ne l'oublierai jamais. Des yeux clairs, remplis de larmes. Je ne sais pas si c'était du froid ou du chagrin. Une détresse. Je n'ai pas été à la hauteur. Je lui ai donné 50 cts et je suis partie.
J'aurais dû parler avec lui. Savoir si je pouvais faire quelque chose. Au lieu de ça, je suis rentrée chez moi. Le lendemain, pleine de remords, j'y suis retournée. Je ne l'ai jamais revu.
Je n'ai pas de solution, pas d'explication à ta journée. Mais elle est semblable à de nombreuses journées du monde.
Ps : une amie rentre de Hong-Kong. Elle m'a expliqué, abasourdie, leur manière de circuler. Sur les trottoirs roulants par exemple. Chacun suit l'autre, un peu à la queue leu leu, à gauche comme pour la circulation routière. Une discipline extraordinaire... (je ne sais pas pourquoi je raconte ça. C'est juste l'histoire de la vieille dame du début qui m'y a fait penser)
Merci
Qu'est-ce que c'est, cette histoire d'huissiers ?...
Jean-Jacques M’µ
Vous ne connaissez pas ces gentils messieurs qui passent le matin avec un commissaire de police et un serrurier pour saisir le mobilier que vous n'avez pas et vous envoie de charmantes lettres vous annonçant qu'ils vont saisir l'argent que vous n'avez pas sur votre compte? Et en cas d'échec font une demande de saisie sur votre salaire?
Eh bien moi, je connais Wata. Et même assez sérieusement. Dans les années que je laisse derrière moi, avec grand plaisir. Un propriétaire harceleur, un huissier, et bonjour les problèmes...
Ça va, on sait. Au premier degré, sans rire... Pourquoi donc en parler soudain ici ?.. Il y a des menaces de saisie ?.. Que se passe-t-il ?.. Clairement.
Jean-Jacques M’µ
Tu sais Jean-Jacques, on peut pas toujours tout raconter sur le net...
Pour le côté zen des Asiatiques, je confirme : j'ai même filmé sur mon portable, ça, justement, tant c'est impressionnant, cette tranquillité, cette douceur linéaire dans le métro, sur les escalators, dans les rues, au démarrage des feux de carrefours... tout le monde avance plat plat plat, ni vite ni lentement, à vitesse humaine, sans se presser, sans heurt, et sans gêner, ça fait une sympathique chorégraphie, un rien inimaginable pour nos cerveaux latins jusqu'à ce qu'on arrive là, à Taipei, par exemple, et c'est réconfortant, même, on se prend à supposer une vie sans s'agresser, une ambiance presque ouatée et sensationnelle à la fois, en complète contradiction avec la folie pétaradante et tonitruante de nos transports, en Europe.
J'y étais il y a encore un mois, le 22. Et je regrette déjà.
Jean-Jacques M’µ
Histoire de RER.
L'autre dimanche en début de soirée, je monte dans le RER, à Maisons Alfort, sans ticket, parce pas moyen de trouver comment acheter un ticket. Je ne prends jamais le RER, c'est un monstre hurlant qui m'effraie, mais ce jour-là, pas moyen de faire autrement.
Je grimpe à l'étage, petit compartiment. Je m'assois juste près de l'escalier, prête à descendre. Le RER démarre.
Quelques personnes s'y trouvent déjà: des femmes Roms, éparpillées, avec leurs enfants, dans tout le compartiment. Je suis la seule blondasse.
Un enfant Rom, 9 ans environ, remonte l'escalier, et, indolent, traverse le wagon puis disparaît dans le suivant.
Lasse, je reste là, fascinée, à observer ces familles Roms. Toutes mâchent bruyamment et à gorge déployée des chewing gum, avec lesquels elles forment de grosses bulles, avant de les ravaler et de recommencer à les mastiquer. Les gamines, petites fleurs dans les cheveux en bataille jouent avec une pièce de 1 euro. Elles sont sales, mal fagotées. Les mamans discutent à travers tout le compartiment. Elles ont le visage buriné et les mains noires et calleuses, et je n'arrive pas à deviner quel est leur propos. Elles se sourient cependant.
L'enfant de 9 ans réapparaît alors à l'autre bout du wagon, sifflotant. Son visage est gris, poussiéreux. Il tient dans sa main droite un téléphone portable qu'il enfouit habilement sous le fatras contenu dans un gros panier, posé au pied de celle qui est peut-être sa mère. Celle ci réorganise rapidement le contenu de son panier.
