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Un texte salutaire et peu consensuel sur l'affaire Charlie Hebdo

Ci-joint un texte auquel je souscris de LMSI (Les Mots Sont Importants).

 

Appels, hommages et fictions > Appels et manifestes

Pour la défense de la liberté d’expression, contre le soutien à Charlie Hebdo !La liberté d’expression n’est pas à défendre, elle est à conquérir

PAR VINGT SIGNATAIRES, 5 NOVEMBRE

Le collectif signataire de ce texte est composé de : Saïd Bouamama, Youssef Boussoumah, Houria Bouteldja, Henri Braun, Abdelaziz Chaambi, Ismahane Chouder, Olivier Cyran, Christine Delphy, Thomas Deltombe, Rokhaya Diallo, Sébastien Fontenelle, Nawel Gafsia, Laurent Lévy, Hassina Mechaï, Ndella Paye, Faysal Riad, Arielle Saint Lazare, Karim Tbaili, Pierre Tevanian, Sylvie Tissot, et Najate Zouggari

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Parce que la liberté d’expression est pour nous un principe précieux, nous refusons catégoriquement l’instrumentalisation bouffonne et intéressée qui en est actuellement faite par le couple Guéant-Charb, par la classe politique et par les grands médias.

Nous affirmons :

- qu’un cocktail molotov lancé la nuit dans des locaux vides et n’occasionnant que des dégats matériels ne mérite pas une mobilisation médiatique et politique supérieure à celle, pour le moins discrète, qu’occasionne l’incendie ou la mise à sac d’une mosquée ou d’un cimetiere musulman.

- que la disproportion entre les unes alarmistes sur l’incendie de Charlie Hebdo et les brèves de dix lignes sur les saccages de lieux de culte musulmans entretient une vision du monde raciste : si un saccage est plus grave qu’un autre, c’est que les biens des uns sont plus précieux que les biens des autres, et c’est en définitive que les uns valent plus que les autres.

- que le climat d’état d’urgence et d’union sacrée qui s’instaure aujourd’hui autour deCharlie Hebdo est d’autant plus odieux qu’il tombe au même moment qu’un silence et une indifférence quasi générale face à un autre incendie, lui aussi parisien, lui aussi d’origine criminelle, à ceci près qu’il visait un bâtiment occupé par des Roms et qu’il a entraîné une mort d’homme : Ion Salagean.

- que Charlie Hebdo, en acceptant la visite intéressée de Claude Guéant, qui incrimine avec empressement des "extrémistes musulmans", en l’absence du moindre élément de preuve, participe, comme il l’a déjà fait dans le passé en publiant des articles ou des dessins antimusulmans, à la confusion générale, à la sarkozisation et à la lepénisation des esprits.

- qu’il n’y a pas lieu de s’apitoyer sur les journalistes de Charlie Hebdo, que les dégats matériels seront pris en charge par leur assurance, que le buzz médiatique et l’islamophobie ambiante assureront certainement à l’hebdomadaire, au moins ponctuellement, des ventes décuplées, comme cela s’était produit à l’occasion de la première "affaire des caricatures" - bref : que ce fameux cocktail molotov risque plutôt de relancer pour un tour un hebdomadaire qui, ces derniers mois, s’enlisait en silence dans la mévente et les difficultés financières.

- que, contrairement à ce qui dit et se répète jusqu’à la nausée à la faveur de ce nouveaubuzz antimusulman, la liberté de critiquer l’islam est tout sauf menacée, et que toute personne dotée d’un minimum de bon sens peut même constater, en inspectant semaine après semaine la devanture de son kiosque ou les programmes de télévision, que concernant l’islam, non seulement la critique mais aussi la caricature et l’injure prospèrent en toute tranquillité et en toute bonhomie depuis au moins une décennie.

- qu’en revanche, il est une liberté d’expression qui est bel et bien menacée, et même plus d’une : celle pour commencer des femmes qui voudraient s’habiller comme bon leur semble, sans qu’un Etat national-laïque leur impose par la loi un dress-code de bonne musulmane cheveux aux vents ; celle de ces mêmes femmes lorsqu’elles voudraient faire entendre leur ras-le-bol des regards, injures et discriminations qu’elles subissent quotidiennement au motif qu’elles portent un foulard ; celle des sans-papiers qui aimeraient avoir la parole et informer le public sur la réalité de leurs conditions de vie ; celle des SDF, des chômeurs, des précaires, qui sont les perpétuels recalés de l’espace public officiel - cet espace de "libre expression" qu’il s’agirait aujourd’hui de défendre, main dans la main avec Charb, Luz, Riss et leurs supporteurs Claude Guéant, Ivan Rioufol et Marine Le Pen.

