
Thématiques du blog
La Révolution? Pourquoi, comment?
Nul ne peut encore l'ignorer aujourd'hui, c'est à tous les niveaux de la société que la corruption s'est installée, institutionnalisée, voire même légalisée:
- dans la justice dont nous constatons chaque jour l'impuissance,
- dans les forces de l'ordre devenues le bras armé d'un pouvoir aux abois,
- dans les médias dominants (pour certains sous pression financière, d'autres conciliants par nature),
- dans les banques, assurances, grandes entreprises et multinationales (Total, Suez, Véolia, Dassault, Sanofi, Vivendi etc...)
- dans nos institutions qu'elles soient européennes, nationales, régionales...
- dans les syndicats et les partis avec l'omerta entretenue par tous sur leurs financements,
- dans notre politique extérieure, avec ces relations honteusement intéressées que nous "découvrons" avec les autres pseudo-démocraties mais aussi avec les pires dictatures,
- dans les associations caritatives, ONG, et autres organisations devenues beaucoup plus lucratives qu'humanitaires,
- dans les instituts de sondages et agences de notation utilisées à des fins de pure manipulation de l'opinion publique,
- dans les institutions internationales: ONU, OTAN, FMI, OMS...
- etc...
Je ne crois pas en une conspiration globale (même s'il en existe, à plus petite échelle, au sens d'action concertée dissimulée), mais je crois en la mutualisation des intérêts et des moyens des puissants, tous unis pour atteindre les mêmes objectifs:
- augmenter leur propre richesse au détriment de l'intérêt général,
- éviter toute remise en question de la situation actuelle qui pourrait menacer leur statut, et révéler leurs magouilles au grand jour.
Ce n'est donc pas un seul homme qu'il faut combattre, loin de là, même si cela peut commencer ainsi. Mais c'est bel et bien à la globalité du système et les personnes qui le composent, s'en rendent complices et l'utilisent à leurs propres fins, qu'il faut s'attaquer.
La tache est immense, et ne pourra effectivement s'amorcer sans une prise de conscience générale de la situation. Seul un mouvement populaire massif, illimité et unitaire, serait en mesure de renverser cette dictature (par opposition à une démocratie réelle) du pouvoir oligarchique.
A la manière des syndicats craintifs et dénués de toute ambition pro-active, lançant des actions sporadiques tuées dans l'oeuf par le pessimisme ambiant, je doute qu'une seule journée de mobilisation suffise... Il nous faudrait plutôt prendre exemple sur ce que nous montrent les révolutions des peuples arabes:
- une mobilisation populaire massive, unitaire, illimitée, sans concession, mais aussi sans violence (sauf légitime défense, bien sûr),
- une volonté inaliénable de justice, de liberté, d'égalité et de transparence totale de nos institutions (qui sont pour moi les 4 piliers fondamentaux de toute démocratie réelle)
- une conviction sans faille dans nos idéaux, pour lutter contre la décrébilisation du mouvement que ne manquerons pas de promouvoir les médias dominants,
- une vigilance de chaque instant pour lutter contre toute récupération politique de ce mouvement populaire.
Cela pourrait commencer le 14 juillet, date symbolique s'il en est... Mais aussi n'importe quel autre jour (qui deviendrait alors lui-même une date symbolique) qui se présentera comme une ouverture. Celle-ci pourrait bien se présenter plus tôt qu'on ne le pense car la dynamique résultante des révolutions arabes ne manquera pas de s'étendre au reste du monde dans les prochains mois, partout où règnent les mêmes injustices, la même fracture entre le peuple et ses "élites".
C'est pourquoi je pense qu'il faut nous tenir prêts:
- informer autour de soi, s'indigner chaque fois que c'est nécessaire, mais aussi écouter les autres, faire tomber les cloisons (entretenues par les pouvoirs en place) entre les différentes sensibilités populaires,
- construire des réseaux citoyens, prêts à être "réveillés" à tout instant pour entrer en action (la soudaineté des mobilisations est une composante capitale), se rapprocher d'associations activistes, ou en créer, fréquenter des lieux de rencontre comme les AMG de "là-bas si j'y suis", profiter de ce formidable outil d'organisation et de partage de l'information que représente encore (pour combien de temps?) internet,
- se préparer matériellement (on ne se "bat" pas dans la durée le ventre vide, ou sans un minimum de protection contre les lacrymo, voire pire...)
- anticiper la préparation d'une alternative sociétale crédible et moderne (c'est la vocation du forum présenté dans mon précédent billet: http://laconstituante.forumgratuit.fr) qui devra annihiler tout risque de rechute, par des outils de contrôle du peuple sur ses institutions démocratiques.
La tache semble ardue, certes, presque insurmontable. Pourtant, comme on l'a vu ces dernières semaines, rien n'est impossible pour un peuple qui ne cède pas et ne se laisse pas manipuler. Et le peuple français a largement démontré par le passé sa capacité à faire entendre sa voix. Deux semaines... tout au plus trois, seraient suffisantes pour balayer ce chateau de cartes, ce décor de théâtre, et commencer à restaurer tout (et même beaucoup plus) ce que nous avons perdu à petit feu de liberté et de justice, endormis que nous étions dans notre petit confort technologique et le doux ronronnement d'un show médiatique ininterrompu.


Tous les commentaires
1) Pourquoi mettre les magistrats à l'index au même titre que le CAC 40 ?
Ils résistent, nonobstant les pressions, face à l'exécutif et manquent incroyablement de moyens.
2) Certes,la convocation d'une Constituante élue à la proportionnelle serait un pas pour briser le présidentialisme et établir des institutions réellement démocratiques. Mais la révolution démocratique doit être aussi sociale, écologique et sociétale.
Il faut, pour cela, sortir du carcan idéologique néo-libéral.
Mettre en oeuvre un véritable programme transitoire anticapitaliste.
Sinon, tout est vain.
1) Je parle bien d'"impuissance" (par manque de moyens et pressions politiques). Je ne mets pas les magistrats à l'index. Je pense plutôt qu'il subissent la situation.
2) Je vous suis à 100%
"Il faut, pour cela, sortir du carcan idéologique néo-libéral.
Mettre en oeuvre un véritable programme transitoire anticapitaliste."
C'est également ma vision des choses. Renverser ce système n'a de sens que si l'on repositionne l'homme et son environnement au premier plan des priorités. L'économie ne doit plus être une fin en soi, mais redevenir un outil au service du peuple.