Et l'enfant poursuit sa route, se plante devant moi, oeil de cocker, tortille son petit corps et me tend sa main noire en disant: un euro, madame !
J'ai fait non de la tête. On arrivait Gare de Lyon. J'ai serré mon sac. Et nous sommes tous descendus. Eux, très bruyamment.
Moi, consternée.
J'avais eu, l'espace d'une seconde, envie de gifler ce gosse.
J'ai pensé: banlieue ! et je me suis sentie soudain envahie d'une profonde mélancolie.
Oui, Arpège, il ne faut pas se voiler la face. Mais qu'y faire ?
Je connais un grand, marié, et pas Rom, chauffeur poids-lourds de métier, qui vide allègrement son camion de toutes les marchandises qu'il peut vendre...
Qu'y faire ma chère Elisa?
Ne pas être trop angéliques, peut-être
Ça m'est arrivé de me demander comment c'était possible que l'ensemble d'un comportement de voyageurs trouvent plutôt amusants certains tout petits garçons adoptant des poses de machos impressionnantes, avec des jeux de bassins très suggestifs, et un bagout à faire rougir un régiment d'infanterie. D'un autre côté, et là, Richard Millet doit triompher, parce que je ne proteste pas au nom de ma solidarité avec le peuple Rrom persécuté par nos polices.
Il faudrait savoir entraver le machisme sans courir le risque d'attaquer une communauté déjà opprimée (et qui joue de ce "victimat" pour perpétuer ce qui est le moins recommandable dans l'éducation des enfants : la singerie des pires comportements des adultes : ces filles, françaises ou non, au maquillage excentrique en école primaire, qui rêvent de devenir top-models, ces autres qui dansent à 7ans la danse du ventre et admirent Shakira ou Lady gaga qu'elles veulent imiter, ces garçons aux poses de racailles, de Prince et de Mikael Jackson, ou qui se veulent boxeurs ou truands à 11 ans ou, inversement, à celles de petits bourgeois endimanchés comme on voit encore chez les témoins de jéhovah : tous dangereusement ridicules pour s'afficher au regard des adultes qu'ils veulent impressionner.).
Une hontte de nos sociétés, incapables de gérer ces données individuelles, au nom de la liberté. Est-ce que le libre arbitre est intégré en tant que choix assumé entre le bien et le mal quand on n'a pas encore 13 ans ?... Et même à 15 ?.. Honnêtement, j'ai envie de répondre non. Mais on m'a tellement ri au nez en me traitant de ringard, que je préfère encore ne rien dire quand ça ne concerne pas les miens.
Jean-Jacques M’µ
Est-ce que le libre arbitre est intégré en tant que choix assumé entre le bien et le mal quand on n'a pas encore 13 ans ?... Et même à 15 ?..
Non, bien sûr que non. A ton avis, l'horrible truc qui est arrivé à cette gamine, tuée sous les coups du frère de son "ennemie" ?
Voilà un grand frère, persuadé que son droit est de cogner pour défendre sa soeur. Et le voilà meurtrier.
Imiter les grands, les adultes. Imiter leur langage.Surtout quand le modèle semble correspondre à ce qu'on croit bien. Le mec avec des c... , celui qui ne se laisse pas faire.
Je me souviens d'un garçon d'environ 12 ans, qui devenait fou dès qu'on attaquait son frère. Son frère était handicapé mental... Ce garçon est aujourd'hui en prison. Il ne supportait pas les regards méprisants et les remarques des autres enfants. Il s'est démarqué en devenant voyou.
Je voudrais raconter encore une petite histoire personnelle. Je suis d'origine Limousine et un jour, je suis allée chercher mon fils qui se baignait dans un étang avec quelques amis du coin. Je vois un enfant en pleur, 9 ans environ, je lui demande ce qu'il a et il me répond que quelqu'un a roulé volontairement sur son vélo et que sa famille n'aura pas les moyens de le réparer;
C'est un gitan -enfin c'est comme cela qu'on les appelait à cette époque dans ma région - Je lui propose d'aller voir un artisan qui pourra le lui réparer, il me répond que ce n'est pas la peine, qu'il ne voudra jamais, je lui demande pourquoi et il me regarde comme si j'étais un peu débile, comme si cela tombait sous le sens.
Je lui dis "attends-moi" et vais récupérer mon fils - 14 ans à l'époque, à qui j'explique la situation, tous les deux nous allons rejoindre le jeune qui continuait à pleurer tout en tentant de redresser la roue avant de son vélo.
