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May

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Où sont les femmes... ou réaction musicale aux nouveaux programmes d'histoire des classes de Seconde...

Où sont les femmes, chantait Patrick Juvet, naguère...

On pourrait reprendre son cri pour réagir à la maquette des futurs programmes d'histoire des classes de Seconde.

Ce programme entend introduire l'histoire de l'humanité, dont la trame se construira des secondes jusqu'aux classes de terminales.

On ne peut qu'approuver une telle ambition heuristique.

Toutefois, ce programme d'histoire s'appréhende plutôt comme une histoire de l'Humanité, qui reste celle des... hommes.

Une histoire de l'Humanité, qui se limite à sa moitié. C'est peu, c'est bien peu, et pis que peu, ce n'est pas assez.

C'est pourtant un homme qui écrit cela, mais on a beau chercher les femmes dans ce programme, on ne les trouve pas.

Où sont donc les femmes dans ce programme ? Dont une phrase assure, nonobstant, qu'un de ses axes est tracé par les hommes et les femmes qui constituent les sociétés et qui y agissent.

Les femmes sont à la marge de ce programme, et pourtant elles sont partout, ces femmes. Elles migrent, elles enfantent cette population mondiale, dont il faudra écrire l'évolution dans les futurs cours. Elles font aussi la Révolution, en France et en Europe. Elles pensent, elles écrivent ou font écrire, comme les cirventes. Peut-on imaginer un amour courtois sans les femmes qui en furent les muses ?

Nous avons bien trouvé deux femmes, citées en personnages déterminants. C'est d'ailleurs une des bonnes choses de cette maquette, réintroduire une histoire incarnée, avec des personnes, comme des exemples, et non des modèles. Qui sont ces femmes qui sont confrontées à des hommes ?

Il s'agit d'Hildegarde de Bingen et d'Emilie du Châtelet. Ce sera, toutefois, à l'enseignant de choisir soit ces femmes, soit les hommes qui leur sont apposés, apposés... comme opposés.

Ce programme, qui visait donc la parité entre hommes et femmes, la nie au détour du méandre du programme. Et dans cette histoire de l'Humanité, on retrouve les vieux maux, les sales démons, les femmes oubliées, les femmes écartées, les femmes méprisées. Cela à rebours de l'évolution sociologique et historiographique (la gender history si je me souviens bien).

Dans une société qui évoque partout la parité et la fin des disparités salariales, et dans une fonction publique qui l'assure (et cela est souvent oubliée, les femmes sont payées comme les hommes, ni plus, ni moins), cela dénote, pour ne pas dire autre chose.

Où sont donc les femmes ?

Partout, dans les salles de classe, des deux côtés du Rubicon du tableau, dans les MP3 de nos élèves et de nos enfants mais pas dans ce futur programme...

Patrick ?!

Reviens et chante, plus fort encore !!

 

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Tous les commentaires

Il y avait une femme hier soir à la télé française : Louise Michel, déportée pendant 7 ans (un peu tristounet le telefilm toutefois).

Avec les histoires de foulards en France, on a envie de crier a Olympe de Gouges de revenir bien vite (mais c'est vrai : ils lui ont déjà coupé la tête).

 

Vous avez raison : où sont les femmes ?

 

Ah Louise Michel, une de mes préférées... Olympe, une autre grande absente. Vous savez, Yolaine, c'est un peu comme s'ils lui avaient coupé la tête une seconde fois...

Vous avez mille fois raison de pointer ces ''absences''. Il y a une dizaine d'années, mais seulement pour l'enseignement primaire, j'ai écrit avec ma femme ( qui était alors déléguée régionale aux droits des femmes en Picardie ) un ouvrage qui est paru aux PUF intitulé "L'histoire des femmes publiques contée aux enfants". Nous y étudions la façon dont les femmes apparaissaient dans les manuels d'histoire de l'enseignement primaire tout au long du XX° Siècle. Cela a eu un peu ( très peu à notre goût ) d'effets dans le monde scolaire. Après une réédition rapide ( signe d'un certain succès momentané ), c'est désormais un ouvrage dit ''épuisé''.

Merci Claude pour votre soutien.

J'ai tenté aussi, dans cette vraie-fausse consultation, d'alerter sur la place ridicule accordée aux femmes dans le nouveau programme. Wait and see, mais puisque les éditeurs ont déjà eu l'imprimatur, nous savons tous deux le succès de ma remarque et de celles de mes collègues.

Je vais essayer de trouver ce livre, et puis en ce jour, c'est une belle occasion d'en rappeler et l'existence et le combat qu'il exprime.

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