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D'un discours allemand... d'une héritière...
Dans la fièvre commémorative, il est délicat d'extraire ce qui relève du sens de la fête et de l'événément qui fera date.
Tout le monde se rappelle, avec le travail partiel et partial de la mémoire, ce qu'il faisait il y a vingt ans. Moi, je changeais une roue dans le vignoble, pas de quoi faire une note sur mon espace facebook pour participer au jeu du "je-me-souviens", ni même un tweet.
L'histoire n'est pas que le souvenir des jours fastes. Elle est aussi en marche, une dynamique, que certains savent animer, tandis que d'autres la subissent.
Angela Merkel appartient à la première catégorie. Son discours à Washington est un acte fort.
Elle se pose en héritière.
En héritière, d'abord, du Grand chancelier de la RFA, Konrad Adenauer. Ce petit homme, frêle, aimait les roses, incarnait ce qu'est l'Allemagne dans son expression la plus typique, à savoir la Gemütlichkeit. Et il détestait les communistes (en 1957, il fut fier de déclarerà Washington qu'il n'y avait plus de députés communistes dans le Bundestag) et qui a toujours pensé à la réunification.Elle est héritière de cette grande famille conservatrice et démocrate, et elle aussi, ne manifeste aucune complaisance avec le communisme. Elle a eu à en souffrir et a su le rappeler dans son discours. A ses côtés, un député de la Saxe emprisonné pendant dix années dans les geôles sordides (mais elles le sont toutes...) de la soi-disante République, celle de l'est.Plus qu'un symbole, un acte de filiation.
Elle s'est aussi posée en héritière de tout le régime fédéral de 1949, porté par Konrad Adenauer. Elle a rappelé que le 9 novembre, dans l'histoire allemande, était aussi celui de la Nuit de Cristal, ce déferlement d'antisémitisme assassin, orchestré, téléguidé par les nazis. Et que la RFA s'est bâtie en réaction à cet antisémitisme et à la Shoah qui l'a suivi.
Elle a aussi affirmé qu'elle se sentait l'héritière, à ce titre, à ces titres, du combat mené dans le monde contre le terrorisme.
Mais elle a aussi rappelé qu'il restait des murs dans le monde, notamment ceux édifiés par la mondialisation. Le dire ne suffit sans doute pas, mais elle a (dé)posé une pierre en le rappelant au coeur de ce système qui nous relie les uns aux autres et qui nous retire, un peu plus chaque jour une parcelle d'humanité.
Une héritière qui montre la voie...
J'adore cette dame...


Tous les commentaires
"Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n’a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n’a plus."
Marie N'Diaye
http://www.mediapart.fr/club/blog/michbret/101109/merci-mr-raoult-faites-de-la-pub-pour-marie-ndiaye
Elle semble d'accord avec vous, non? Ca faisait écho dans ma tête ! Mais attention a ce que vous dites, de nos jours, un député pourrait s'en prendre a vous, non?
Où je suis, et en étant ce que je suis, je ne pense pas intéresser un quelconque député, chère Christel...
"Une morale que la droite n'a plus..."... Je me souviens qu'une des gauches l'avait perdue aussi la morale, et l'UMP n'épuise pas toutes les droites.
De même, naguère le grand parti de la CDU était empêtré dans les affaires...
Mais indiscutablement, Angela Merkel est une femme de droite et une grande dame...
C'est même elle qui à la CDU, avait représenté et porté sur ses seules épaules ou presque, le retour "dans le droit chemin de l'honnêteté"; ils lui doivent probablement une fière chandelle!
Exactement Axel, elle a même tué "le père" en faisant le ménage... Même dans le discours de Washington, Kohl n'a eu droit qu'à une petite mention.
Si on en croit les derniers scrutins, c'est sûr que la CDU lui doit tout...
Moi aussi, j'aime bien A Merkel. Mais nous avons aussi, en France, dans un autre style, plus 'latin', certes, une femme de grande qualité, qui sait ce que c'est que de "tuer le père", et de "faire le ménage". Ce qui nous émeut en Allemagne, aux Us, nous devons être capables de le vivre ici, aussi.
Une femme comme Angie (son petit surnom en Allemagne) en France ? Vous pensez à qui chère Pénélope ?
A Simone Weil j'espère ? Je ne vois personne d'autre qui a l'étoffe, la réflexion et le courage politique d'Angie mise à part Simone, grande dame, dont je me souviens, pour l'avoir étudié en classe, avec une chère professeur, du discours pour donner aux femmes et aux hommes un droit fondamental.
Vivre, ce qui nous émeut ailleurs, demande un changement de paradigme. Ne plus se demander ce que l'Etat doit faire pour nous, mais, nous ce que nous pouvons faire pour la République.
Ouvrez les yeux, au lieu de vous lamenter sur S Weil, comme d'autres se lamentent sur J Delors, des non-candidats.
C'est très français, ça, se lamenter sur son sort. Les allemands, les américains, ont prouvé qu'ils étaient capables d'ouverture d'esprit, de pragmatisme. Il y a tout ce qu'il faut, en France, aujourd'hui, pour réaliser le meilleur; à nous de le mériter, et de ne pas se cantonner aux incantations, à la critique facile, aux regrets éternels, qui nous ont mené là où nous sommes, dont il n'y a pas de quoi être fiers. Un peu d'humilité, voilà ce qui manque. La fameuse arrogance française existe.