Tous les trois nous nous rendons chez l'artisan en question qui nous regarde d'un sale oeil. Je lui demande combien il prend pour réparer la roue du vélo et il me demande qui va payer, je lui réponds "moi!" Il me dit "la moitié maintenant et le reste à la livraison" - je vous passe les détails de la discussion. Quand je repars il me dit : "ses parents ne vous rembourseront jamais". Je lui lance "qu'est-ce que vous en savez" et je pars avec les deux gosses sans écouter sa réponse.
J'emmène le gamin au café pour prendre un pot et oui, c'est vrai là, il était fier comme artaban, un vrai petit mec qui roulait des mécaniques et qui lançait des blagues pas toujours de bon goût, mais qu'est-ce qu'il était drôle! Un vrai titi !
On s'est donné rendez-vous avec ses parents au café pour le jour fixé par l'artisan.
Comme je m'y attendais ceux-ci ne sont pas venus et le gamin lui, par contre était là un peu penaud, un peu bravache : "t'aurais pas dû laisser le vélo à l'autre (censuré) y m'le rendra jamais."
Je lui ai dit "t'en fait pas, y a pas d'problème qui n'ait sa solution" et nous sommes retournés chez l'artisan qui m'a dit goguenard : "alors ses parents vous ont payé?!", le gosse était rouge de honte et faisait mine de partir mais j'ai dit "oui" sans plus de commentaire. ça lui a coupé le sifflet à l'artisan et le gamin était mi interloqué, mi incrédule et encore mi intéressé (désolée pour les matheux!) par le tour que prenaient les événement, rien que sa tête me remboursait le fric que j'allais perdre dans cette histoire et intérieurement je jubilais de la perplexité de l'artisan. Double bingo!
J'ai payé le vélo, un autre pot au gamin qui pour le coup l'a savouré en silence.
Il est parti sans me dire merci, m'en fous j'ai toujours détesté ce mot (je n'aime pas qu'on soit à ma merci) et il est reparti vers de nouvelles aventures.
Sauf que...
Sauf que l'histoire ne s'arrête pas là, sinon quel intérêt? : les gitans sont des forains et à partir de ce moment là plus jamais, non seulement mon fils mais aussi ses copains et ses frères côté père, quand ils étaient avec lui, n'ont payé de tour de manège, d'auto-tamponneuse et tout le reste dans toutes les frairies du département pendant tout le temps qu'il a fréquenté celui-ci soit plus de 10 ans, les gitans ne mégotent apparemment pas sur la reconnaissance!
Mais plus encore, mon fils est métis et ses frères sont Africains ils se sont à plusieurs reprises trouvés confrontés à des agressions racistes : de partout les gitans rapplquaient pour leur prêter main forte!
De plus, quand ils ont eu 18 ans, mon fils et l'un de ses frères se sont faits embauchés par les forains pour gagner l'argent de leurs vacances et ils en ont gardé un excellent souvenir : beaucoup de travail, mais aussi beaucoup de chaleur humaine et de joie de vivre, selon eux. Ils ont peut-être été exploités mais c'est pas comme ça qu'ils l'ont vécu!
Ce n'est pas de l'angélisme, c'est du vécu et je ne dis pas que les gitans ou les roms en général adhèrent à nos normes comportementales, ils en ont d'autres qui valent bien notre vision des choses.
Je ne connais pas suffisamment ces communautés pour en dire quoique ce soit de positif en dehors d'expériences ponctuelles qui elles, l'ont toutes été -positives - mais si l'on peut connaitre un peuple à travers ses contes, les contes Roms sont parmi les plus magnifiques qu'il m'ait été donné de lire.
Et les Roms, ne s'y donnent pas toujours le beau rôle ! Comme s'ils avaient intégré leur dévalorisation.
Cette rencontre dans le métro m'a ramené à ce souvenir vieux de plus de vingt ans, ça ne nous rajeunit pas, ma brave dame!
Bonjour et merci pour ce partage, Wata.
A propos d'Asiatiques, je colle une information que je n'ai pas vue sur Mediapart:
Entre 3 000 et 20 000 ressortissants chinois, selon la police et les organisateurs, ont défilé dimanche 19 juin à Paris pour exiger plus de sécurité. Derrière une grande banderole proclamant: "Liberté, égalité, fraternité et sécurité", le cortège a quitté la place de la République pour se rendre place de la Nation.