- que les leçons de tolérance adressées par l’élite blanche aux musulmans, présumés coupables de l’incendie, sont pour le moins malvenues puisque, contrairement à ce qui se dit et se répète, le délit de blasphème existe en France : depuis les lois Sarkozy de 2003, de très lourdes amendes et peines de prison sont prévues contre toute "offense au drapeau ou à l’hymne national".

- que la liberté d’expression consiste à donner la parole aussi à la masse de celles et ceux, musulmans ou pas, qui n’éprouvent absolument aucune sympathie pour Charlie Hebdo, y compris "dans ce moment difficile", à toutes celles et ceux qui n’ont, depuis des années, aucun espace dans les grands médias pour dire leur écoeurement face à la nouvelle marque de fabrique de cet hebdomadaire : un anticléricalisme primaire doublé d’une obsession islamophobe.

- que, pour commencer, la liberté d’expression consisterait, pour que les amis de Charlie Hebdo retrouvent une once d’honneur, à donner abondamment la parole aux proches de Ion Salagean, à ses amis résidents du 163 rue des Pyrénées, et plus largement aux Roms qui subissent depuis de nombreux mois, et depuis bien plus longtemps en fait, le plus brutal et le plus assumé des racismes d’Etat.

P.-S.Saïd Bouamama est sociologue et militant antiraciste ; Youssef Boussoumah et Houria Bouteldja sont membres du Parti des Indigènes de la République ; Abdelaziz Chaambi est porte parole du Collectif contre le racisme et l’islamophobie ; Ismahane Chouder et Ndella Paye sont membres du Collectif des Féministes Pour l’Egalité, de Mamans Toutes égales et de Participation et Spiritualité musulmanes ; Christine Delphy et Sylvie Tissot sont sociologues et militantes féministes ; Olivier Cyran, Thomas Deltombe, Rokhaya Diallo, Sébastien Fontenelle et Hassina Mechaï sont journalistes ; Henri Braun et Nawel Gafsia sont avocats ; Arielle Saint Lazare est militante féministe ; Laurent Lévy, Faysal Riad, Karim Tbaili, Pierre Tevanian et Najate Zouggari sont militants antiracistes.

 

Tous les commentaires

Un autre point de vue qui mérite d'être considéré et débattu.

Je souscris aussi à ce texte paru également sur le site de Politis.

 

Il mélange tout ce texte

Normal: il s'agit d'un argumentaire attrape-tout.

En tout cas, il attrape la mouche des blogs... Indécis

 

... Confus,

A sa lecture j' ai aussi fait, hélas, cette conclusion.

Dommage :

* car il y a des points importants et fort justes que tous/tes les démocrattes peuvent soutenir. (comme les attaques des foyers Rhoms, bien sûr !et profanation des lieux de cultes )

Faire semblant de l ' ignorer , pour des personnes politisées, c'est vouloir redevenir inutilement minoritaires/.provocs donc amoindrir sa capacité de crédibilité et d'impact... et finalement rentrer dans le même buzz médiatique.... preuve que le socle sur lequel on s'appuie est très branlant ....

Dommage ! La droite ne souhaite que cela !

Quand on tente une prise de conscience autre, une démarche séparée et bien cadrée est indispaensable

** Tenter de minimiser un acte " criminel " avec un parallèle sur l' interdiction du port de de la burqua je ne vois pas ce qu'en gagnerait , même, les citoyennes Musulmanes ... ?

 

 

Je souscris à 100% à ce texte !

100% c'est pas beaucoup.

 

OU,

la preuve qu'on navigue à vue...

Ce genre de texte a ceci de maladroit qu’il passe à côté d’une dénonciation du terrorisme, en soulignant que la nature même du terrorisme est de servir les intérêts de celui qui est ciblé (d’où l’éternel débat : les terroristes sont-ils stupides ou manipulés pour, à ce point, servir les intérêts de leurs ennemis, ou sont-ils des agents aux services de ceux dont ils se prétendent les ennemis ?).

@DEMOCRYPTE.

-

Joli !

-

Sourire

 

Selon moi tu as à la fois raison et tort. Le message est confus, mais il dit des choses justes ...

Disons que le texte est aussi confus, porteur de confusion, que le mouvement de soutien à Charlie. J'essaie d'en dire quelque chose ci-dessous, mais bon, àa tient à un fil ...

Je n'ai ni tort ni raison, ou j'ai tort et raison, comme chacun de nous. Nous regardons des choses différentes, et complémentaires. - Bien entendu, le texte ne rapporte que des faits justes. Ce qui m'inquiète, c'est une tendance en miroir de la gauche pour se défendre contre la droite sur les questions sociales. Elle reprend les termes de la droite en les inversant, ce qui les conforte au lieu de les subvertir.

surtout , j'ai l'impression d'être manipulé et par la droite et par la gauche. Un texte qui dénonce la manipulation de la droite en nous manipulant, pour moi ce n'est pas honnête .

