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L’Huis clôs de Joyce Franrenet…
J’ai assisté à l’interprétation d’Huis Clos par Joyce Franrenet et sa petite compagnie. Les planches semblent son élément comme si elle était née pour cela. La rencontre avec Joyce a été un révélateur supplémentaire qui montre combien la jeunesse a du talent et peut déployer une énergie phénoménale pour combler le spectateur. « Huis Clos», il y a une magie qui s’opère… Tout d’abord il y a une transfiguration. De sa jeune candeur, Joyce Franrenet se transforme en peu de temps en une héroïne sartrienne de plus de trente-cinq ans. La métamorphose est frappante. De cette personne humble et joviale à ce personnage, on voit la mue d’une actrice qui perce déjà du haut de sa vingtaine d’années. On sent qu’elle est habitée par le rôle et le rôle devient instantanément un phénomène réel qui éclate sur les planches. On vit le drame de cette jeune femme posée avec ses trois compères dans cette création philosophique sombre… la jeune héroïne alors se joue de toutes les subtilités de l’enfer des autres pour arriver à déranger la salle. Oui, Joyce s’écrit souvent après son spectacle « si j’ai pu créer le malaise, l’angoisse chez le spectateur c’est que j’ai réussi à pousser Sartres jusqu’à ces intensités les plus fortes ». Car, oui Joyce est de cette catégorie de jeunes actrices qui arrive à capter le public et l’amener jusqu’au fond de leur tripe… Et on comprend cela, car elle a cette capacité fulgurante de passer d’un âge à l’autre, d’une peau à une autre, d’une psychologie personnelle à cette Ines fantasmagorique qu’on côtoie sur les planches parisiennes.
Joyce est ainsi. Actrice, mais aussi réalisatrice… De naturel ouvert et enjoué, elle compose avec cette énergie à revendre qui l’a caractérise, mais elle aime à interpréter les personnages complexes, parfois noirs, ceux qui sont les plus difficiles à incarner… Joyce-Ines dans leur métamorphose sont alors une seule et même incarnation de talent… Et Huis Clos arrive à donner à merveille ce genre de microclimat humain qui donne la cher de poule… Joyce est donc ce genre de jeune talent qui arrive à toucher le public avec l’âme noire des personnages de tout registre. 
Un potentiel créatif certain, Joyce assise sur une terrasse de café s’est prêtée à cet interview avec beaucoup d’humilité. Témoignant aussi de la difficulté des jeunes artistes aujourd’hui. Glanant ici un maigre salaire, essayant d’avoir des subventions pour continuer à vivre avec sa troupe. Joyce ne se plaint pas. Elle aime son métier, se donne à fond dans ces héroïnes qui remuent les foules. Elle continue tous les mardis à jouer sa pièce. Elle y continue son interprétation. Elle y voit ces inconnus se sentir touchés, émus dans une ambiance hyper existentialiste et un décor dépouillé. Oui Franrenet semble faire déjà partie de ces talents qui marqueront.
À voir absolument… car on y trouve ce malaise existentialiste, ce monde sartrien à son apogée et surtout dans une représentation innovante, faite par des jeunes acteurs qui décoiffent cette œuvre et montre en nous ces angoisses profondes, cet inconscient forgé dans cet enfer des autres…
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