Les manifestants, parmi lesquels beaucoup de jeunes, certains enveloppés dans des drapeaux français et en agitant d'autres de petite taille, ont scandé "Sécurité pour tous" ou "Vivons ensemble, vivons en sécurité", alors que de petits autocollants apposés sur leurs poitrines rappelaient que "la sécurité est un droit"."La sécurité, c'est l'état dans lequel on ne s'expose pas au danger (...), nous réclamons la sécurité parce que c'est un droit, c'est la condition essentielle de l'exercice des libertés", a lancé Olivier Wang, le porte-parole du collectif des associations asiatiques de France et leurs amis français, à l'origine de la manifestation.
Les Chinois sont pris à partie car "il y en a beaucoup qui n'ont pas de papiers, et une certaine catégorie de population française les agresse sachant qu'ils n'iront pas porter plainte à la police", a expliqué Jean-Pierre Buisson, marié à une Chinoise. Dénonçant le manque de protection des pouvoirs publics, Anh DaoTraxel, la fille adoptive de Jacques Chirac, a regretté qu'"aucun élu de la République" ne soit venu à la manifestation. "Il y a trop de victimes de la violence gratuite, surtout des femmes qui sont attaquées quotidiennement par des bandes de voyous", s'est-elle insurgée.
Un an après un premier cri d'alerte, "il y a eu un peu plus de policiers (dans la rue) juste après, donc ça a un peu calmé les délinquants, mais depuis c'est reparti de plus belle, c'est tragique ce qui se passe dans notre quartier", a déploré Donatien Schramm, président de l'association Chinois de France-Français de Chine, installée à Belleville. "Mais il faut que les Chinois fassent des efforts eux aussi", a-t-il concédé.
La manifestation s'est dispersée rapidement et dans le calme peu avant 16 h 30 afin d'éviter d'éventuels incidents, selon les organisateurs. L'an dernier le 20 juin, une manifestation du même type dans le quartier de Belleville avait réuni environ 8 500 Chinois, selon la police. Elle s'était terminée par des échauffourées et des incidents qui avaient entraîné l'intervention des forces de l'ordre.
J'ai en effet diffusé l'info dans un de mes commentaires, je ne sais plus lequel. Il s'agit, surtout, du rapport avec la police qui s'en prend aux enfant (la chasse à la baleine, de Prévert), mais aussi, indirectement, de violences inter-groupales, et de modes de vies entre eux, car il semble que des pressions et des intimidations existeraient, qui menacent les plus isolés et les plus fragiles. Les RG sont très vigilants aux risques de mafias possibles. En tout cas, il ne s'agit pas, comme je l'avais pensé dans un premier temps, d'intervenir auprès du pouvoir chinois.
Jean-Jacques M’µ
"La chasse à la baleine" ?
"La chasse à l'enfant " dit très bien les choses. C'était à Belle Isle, dans les années 30.
J'ai connu au moins l'un des ces colons. Orphelin, il avait été placé d'abord en orphelinat, la machine à ranger les gens fonctionnait bien. En orphelinat, comme dans d'autres mondes fermés, t'as le choix entre te soumettre et te "rebeller" -répondre, ne pas faire ce qu'on te dit- et dans ce dernier cas, tu finis pas "passer/être" pour une mauvais tête et on t'envoie dans un orphelinat plus dûr.
Evidemment tu réagis plus fort et là te voilà en colonie pénitentiaire. Donc considéré comme un délinquant, qu'on a fabriqué. Et tu es avec des délinquants, la moitié orphelins eux mêmes et à 12 ans tu aiguises des manches de cuillères "pour te défendre". Et tu te ramasse du cachot, des travaux dégueulasses, les insultes toute la journée.
Le reste du temps tu fabriques des cordages sur les glacis de la citadelle.
Et un jour c'est la grande fuite, des dizaine de "colons", comme on disait, s'évadent, courent dans la campagne.
Et c'est parti pour la grande trouille des Bellislois dont les murs des jardins sont tous hérissés de tessons de bouteilles, la nôtre itou.
Et c'est aussi la chasse, on ne va pas loin sur une ile.
Après c'était l'Ile de Ré.
Plusieurs années plus tard tu te fais cueillir par les "boches", parce qu'étrangement après ton temps, tu es revenu à B-I et tu te fais enfermer en 43 dans la citadelle, là ou tu avais attendu ton transfert pour l'Ile de Ré.
Il a fini par être enterré à Belle-Isle.
Mais (53/54?), j'ai aussi vu, à la suite d'une autre évasion en nombre, une trentaine? d'enfants, certains de mon âge, un rang de gardes mobiles devant, mitraillette en bandouillère, un autre rang derrière, et quelques autres sur les côtés, descendre la route vers le port. Pour être justement transférés à Ré. Rasés, en uniforme bleu, au pas cadencé.