Belange,

je suis vraiment intéressé que tu me dises ce que tu as ressenti comme manipulateur dans ce texte.

 

"Quelle tristesse d'en arriver à se désolidariser des uns pour clamer avec emphase sa préférence à l'égard des autres..."

Votre devise, c'est "je suis partout " ?

Vous envahissez mediatarte .

"Parce que la liberté d’expression est pour nous un principe précieux, nous refusons catégoriquement l’instrumentalisation bouffonne et intéressée qui en est actuellement faite par le couple Guéant-Charb, par la classe politique et par les grands médias."

C'est dit.

Ce texte est assez confus, trop confu, c'est dommage mais c'est normal car il essaie de dire des chose très difficiles à formuler. Je dirais : clamer son soutien à Charlie, oui car il faut être vigilent de côté là aussi, marquer nettement son désaveu de ces tentatives - dont on ne connaît pas les auteurs -, mais par ailleurs, clamer ce soutien ne mange pas de pain, on retrouve une forme d'union sacrée qui ne présente aucun risque, qui brosse la bonne conscience dans le sens du poil, et qui aide, c'est juste, à faire l'impasse médiatique sur l'empêchement de s'exprimer de ceux qui n'ont jamais la parole.

Il est écrit :

" le délit de blasphème existe en France : depuis les lois Sarkozy de 2003, de très lourdes amendes et peines de prison sont prévues contre toute "offense au drapeau ou à l’hymne national".

 

Où l'on voit effectivement quelle conclusion on peut tirer de dispositions aussi stupides que celle-ci votée en 2003.

 

J'aimerais simplement que les auteurs de la "pétition" nous précise clairement si sincèrement ils regrettent ou non cette loi de 2003

Pour ma part je me souviens très bien l'avoir trouvé stupide et pire encore "dangereuse" ... la preuve ! En son temps je l'ai dit clairement.

 

J'ajoute que j'aurais pu signer ce texte, j'aurais même aimé pouvoir le signer, il aurait tout de même fallu qu'on admette que les soutiens à Charlie Hebdo ... sont des soutiens à la Liberté de la Presse, ce qui dépasse en effet sérieusement Charlie Hebdo dont on a le droit de penser ce que l'on veut, et même le pire.

Je comprends mal, je n'apprécie pas que l'on s'interdise de soutenir un principe essentiel de la démocratie au prétexte que d'autres ne le seraient pas suffisamment. Car je ne vois pas en quoi laisser bafouer la liberté de la Presse sans réagir favoriserait le combat de certains pour défendre leur point de vue sur la laïcité.

Bien au contraire, puisque si l'on veut discuter ou rediscuter notamment du port du voile, encore faut-il que la presse soit et reste libre.

Hors une liberté quon se refuse à défendre, c'est une liberté qui meurt .... et d'ailleurs les auteurs de ce texte devraient le savoir, ils sont bien placés pour le savoir, puisqu'en effet.. la loi de 2003 qui d'une certaine manière refuse que l'on s'attaque aux insignes de la République..ouvre une brèche qui permet ensuite de s'indigner que l'on brocarde les religions (Je dis "brocarde" car le terme "blasphème" est un terme religieux et je ne suis l'adepte d'aucune religion ... ainsi je ne blasphème jamais , je les brocardes toutes à l'occasion quand elles me semblent "dérailler" en tant qu'organisation.

Je veux garder la liberté de brocarder toute organisation humaine selon mes opinions, qu'elles soient ou non religueuse", ce qui pour moi ne la distingue pas des autres organisations.

Je veux garder aussi, parce que cest indissociable, la liberté de la Presse

Aux rédacteur du texte, je lance cet appel : êtes vous prêt à soutenir et signer le principe suivant, avec Voltaire :

"même si je ne suis pas d'accord avec vous je me battrais pour que vous puissiez le dire"

Une réponse sur ce dernier point au moins m'obligerais

 

 

Je ne trouve pas que ce texte soit confus.

Je le trouve même clair.

 

Je suis content qu'il soit écrit et publié. Je partage la plupart de ce qui y est dit.

 

Cela n'a rien à voir avec une quelconque "préférence étrangère" ?! Qui n'aurait d'ailleurs aucun espèce de sens.

 

 

 

Ce qui est intéressant : c' est que ce texte fut clair pour celle/celui qui avait besoin de le trouver clair et confus pour celui/celle qui n'y trouva pas la clarté qu' il/elle souhaite.

Je ne pense pas qui'il y ait que du hasard...

 

Peut être aussi qu'il est difficile, complexe, d'arriver à formuler certaines choses à certains moments.

