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Un vent mauvais se lève...
Les futures licenciées de Cofinoga sont vues par beaucoup (trop?) comme des collabos du système (voir les commentaires de l'article de Rachida el Azzouzi).
Pour exprimer mon point de vue, je pense utile de parler de mon métier de prof en CFA : on "forme" des jeunes à des métiers plus ou moins "utiles", avec comme objectif depuis des années de remplir les classes, sans considération pour aider à se réorienter si nécessaire. Sans compter le "placement" dans des entreprises qui les exploitent (pas toutes, heureusement) ou qui leur font des promesses d'embauche sans les tenir.
La plupart des formateurs ont des diplômes qui ne les autorisent pas à "choisir" un autre métier, sans compter tous ceux qui ont eu auparavant des emplois moins gratifiants que de transmettre des connaissances.
Le "management" par objectifs individuels a instillé un climat de "chacun pour soi", avec des cas de harcèlement moral.
Les réformes successives des divers BEP et bacs pro (sans doute nécessaires, mais avec des parties de programme toujours plus ambitieuses) ont été menées en accentuant la charge de travail des profs quasiment à chaque rentrée.
Bref, la plupart travaille uniquement pour le salaire, avec de moins en moins d'implication dans le suivi et le soutien des jeunes (déprimant).
Il me semble que tout ceci a un rapport avec ce que disait Hannah Arendt à propos du lien actuel entre le travail et la consommation.
L'humanité va-t-elle un jour pouvoir se libérer de cet asservissement, alors que nous sommes de plus en plus jetés les uns sur les autres (notamment par l'accroissement de la population urbaine) et certains n'hésitent pas à parler de population "surnuméraire"?
P.S.: j'utilise le féminin pour les salariées de Cofinoga vu la proportion de femmes travaillant dans ces postes mal payés.


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C'est évident que personne ne fait exprés d'être dans "un boulot de merde"... Et qu'il est quelque peu présomptueux de le reprocher a ceux qui de toute façon n'ont pas le choix !
Les enseignants des Centre de Formation des Apprentis sont en effet très souvent surexploités, mal payés, écrasés de taches administratives en plus de leur travail de formateurs et dans des conditions d'emploi du temps inadmissibles. Quant à leur formation pédagogique, n'en parlons pas. L'inspection pédagogique de l'Education National (IEN) normalement chargée du suivi, des programmes et de l'évaluation pédagogiques tremble devant les directeurs de CFA entièrement sous la coupe des patrons employeurs des apprentis. Les situtations sont cependant très variables d'un CFA à l'autre, d'une branche à l'autre, voire d'une formation à l'autre au sein d'un même CFA. C'est ce modèle que Sarkozy promeut au détriment de l'enseignement professionnel public qui pâtit énormément de la pénurie de moyens et de la suppression de postes.
On n'a pas toujours le choix de son métier et c'est vrai que beaucoup de formateurs de CFA le sont par défaut. Je trouve imbécile de traiter de collabo quelqu'un sous prétexte qu'il travaille dans une entreprise au service direct de la finance et de l'usure. Quelque part tout le monde travaille pour le système capitaliste. La "collaboration" dans l'entreprise se joue d'abord au niveau des responsabilités décisionnelles de production et de management et du zèle qu'on y met.
La "collaboration" dans l'entreprise se joue d'abord au niveau des responsabilités décisionnelles de production et de management et du zèle qu'on y met.
et aussi des donneurs d'ordre (parfois même les IEN
On pourrait même dire la "collabérration"dans l'entreprise se joue au niveau des responsabilités décisionnelles de "reproduction" des méthodes de managment néo-libéral et du zèle qu'on y met pour satisfaire les donneurs d'ordres.