C'est le bruit des pas qui nous avait alertés. Nous les avons donc vu arriver d'assez loin, passer devant la maison et marcher encore deux cent mêtres avant de disparaître. Aujourd'hui encore j'ai l'impression que ça a duré une heure, au lieu de réèllement 2 minutes.
Ma mère me tenait par les épaules à me faire mal, en pleurant, j'étais terrorisé, c'était la chose la plus laide et la plus violente que j'avais jamais vu dans ma petite existence. Et pendant longtemps ça l'est resté. D'ailleurs après plus de cinquante ans, Bouh...
Plus tard dans la journée ils ont été placés par huit ou dix dans des caisses prévus pour des chevaux et, soulevés par le mat de charge, placés à fond de cale dont on a fermé les panneaux. On a dit aussi "sous les applaudissements" mais ça j'ai autant de mal à y croire qu'à ne pas y croire.
La baleine est pardonnée!
Pas du tout, Ermeztout, pas du tout du tout !...
Nous parlons, vous et moi, de deux événements ou sortes d'événements différents.
La chasse à l'enfant est effectivement, comme la chasse à l'homme, un rassemblement populiste (genre M le Maudit) pour retrouver des gens, enfants, délinquants ou supposés criminels, dont la population a peur. Ce sont les battues.
Et d'ailleurs, celui dont vous parlez, à l'île de Ré, est devenu un film télé, il y a une dizaine d'années de ça. Je vais chercher...
Celui dont je parle, c'est autre chose, mais pas moins vrai : la chasse à la baleine existe. Sans plaisanter, il s'agit d'une méthode policière inspirée des baleiniers : on attrape les enfants pour obliger les parents à se découvrir. Les rafles fonctionnent sur ce modèle.
Jacques Prévert avait popularisé les deux motifs, celui de la chasse à l'enfant et celui de la chasse à la baleine. Et RESF a rappelé le second thème à l'opinion publique qui l'avait un peu (trop ?) oublié.
La baleine n'en sort pas indemne. Et encore moins les enfants, dans les deux cas.
Jean-Jacques M’µ
Je n'ai pas bien compris contre quelle forme d'insécurité manifestaient les asiatiques? Celle engendrée par le racisme des Français? Celle des mafias chinoises ? celles d'autres formes de délinquance - drogués par exemple?
J'ai habité à Belleville de longues années et ai quitté ce quartier au moment où les Asiatiques y devenaient de plus en plus visibles, à l'époque il ne me semblait pas qu'ils avaient plus de problèmes que les autres et je trouvais au contraire que ce quartier - qui était dans ma jeunesse principalement habité par les juifs et les arabes d'Afrique du Nord qui s'entendaient bien malgré quelques rares périodes de crise toujours pointées par les médias, puis plus tard quand je m'y suis installée par des Turcs, des Africains et enfin des Asiatiques - avait quelque chose d'éblouissant dans le mélange des cultures.
Je vivais avec des Africains à l'époque. Le patissier était Vietnamien, le boulanger Arabe, les restos turcs, indiens, "chinois" et les Asiatiques allaient dans les restaurants Turcs, les Turcs chez les Chinois, les Africains chez tout le monde et les discussions entre personnes de cultures différentes étaient faciles à engager et souvent pleines de drôlerie. Maintenant, je ne reconnais plus le coin où j'habitais mais Belleville change toujours très vite et je n'ai pas ce type de nostalgie qui voudrait que les choses restent figées.
Là où j'habite maintenant, les Asiatiques sont de plus en plus nombreux mais il y a toujours beaucoup de juifs, d'Arabes et d'Africains et malgré la réputation que l"on fait à ce quartier économiquement très déshérité, je m'y sens bien et j'apprécie toutes ces populations.
J'aime les contraires, la réserve autant que l'exubérance, le mouvement et le calme, le bruit et le silence. La sobriété et les couleurs éclatantes, j'aime comprendre et aussi buter sur un mystère, l'ombre et la lumière, le soleil quand je suis à l'ombre, la nuit, l'effervescence de la vie.
Et les Asiatiques sont, comme tous les peuples, extrêmement différents entre eux!
Je ne sais pas si ce que je viens d'écrire est cohérent?
J'ai compris la quiestion, j'y répondrai plus tard, car le travail m'appelle.
Pensées.