Il y a aussi que certaines clartés cadrent avec certaines catégories de jugement, et que quand on prend les choses sous un autre angle, l'ambiguité revient.

 

L'ambiguité n'est pas un pêché. Elle tente de rendre compte de la complexité.

 

Marielle Billy,

C'est cela !

Extrêment compliqué, épienux, parfois trop abrupt tant les barricades des uns contre les autres se sont élevées . Tant les mots ne peuvent dire le tout de nos vies.

Pourtant nous ne pouvons indéfiniment restés/es coincés/ées dans nos incapacités.

 

- Bernard Colin,

Je connais assez bien ces pbs de changement d'angles : ayant prtiqué le mantage de film comme professionnelle...

Parfois un bon long plan séquence crée autant d' interrogations, de bouleversement et de clarté ....

L'ambiguité est une richesse quand elle est équitablement partagée.

 

 

Comme j'entend bien ce que vous dites.

La salle de montage a toujours été pour moi le moment où on faisait vraiment le film.

écrire c'était écrire

jouer c'était jouer

filmer c'était encore photographier

Monter, là, le cinéma commençait vraiment

Bernard; l'ambiguité n'est pas un péché, pas du tout. Je rajoute que parfois les mots ont l'air "simples", "clairs" et ne sont que dissimulation.

 

"Il y a aussi que certaines clartés cadrent avec certaines catégories de jugement, et que quand on prend les choses sous un autre angle, l'ambiguité revient"

Et vice -versa .Que voulez vous dire exactement ?

Bonsoir Roger Mulot,

Je voulais dire ce que j'ai dit. Mais je vois bien à votre remarque, qu'il faudrait que j'essaie de formuler autrement.

 

Par exemple si je vous dis: la gauche merdoie dans ses options économiques (Sourire excusez-moi, ça m'a fait rire d'écrire cette phrase) ça va être clair pour les uns, ambigu pour d'autres, selon ce que leur jugement désigne comme étant la gauche.

Est-ce que ça vous va ?

 

Autre angle:

Risque de mauvaise foi. On laisse planer des ambiguités qui permettent de jouer sur les mots. ça crispe celui qui reçoit le message, il refuse le piège.

Ou bien à l'inverse, on se saisit d'une ambiguité possible (claire pour le locuteur) et on s'en empare pour pouvoir attaquer par le procès en ambiguité volontaire.

 

Tous les amalgames procèdent de cette façon.

 

 

 

@ Bernard Colin

toujours pareil, on ne peut pas être contre la liberté de la presse et pour la liberté d'expression mais évidemment, ils ne disent pas : on n'est contre la liberté de la presse, ils disent qu'ils sont contre le soutien à Charlie H ebdo.

Non, ils ne disent pas ça.

Ils disent non à l'instrumentalisation politique et commerciale stigmatisante. Et oui aux libertés à conquérir.

 

Si j'ai mal compris, je prends avec appétit les éclaircissements.

moi , je dis que les droits qui nous restent, il faut essayer de les garder et qu'il ne faut pas faire le jeu de l'adversaire et que si on ne soutient pas Charlie Hebdo,la prochaine quel sera le journal ou le site web qu'on ne soutiendra pas parce qu'il sera instrumentalisé ?

On brûle une rédaction mais comme c'est une rédaction qu'on n'aime pas, on juge superflu de s'insurger. Ce qui s'appelle la liberté d'expression à géométrie variable. Ou bien la liberté conditionnelle. La classe, le style !

J'ai connu Rokhaya Diallo mieux inspirée :

 

Rokhaya Diallo bi-nationale, ce qui ne veut pas dire moitié nationale d'un côté et de l'autre, mais entièrement citoyenne des deux côtés ! Militer contre le racisme en utilisant l'humour et le second degré n'est pas facile. Mais je m'y suis engagée quand j'ai constaté que malgré mon parcours, et je ne suis pas la seule, rien d'autre que ma couleur de peau ne me situait aux yeux de mes interlocuteurs. Elle me désignait automatiquement comme "exogène"... La révolte des banlieues était révolutionnaire, bel et bien. C'était une révolte des pauvres et non une révolte des communautarismes... Crispation communautariste ? A l'Assemblée Nationale, 82% d'hommes ! J'ai 34 ans, mes parents sont nés "indigènes". Ce n'est pas si lointain. Je pourrais dire "nos ancêtres les neg'marron"... Libération des peuples ? Alors il faut dire en histoire que Dien-Bien-Phu était une victoire !

http://blogs.mediapart.fr/blog/dianne/160411/rencontres-de-lidentite-republicaine

Et oui, lutter contre l'imbécillité en utilisant l'humour et le second degré n'est pas facile, hein... Et donc il est superflu de soutenir Charlie etc... Comprenne qui pourra.