Jean-Jacques M’µ
Cette manifestation fait suite à une série d’agressions perpétrées dans le quartier de Belleville à Paris. Jiang Hu, 32 ans, est plongé dans le coma depuis l’agression dont il a été victime le 29 mai 2011 rue de Belleville. Le 3 juin, Nicolas Moulis, 30 ans était lui aussi plongé dans un coma artificiel après avoir été agressé à coups de marteau et grièvement blessé à la tête, avenue de Taillebourg.
Au mois de mars, Le Parisien a révélé la mise en examen de cinq jeunes gens, soupçonnés d'avoir agressé des commerçants chinois entre Paris et Aubervilliers. Les agresseurs pensaient, à tort, cibler des personnes ayant beaucoup d'espèces sur elles. En fait, un seul vol a abouti.
Les causes des agressions
Selon l'Association chinoise pour le progrès des citoyens (ACPC), à l'origine de la manifestation, les agressions sont causées par de nombreux mythes, plus ou moins vrais.
"Beaucoup de Chinois n'ont pas de papiers et les agresseurs savent qu'ils n'iront pas porter plainte à la police. Le lieu commun des Chinois qui ne font leur business qu'en espèces et l'argent liquide qui circule comme cadeau lors des mariages augmentent le sentiment qu'un vol peut être commis facilement", explique un membre de l'association.
"Et puis les agresseurs ne nous aiment pas, tout simplement".
L'insécurité du préjudice
Sylvain Delouvée, maître de conférences en psychologie sociale à l'Université Rennes 2, explique : "Pour comprendre ce qui se passe, il faut avant tout différencier stéréotype et préjugé. Un stéréotype est une étiquette que l'on applique à la même catégorie de personnes. Tandis que les sentiments que vous inspirent ces personnes au regard de leur appartenance à un groupe est un préjugé."
"À la différence du stéréotype, dont le contenu peut être positif, le préjugé est toujours globalement négatif. Un stéréotype (les chinois sont des arnaqueurs) génère un préjugé (sentiment d'antipathie) qui déclenche un certain comportement (le vol)", précise le psychologue social.
Dans le cas présent, "les Chinois, et la presse, démultiplient les exemples. Les manifestants dénoncent un sentiment d'insécurité engendré par des préjugés, et pas forcément par les comportements dont ils ont été victimes."
Elena Bizzotto - Le Nouvel Observateur
Un article dans Marianne sur ce sujet:
http://www.marianne2.fr/Belleville-Chinois-vs-Africains--saison-2-_a207639.html
Merci, je ne sais pas ce qui a changé les relations inter communautaires à ce point, je n'habite plus le quartier de Belleville depuis longtemps mais je sais que quand j'y vivais les Africains étaient très favorables (- attirés par eux me semblait-il -) aux Asiatiques, fréquentaient leurs restaurants et discutaient beaucoup avec eux de leurs cultures réciproques en découvrant qu'il y avait beaucoup de points communs entre elles. Et il y avait beaucoup d'humour et de drôlerie dans ces échanges chaleureux de part et d'autre.
Attrait réciproque de la découverte à cette époque?
Puis nouvelle génération ? Sentiment que les uns bénéficient de faveurs que les autres n'ont pas ? Je n'ai guère de pistes pour y voir clair.
Dans mon quartier actuel les Asiatiques sont de plus en plus nombreux et je pense qu'il va peu à peu devenir un nouveau 13ème ou Belleville.
Pour l'instant les enfants se fréquentent sans problèmes (apparents du moins) et les restaurants asiatiques sont fréquentés par de nombreux africains et antillais - mais pas que - (j'y vais aussi de temps en temps, au niveau prix, ils sont imbattables et en plus c'est très bon).
Les restaurants africains, eux, ont plus de mal avec le mélange de la clientèle, non qu'ils ne font pas tout pour mais quelque chose bloque, difficile de savoir quoi. Et ce n'est ni la qualité de l'accueil ni la saveur des plats qui sont en cause...
Alors je ne peux que m'interroger sur les comment des pourquoi ou les pourquoi des comment mais sans pouvoir esquisser l'ombre d'une hypothèse....
C'est bien Wata de parler, d'abord ça fait du bien et puis ça intéresse tout le monde. Ce que je vois dans ton histoire c'est que les "immigrés" sont mille fois plus sympa et sociables que nous. Je vois bien ça en Syrie où l'hospitalité est la règle, et l'entraide familiale, entre voisins où dans le quartier aussi.
L'hospitalité chez les bédouins : Ils nous voient arriver de loin; quand nous arrivons, la première chose qu'ils font est de nous donner de l'eau à boire,puis ils nous font entrer sous la tente et nous installe à la place d'honneur; on discute, quelqu'un prépare le thé et pendant qu'on le boit les femmes préparent à manger. On mange ensemble, on sert du café amer, hamdullah! et c'est seulement à ce moment là qu'on nous demande comment on s'appelle et d'où on vient!
A chaque fois j'ai honte pour notre pays car je sais qu'on est incapable de faire la même chose si on les voit débarquer chez nous!
A propos de langue des élites et langue du peuple c'est la même chose en France. Je vais poster un article à ce sujet sur Boulevard des mots-dits.
Continue Wata à nous distiller des billets comme ça!
J'aime bien !
WataYaga je vous suis et j'ai un grand plaisir à vous lire !!!
SVP continuez . Quelle fraîcheur !!!
Belles histoires, sensibles et humaines, mais désolé, il y a quelque-chose qui ne passe pas, chez moi, avec le coup des tours de manège gratuits. Je dirais même, le coup du vélo, enfin son développement futur "de type mafieux", me met encore plus mal-à-l'aise, que le coup du petit de huit ans qui est, à son âge et tout naturellement, déjà expert en vol de portables.
Votre belle et sincère générosité pour ce petit garçon, pour qu'il sèche ses larmes et profite de son vélo, c'était un beau geste gratuit, que vous ne faisiez pas dans le but de vous retrouver "bien vue de la mafia du voyage".
Car cette logique, leur logique, c'est celle des mafias, c'est celle qui a cours à Neuilly, pas le Neuilly honnête qui n'a plus droit de cité depuis des lustres, plutôt le Neuilly des Balkany et des Pasqua-Sarkozy.
Un seul mot: corruption.
Corruption des enfants, et corruption de votre geste qui, au départ, était pure générosité, était don sincère et désintéressé.
Alors là, j'ai du mal à comprendre ! J'ai fréquenté ces Gitans quand j'allais à la frairie, et franchement, si c'étaient des mafieux que l'on me fasse une place dans la camora !
Ils ont protégé mon fils et son frère d'une agression raciste qui aurait vraiment pu être grave et ceux qui les ont attaqués, c'étaient des personnes honnêtes, bien sous tout rapport ?
Ce que vous dites me fait penser aux préjugés anti Arabes de ma jeunesse qui voulaient que Arabe = forcément voleur.
Or, là encore je vais passer pour "angélique" et pourtant c'est une histoire vraie.
A l'époque il y avait ce que l'on appelait des "marchands de quatre saisons", la plupart d'entre eux étaient Arabes, j'avais 8 ans, c'était la guerre d'Algérie et une ambiance de peur régnait dans les familles.
Ma mère m'a donné un billet de 100 francs, une somme énorme à l'époque mais c'était son dernier billet, pour que j'aille acheter des légumes. J'étais d'une timidité maladive et cela m'a mise dans tous mes états, je tournais en rond autour des petites voitures des marchand(e)s les joues en feu sans oser en aborder aucun(e). Un vieil Arabe, grand, sec, impressionnant, m'a demandé ce que je voulais sur un ton aussi sec que lui.
Je lui ai fait en bafouillant la liste de ce que ma mère m'avait demandé. Sans un mot il a pris les légumes, les a pesés, les a enveloppés avec dextérité dans de grands papiers journaux et a pris le billet que je tendais.
Je suis repartie fissa, à la fois honteuse et rassurée quand tout à coup, j'ai entendu derrière moi "hé! psssit, hé!". J'ai eu peur, je ne me suis pas retournée et j'ai accéléré le pas - ce que je craignais c'étaient ces gentils messieurs bien propres sur eux qui à l'époque ne se génaient pas pour suivre les gamines prépubères dans la rue en disant "hé! psssit!".
J'était presqu'arrivée au bas de mon immeuble quand une main dure m'a saisi le bras et m'a obligée à me retourner, c'était le vieil Arabe, et j'ai eu un sursaut de panique. L'air légèrement agacé il a esquissé un sourire édenté et m'a mis la monnaie du billet dans la main, en bafouillant je ne sais quoi puis il est reparti en courant vers son étal.
Je suis restée abasourdie un bon moment, mais j'étais une gamine et la première idée que j'ai eu c'est que j'avais échappé à une sacrée raclée.
Bon, évidemment, de votre point de vue, j'imagine que c'est sûr que c'était un bon commerçant puisque, par la suite, je ne faisais plus mes couses que chez ce vieil ours mal lêché, - les gamines écervelées aussi cela sait être reconnaissantes. Cependant maintenant je me demande si je n'aurais pas moi aussi instrumentalisé son honnêteté !?