Dianne,

Ce texte ne dit pas qu'il est superflu de soutenir Charlie. Il dit que l'intrumentalisation de cette agression est nuisible.

 

L'attentat contre Charlie n'est pas ce que j'appelerais, une atteinte à la liberté d'expression qui provient par définition du pouvoir. Mais une agression intolérable sans doute par des fanatiques.

Ah bon ! Mettre à sac une rédaction n'est pas une atteinte à la liberté d'expression ?

Et bien quelques images du passé me disent exactement le contraire. Lorsque les sbires d'un monarque débarquaient pour saisir tout ce qui bouge et brûler le reste au motif de sédition, c'était juste une "agression " ?

Non sans rire, est-ce qu'il faudra bientôt s'expatrier pour publier de la presse satirique ? Comme au XVIIIe siècle ?

Peut-on, sans se voir balancer des parpaings, écrire qu'il n'y aurait pas eu instrumentalisation (ainsi que vous désignez les réactions indignées) s'il n'y avait pas eu incendie ?

Mais peut-être que l'on va bientôt considérer que le cocktail molotov est un outil du débat démocratique au même titre que le bulletin de vote...

Excuse Dianne,

Il ne s'agit pas de cela.

"Les sbires du monarque" Oui, tu le dis toi-même. Là il y a atteinte.

Personne ne dit que c'est chouette de cramer C.H. Et surtout pas moi (je parle bien d'agression intolérable). Et surtout pas ce texte.

 

Tu ne devrais pas jouer à ce petit jeu de la manipulation énervée des idées. Ce texte ne dit pas ça, il ne dit pas non plus que le cocktail molotov est un outil du débat démocratique. C'est une arme à feu, pas une métaphore de salon.

 

Qui montent sur ses grands chevaux en parlant de "balancer des parpaings". Qui extrapole.

 

On peut parler tranquillement si tu le souhaites. Ce texte n'est pas là pour que tout le monde soit d'accord, il est là pour attirer l'attention sur l'un des pires scandales de la République Française. Il me semble bon d'arrêter les effets de manches. il y a des morts.

Arrêter les effets de manche.... en effet. Il serait bon.

Dianne, pour moi il est très important que Charlie puisse faire sa une de la manière la plus libre possible.

On ne sait pas qui a commis cet acte ; ce pourrait auissi être des provocateurs d'extrême droite par exemple, il faut examiner de près qui cherche à faire monter la mayonnaise du soutien à Charlie.

Entièrement d'accord avec vous. Ce qui signifie en gros, cesser de soupçonner a priori que les provocations sont le fruit d'un complot guéanesque. Si manipulation il y a, elle peut venir de n''importe où, ce qui ne semble pas déranger les procureurs à la petite semaine qui se sont déjà fait... une religion, à grands effets de manches !

Alors, comme disait Rego, "de quoi est-ce qu'on accuse-t-on mon client" ?

Chère Dianne, j'étais pour la révolte de s banlieues , je disais autour de moi, il faut les soutenir et faire comme eux . Alors vous voyez moi aussi ,je suis complexe

Tiens, je brûle ta maison!

 

Ce n'est pas grave, ce n'est pas un acte anti-quelque chose, c'est juste que j'ai envie de m'amuser un peu, la vie est si mièvre, si dolente... Et je t'emmerdes...

 

Je prétends, impudemment et sans preuves scientifiques et certifiées iso 9011, que 99% des actes de violence n'ont d'autres sources que le droit auto-décreté de faire ce que bon nous semble, position accréditée par le modèle de nos "gouvernants".

 

Cramer Charlie, cramer des Roms, même non-combat; juste la lâcheté liée à l'impuissance du dire. Merci qui? Merci la société occidentale libérale avancée.

 

JCD

C'est bien cela

Apeiron,

spécialiste de la bave aux lèvres.

(Si quelqu'un l'a déjà connu autrement, qu'il le signale, parce que là, on a juste envie de le confier à Brigitte Bardot).

- que, pour commencer, la liberté d’expression consisterait, pour que les amis de Charlie Hebdo retrouvent une once d’honneur, à donner abondamment la parole aux proches de Ion Salagean, à ses amis résidents du 163 rue des Pyrénées, et plus largement aux Roms qui subissent depuis de nombreux mois, et depuis bien plus longtemps en fait, le plus brutal et le plus assumé des racismes d’Etat.

Une réponse "prémonitoire" de Charb en 2009 dans Charlie Hebdo :

 

Chasseurs de Roms

Charlie-Hebdo-20090916-Chasseurs-de-roms

Merci, Manu pour ce rappel, qui montre que beaucoup de ceux qui fustigent Charlie-Hebdo ne le lisent pas, ou peu.

D'accord avec Bernard, je ne trouve pas du tout que texte soit confus ; partisan et maladroit, sans doute, comme l'expose Art Monica ; il n'y a pas lieu évidemment d'accuser si lourdement le journal lui-même, non plus que l'indignation devant cet acte terroriste...

Reste que cet article a le mérite d'ouvrir les perspectives et d'attirer notre attention sur un énième phénomène de mode médiatique qui, c'est vrai, fait oublier les débats de fonds et la confiscation insidieuse de la liberté d'expression.

Merci Yvan.

On ne connaît pas les auteurs de l'incendie.

On constate seulement que cet incendie a précédé la parution de "Charia-Hebdo."

C'est donc non seulement un acte d'intolérance, mais aussi d'intimidation.

La liberté de la presse est nécessaire à toute démocratie.

Alors à qui profite cet acte ?

A quelques fanatiques ultrareligieux ou au pouvoir actuel ?

La réponse est peut-être : "Aux deux, mon colonel!"

Ce qui n'implique pas, bien évidemment, qu'il y ait eu collusion entre les deux...

"Contre le soutien à Charlie hebdo" dit la deuxième partie de titre de ce texte. Non. Lorsqu'un journal brûle, c'est une mauvaise nouvelle, très inquiétante. Que l'on aime ou pas ce journal.

C'est autre chose d'analyser les commentaires politiques suscités par cet évènement. Dire que l' anticonformisme affiché de Charlie-hebdo est sans dommage aucun pour l'ordre dominant n'est pas sans intérêt. Dire qu'ils acceptent, ces jours-ci, bien volontiers, la compassion de l'expulseur d'étrangers, Guéant, est juste.

Je crois plutôt qu'ils n'en n'ont pas grand chose à cirer de la compassion de Tartuffe-Guéant.

En revanche, ils expriment leur reconnaissance à Libé, l'accueilleur d'expulsés.

En accord total avec votre commentaire, Pascal.

Merci, Fantie.

Casser la gueule à une raclure de Minute ou de Rivarol ne me choque pas : ce sont des fachos assumés et je suis sur la ligne "Pas de liberté pour les ennemis de la liberté !". Pour Charlie - que j'ai cessé de lire vers 1999 -, il en va autrement et, bien sûr, la destruction de leurs locaux est inacceptable. On ne sait cependant pas qui sont les auteurs de cet incendie et force est de reconnaître que, pour un incendie, que de bénéfices pour un journal en perte de vitesse ! Le numéro "Charia" va se vendre à 200 000 exemplaires au moins !

Charlie, dans cette histoire, est du côté des puissants et de l'ordre réactionnaire (capitalo-parlementaire et occidentaliste). Libé - la feuille du monde tel qu'il va par Rotschild, Demorand et Bourmeau ! - le soutient, ainsi que Guéant et TF1. En s'en prenant à la religion des pauvres de ce pays, Charb et sa bande rejoignent le Gotha médiatico-parlementaire et ce fait-là peut, doit, être pointé du doigt et dénoncé.

A côté de ça, désolé, mais l'incendie - sans victime, heureusement - est juste anecdotique.

Enfin, pleurer sur les juifs morts plus de 50 ans après le Génocide ne sert à rien (pour ce qui est, précisément, de servir à quelque chose) et je ne veux en aucun cas avoir à pleurer dans quelques décennies sur le sort que la France aurait réservé aux musulmans de ce pays.

La politique, ce n'est pas l'histoire - et inversement.

 

 

En quoi s' attaquer à un journal et à des caricaturistes (ou autres), au nom d'une religion, aide réellement en quoi que ce soit, à un quelconque progrès démocratique ou à une avancée sociale pour les citoyens/nes opprimés/es ?

La Charria, imposée en Iran, Pakistan, Arabie Saoudite, etc amène-t- elle des acquis d' égalité et de justice... ???

La stigmatisation islamophobe en France est utilisée comme toutes les autres stigmatisations touchant les classes laborieuses afin de justifier leur mise sous tutelle par "les élites" , ou leur relégation dans les rôles de " gendarmes " par rapport aux personnes venant de leur propre milieu ...

Les religions avec les religieux intégristes (de tous poils) font doublement le même boulot !

Ils y ajoutent LA FOI !

Merci Satan ...

 

 

Et la plupart nage comme un poisson dans l'eau du néo-libéralisme !

Ceux qui pensent le contraire auront un réveil difficile.

 

Evidemment, et le masque de bonté porté avec tant de grâce et d'humilité, par les hommes de Dieu, fait partie de l'attirail. Ben laden était inimitable à ce propos.

 

L'onctuosité des hypocrtites nous a été servie, pendant des siècles.