Le grand commerçant Arabe sec n'a fait que son devoir, rien d'extraordinaire, c'est s'il ne vous avait pas rendu la monnaie que ça en aurait fait une anecdote.
Bon, merci pour la petite histoire mais cette réponse est pour vous montrer ma logique qui est la bonne: on est honnêtes et la corruption n'existe pas, et profiter des petites filles timides et étourdies, ça non plus, ça n'existe pas. C'est cela, la base saine pour réfléchir sainement.
Ah et cyniquement, oui certes, on peut aussi penser qu'il a rendu la monnaie pour "pas qu'on dise que les Arabes c'est tous des voleurs". Je dis cyniquement, hein, car je sais que c'est la simple honnêteté qui l'a fait marcher à votre poursuite.
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Par contre moi, je ne comprends pas que vous ne compreniez pas mon défi de la corruption de votre générosité.
Vous avez payé une roue de vélo au gamin, pas pour vous retrouver embarquée, pas pour "qu'ils vous doivent quelque-chose". Mais eux, se sont ensuite comportés comme s'ils vous devaient quelque-chose.
C'est de la corruption. Et la corruption, c'est le Mal, c'est Satan (puisque les Gitans sont croyants), car la corruption, ce n'est pas tant un problème matériel, la corruption, c'est que ce sont les coeurs qui sont corrompus.
Je sais que vous allez avancer que c'est mon esprit qui serait mal tourné. Niet, désolé.
Dans un certain sens vous avez raison - mais désolée, je ne crois ni en dieu ni en diable : il me font autant peur l'un que l'autre et je ne crois pas en ce qui me fait peur! - je ne demandais effectivement aucun remerciement et d'une certaine façon on peut considérer que la générosité est une façon de pervertir l'autre en l'amenant à se sentir redevable de quelque chose.
Mais moi, je ne verrais pas cela sous l'optique de la générosité - de ma part - mais plutôt de la solidarité, de l'échange qui rend la vie humaine plus vivable pour les uns et les autres : tu es en difficulté, je t'aide sans te juger, je suis en difficulté, tu m'aides sans avoir l'idée de me rembourser quoique ce soit et on ne comptabilise pas si l'aide de l'un est supérieure à l'aide de l'autre.
C'est un mode de pensée non pas mafieux, la mafia l'a perverti et c'est une donnée historique, mais fondé sur d'autres valeurs que les nôtres qu'il serait trop long de développer ici. C'est celle du don et du contre don qui ne s'opère pas sur la valeur matérielle des biens échangés mais sur la qualité humaine de l'échange.
C'est quelque chose que je suis tout juste en train de commencer à comprendre et cette discussion m'y aide. Je n'arrive pas à le mettre en forme mais j'essaye.
Pour l'instant, je tourne autour du pot de confiture comme une mouche qui saurait que là il y a quelque chose d'intéressant pour elle mais qui n'arrive pas à y accéder !
Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont fait des commentaires -toutes sans exception car je pense que c'est de l'apposition des idées opposées que l'on élargit sa vision du monde, mais la mienne doit être bien étriquée car je ne m'attendais pas à susciter autant de protestations !
Cela me fait beaucoup réfléchir sur cette idée de socle que nous aurions en commun alors que nous sommes apparemment si divers et tant mieux !
Même si apparemment plus personne ne vient lire ce billet je voudrais rajouter ceci que je trouve très intéressant sur la façon de percevoir les étrangers, les préjugés que l'on entretient à leur égard et les similitudes étonnantes avec une époque que personnellement je n'aimerais pas avoir connue et que je ne voudrais pas voir revenir !
Comment les gens célèbres que nous apprécions actuellement sont-ils devenus Français?
http://www.dailymotion.com/video/xd414d_dans-l-obs-comment-ils-sont-devenus_news
Si, si, il y a encore du monde. Merci du lien !
Merci Elisa, je rajoute ce lien très éclairants sur la façon dont certains se font leur beurre sur le dos des immigrés. Mais ce n'est certainement pas aussi grave que la petite délinquance de ceux qui tentent de survivre comme ils peuvent...
http://www.capital.fr/enquetes/derapages/la-vie-de-pacha-des-patrons-de-la-sonacotra-607926?xtor=EPR-226
Je me régale en ce moment des reconstitutions de l'histoire de Rome, tout y est, la certitude d'etre civilisé et la barbarie, quand à la grèce, honte à nous, traiter le fonctionnement d'un pays comme un surendetté adepte de jeux ou d'écran plat ! Il y a les factures monétaires et les factures morales (ça existe, si, si !) gare à la facture morale