Je lis dans plusieurs commentaires un attachement à une soi disante "liberté" de la presse.

Je dois avouer que je n'ai strictement aucune compassion pour la libre industrie de la presse faussaire et pas indépendante, mais alors pas du tout, du capitalisme. Pour la presse écrite citons Le Figaro, l'Express, Libération, Le Point, Le Monde, le Nouvel Obs ( et d''autres) tous financés par le CAC40 et tous au chevet de Charlie Hebdo.

 

Tous ces rideaux de fumée évitent de se poser la question de la rupture avec le capitalisme. puisque sauf à être aveugle, ce n'est plus les religions qui dominent et asservissent le monde mais le capitalisme. La religion du marché a provisoirement gagné la partie même si localement des résidus féodaux sévissent toujours.

Un de ces rideaux de fumée à cramer, c'est anecdotique.

 

C'est ça. On brûle tout, on pend le dernier banquier avec les boyaux du dernier oligarque et on rebâtit tout.

Euh, avec quoi, si tout a brûlé ?

"on pend le dernier banquier avec les boyaux du dernier oligarque". C'est un bon programme. On est pas obligé de tout brûler ; on peut aussi rendre à la collectivité ce que les 1% lui ont volé. Un hôpital -ou un hospice- dans le Palais de l'Elysée, par exemple. Et le gouvernement dans un H.L.M de Seine-Saint-Denis.

On dirait que l'espoir renaît !

on ne lance pas de coktail molotov, nul part, il y a pas de bonne et mauvaise aggression...

Pas d'accord. Il y a de bonnes agressions. Carrero, dans sa voiture, piégé, par ex.

Anne, c'est promis, on reste vigilant à ne cramer les gens qu'en cas de nécessité avérée. De survie, quoi. Pour les bâtiments, c'est différent. Certains symboles de l'oppression sont des outils de violence perpétuelle, les cramer ne fait de mal à personne et le feu de joie encourage la fraternité.

 

Pas les bureaux d'un journal satirique, là c'est bête et méchant.

Certains symboles de l'oppression sont des outils de violence perpétuelle, les cramer ne fait de mal à personne et le feu de joie encourage la fraternité.

 

Vraiment, Bernard?

 

Qui détermine ce qui est symbole de l'oppression?

Comment savoir si le feu ne va pas brûler des innocents?

La "fraternité" sous le règne du ressentiment destructeur peut-elle mener loin, c'est à dire vers la subversion et la solidarité?

 

Je suis très méfiante devant ces coups de menton "révolutionnaires" et ces appels à la violence "légitime" en cas de "nécessité avérée". J'ai en mémoire des Brigades rouges et des Actions directes dont les actes "légitimes" (à leurs yeux) n'ont pas apporté grand chose de bon.

ça vous arrive de rigoler, banane.

 

Quoique

Démonter un bâtiment, un jour de liesse populaire (la bastille, par exemple) n'a jamais demandé de mobiliser les affreux groupuscules sanglants qui vous font si peur, chère madame.

Ne craignez, rien nous promettons d'épargner votre téléviseur, et votre caddy.

 

La violence, gnagnagna, la violence, patati.

Pour le moment, la violence est telle, que je conserverai ce mot pour désigner les atteintes aux personnes.

 

Quant aux objets, attendez la fin de la réunion, je ne peux quand même pas tout décider tout seul.

 

(connaissez-vous le moyen d'enflammer un objet matériel avec drûpal, j'ai beau essayer, c'est encore plus dur que d'introduire une chanson ? Pensez-vous que Géraldine puisse arrêter la manoeuvre à temps ? Peut-être devrions-nous faire une pétition en ce sens)

 

Le merle

Y avait personne dans les étages ? Ah ben tant mieux.

 

 

Mais voyez-vous, s'en prendre à l'outil de travail des journaleux, c'est déjà une violence.

Y a pas de doute à ça, l'ami. Pas l'ombre.

"S'en prendre à l'outil de travail des journaleux, c'est déjà une violence" .Ah ben ça alors, ça m'les coupe ! (les sifflets, hein, Art. On ne va pas recommencer le foie gras.) Ca, tonton Melchior, c'est envoyé ! Et s'en prendre à patati patata à coup de coktails molotov, c'est de la surviolence, hein ?

Bon. Mais s'en prendre à l'outil de travail des ouvriéreux, ça laisse déjà plus calme. S'en prendre à la vie des inférieureux, ça laisse carrément froid. S'en prendre aux croyances de ceux qui croient à autre chose que leur nombril, ça c'est vraiment fun.

Ca fait plus de 40 ans que "l'humour" cynique (au sens philosophique - tant pis, j'ai lâché un gros mot !) de Charlie Hebdo me laisse froid. Ca fait un certain temps qu'on a pu voir le résistible glissement de Val vers la bienpensance : "Ce monde est affreux, salauds d'autres, mais moi je m'en fous, j'suis un malin, j'rigole des cons." Ce que j'appelle "la pensée salade", celle qu'on élabore entre potes, dans un bon chic resto parisien (mais dans un "bon" quartier, hein ? Faut pas pousser : on est comme des artisses...)

 

La violence ? Ca fait plus de 30 ans qu'on en parle. Déjà, on en parlait avec un copain sur un quai de gare, comme ça, de maniére abstraite, quand un train rapide est passé à 1 m de nous. C'était tellement violent que ça nous a coupé le souffle.

Bon, maintenant les choses sérieuses : Charb, c'est le copain de qui ? (Un indice : il a été nommé assez récemment à la tête de France Inter). Et Val, c'est le copain de qui ? (Un indice : elle vient de mettre au monde une petite Giulia, et déclare urbi et orbi, qu'elle n'a jamais été de gauche.) Et Carla, c'est la copine de qui ?

Et l'on retombe sur le sujet principal de ce billet : des indignations sélectives. A quoi on peut rajouter des relations sélects.

 

A part ça, le mal, oui, c'est vraiment mal. Et le bien, ah ben oui alors, qu'est-ce que c'est bien ! Et pis les vilains, y sont méchants. Mais les gentils, heureusement, y sont gentils.

Dis-moi, Pierre, tu ne poses jamais ta colère sur la table pour la regarder droit dans les yeux?

La violence ? Ca fait plus de 30 ans qu'on en parle.

 

 

A mon avis, ça fait beaucoup plus que 30 ans. Mais au-delà, il y a prescription (sauf pour les crimes contre l'humanité).

 

 

Tante Baffoux a beaucoup trop baffé son neveu, il y a plus de 30 ans, et il est toujours en colère; mais, comme je disais, il y a prescription.

Art,

"qui détermine ce qui est symbole de l'oppression".

Quand on vous tape sur la tête à coups de marteau, vous mettez combien à déterminer ce qui vous fait mal ?

Vous vous dites "très méfiante à l'égard de ces coups de menton "révolutionnaires" (vos guillemets ne sont sans doute pas assez gros : des postes de douane, peut-être ? Et des gardes-frontiére ?)

Permettez que d'autres soient très méfiants à l'égard des ronronnements satisfaits : ce monde est ignoble, mais finalement "on" s'en arrange très bien. Y a pas l'feu au lac.

Et puis, s'il vous plait, tant qu'à nuancer votre pensée, quand vous parlez des Brigades Rouges, A.D. etc, n'oubliez pas de dire qu'ils ont durement payé. La Loge P2, elle, a été payé. Elle est d'ailleurs parvenue au pouvoir. "Violence ", dites-vous ?

Peace and Love Innocent

Je soutiens sans hésiter 90% de ce texte : c'est où qu'on signe ?

Vous signez en faisant des réserves sur 10% ?

Ah, c'est dur.

Bon, heu, 86% et on en parle plus.

85,5 %

Moi toutes vos histoires de bruler des choses ça me rappelle ce terroriste de Jimi Hendrix qui avait foutu le feu à sa gratte au festival de Monterey !!!

Joli symbole là aussi !!!

Hop, pour le plaisir et je vous conseille la tête des spectatrices à la fin du concert :

Wild thing and guitar sacrifice.© Jimi Hendrix.

Ouaaaaah !

 

Quels bons souvenirs !

J'ai toutoutou Hendrix dans mon itune. Quel panard.

 

C'est un tranperceptionniste, la couleur, le son, l'espace, le parfum, le touché, tout s'entremêle.

Baudelaire/Hendrix, même combat !

Y z'étaient quand même vilains. Des drogués, monsieur ! Et surtout le Charles : un gros vilain pas beau. Il a dit des vilaines choses.

Oui Pierre, mais le Jimi, c'est quand même son propre outil de travail qu'il a cramé !!!

Terroriste et saboteur le Jimi !!!

M'étonne pas ! De la part d'un noir avec du sang indien, qu'attendre de mieux. Y sont cinglés, monsieur, ces gens. La preuve : y z'ont inventé le jaze, aussi. De la musique de sauvage, moi j'vous l'dis !

Ils communautarise tous les musulmans pour les défendre bec et ongle, tous y compris les plus odieux, les plus antidémocrates, les plus sexistes, ceux qui sont indéfendables.

C'est une erreur qui fait le jeu de l'extrême droite qui se plait elle aussi à mette dans le même pot les extremistes musulmans avec les musulmans d'égalité et de liberté.

C'est comme si on mettait dans un même pot la théologie de la libération avec Romain Marie !

Pas très sérieux. Dangereux surtout.

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