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May

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Moi, Eugène, ancien établi

Je publie sur mon blog le commentaire d'Eugène, ancien militant mao, sur son expérience d'établi.

 

 

J'éprouvais, par ailleurs, le désir de participer à l'organisation des ouvriers à l'usine. Donc, d'aller y voir de plus près et de m'engager davantage. Juin 71 : j'interrompis mes études, je ne me présentai pas aux examens et ne validai pas la 3ème année. Juin 71"Je cherchai activement à me faire embaucher comme ouvrier dans une usine de la ville. Ce ne fut vraiment pas difficile. Je trouvai après 1 à 2 jours de recherche. Pas plus ! Je commençai le lendemain à 5 heures. La boîte s'appelait Rigida. Deux dizaines d'ouvriers au maximum. On y fabriquait des jantes de vélo et de cyclomoteur. Je passais 8 heures d'affilée, juste interrompues par une pause d'1/4 d'heure au milieu, debout sur une plateforme glissante située à 1m50 du sol, à décrocher des jantes qui me parvenaient par une chaîne située au dessus de ma tête. Dans chaque main, je prenais 4 jantes et les plongeais dans un bain de produit détergent destiné à les dégraisser avant de les disposer dans un bain de chrome. La chaîne de production comportait très peu d'opérations. Au départ, un rouleau de feuillard de tôle de moins d'1mm d'épaisseur était guidé sous une presse automatique. Une fois embouti, le rouleau était découpé en longueurs toujours égales qui correspondaient à la circonférence d'une jante. La pièce de métal, ainsi obtenue, était sertie pour qu'elle prenne la forme d'un cercle. Un ouvrier intervenait alors pour effectuer une soudure qui achevait de matérialiser le cercle de la jante. Cette soudure, forcément, n'était pas parfaite et dégoulinait un peu. C'est là qu'intervenaient d'autres ouvriers qui ébarbaient la soudure. Le travail consistait à ôter, à l'aide d'une meule abrasive, l'excroissance métallique due à la soudure qui faisait que, quand on y passait le doigt, l'endroit de la soudure n'était pas lisse. Tous ces postes, pénibles et sales, étaient tenus par des ouvriers originaires d'Afrique de l'Ouest. Des Maliens ou des Mauritaniens. Lorsqu'à la fin de l'équipe, ces gars sortaient de l'atelier, leur visage qui avait, depuis le matin, reçu des projections ininterrompues de poussières métalliques, avait la couleur de l'argent. Le chromage des jantes constituait la fin des opérations. J'étais extrêmement mal payé. 4F20 de l'heure. Pour celui qui lira ce texte, 37 ans après les faits, cela ne dira rien. Je vous assure que ce salaire horaire valait très peu de chose. Mes mains étaient protégées par des gants. Cependant, du liquide détergent pénétrait à l'intérieur et venait au contact de mes mains. Au bout de 3 jours, mes mains avaient doublé de volume. La peau était rouge et irritée, m'occasionnant d'intenses démangeaisons. Je donnais ma démission. Quelques jours après, je fus embauché à l'usine Arthur Martin où l'on fabriquait des cuisinières. Le salaire horaire était supérieur au précédent : cette fois, il s'élevait à 6F50 de l'heure... Je travaillais en 2 x 8 à l'atelier d'emboutissage, là où se trouvaient les presses. Il y en avait de toutes tailles : des petites, d'environ 2m50 de haut, devant lesquelles l'ouvrier travaillait assis et déclenchait le mécanisme en appuyant simultanément avec ses deux index, comme quand on joue au flipper, sur 2 boutons situés aux extrémités droite et gauche de la table de la presse. Le travail aux presses est dangereux. Quand la machine se met en marche, la partie supérieure descend dans un grand fracas de bruit assourdissant et d'ébranlement où tout tremble. La partie inférieure est fixe et supporte la pièce métallique que la partie supérieure de l'outil emboutit, poinçonne ou découpe. Beaucoup de vieux ouvriers y avaient perdu des doigts, voire une main. Pour améliorer la sécurité de la machine, on y avait rajouté un bâton en caoutchouc dur fixé au sommet de l'engin, au-dessus de la tête de l'ouvrier, qui effectuait un mouvement de balancier devant l'opérateur quand la presse se déclenchait. Ce dispositif était destiné à éviter que la tête du gars qui travaille là se retrouve écrasée sous l'outil de la presse. J'en ai vu des gars, le matin, fatigués d'une trop courte nuit ou déjà alcoolisés d'un verre de blanc ou de calvados pris au rade du coin avant d'attaquer, se retrouver groggy par terre après avoir reçu le balancier en pleine figure, comme s'ils avaient pris un violent uppercut. Il y avait aussi des presses monstrueuses de 7 à 8 mètres de haut, reliées entre elles par des tapis roulants. Les emboutisseurs y travaillaient enchaînés à 3 ou 4, les mains dans des gants de sécurité tenant un gros aimant qui permettait de mieux saisir la pièce de feuillard d'acier. Emboutissage, découpe, puis poinçonnage. En bout de chaîne, un ouvrier réceptionnait la pièce prête à être émaillée et la disposait dans un immense panier en fil métallique. A peine rempli, le panier était évacué par un cariste qui les disposait en très hautes colonnes. Je me souviens de Roman Gavronski, cariste, un gars vraiment extraordinaire, toujours joyeux, qui ne cessait de nous prodiguer des encouragements. Le travail était physique : on en déplaçait de la tôle dans la journée. Dangereux : les coupures étaient fréquentes et profondes. Il ne se passait pas un jour sans qu'un gars aille se faire suturer. Bruyant : quand les presses étaient en action, il fallait hurler pour se faire entendre. Il régnait dans l'atelier de tôlerie un vacarme assourdissant rythmé par le séisme maintes fois réitéré de la partie supérieure de la presse qui tombe lourdement.Les presses constituaient le coeur de l'atelier d'emboutissage. Mais, avant les presses, il y avait les cisailles et après la soudure. Toute la journée, les cisailleurs, debout derrière des ciseaux géants de 3 mètres de long, amenaient à l'aide d'un très gros aimant, tenu dans la paume de la main, des plaques de tôle au format standard sous la redoutable lame. Ils coupaient des formats différents selon les dimensions de la pièce qu'il fallait ensuite emboutir. Après les presses, il y avait un carrousel de soudure où officiaient quelques ouvriers. C'est là que se fabriquait le cœur de la cuisinière : panneau avant et panneau arrière soudés au four. Plus tard, sur les chaînes de l'atelier de montage, on fixera la table de cuisson et on habillera le squelette de 4 panneaux. Sur le tourniquet, un ouvrier posait le panneau arrière, un autre plaçait par-dessus le corps du four, le 3ème parachevait l'ensemble en couvrant le tout avec le panneau avant. La soudure, elle-même, était automatique. La machine à souder, crabe aux pattes immenses, aux extrémités telles des crayons de cuivre jaune, unit de façon définitive les pièces entre elles en laissant sur le métal des traces rougies de la taille d'une lentille, dans un jaillissement aveuglant d'étincelles d'or. C'est sur ce carrousel qu'on m'affecta le premier jour où j'embauchai à 5 heures du matin. Quand on regarde des ouvriers travailler sur une machine ou sur une chaîne de montage, on peut avoir l'impression que le mouvement se déroule de façon harmonieuse et lente. Ceci est dû à la maîtrise de l'ouvrier sur les gestes qu'il effectue. Sur le poste où je fus placé, je fus immédiatement débordé. J'avais à peine le temps de me retourner pour aller chercher une pièce dans un panier de fil métallique avant de la placer sur le manège que je voyais s'amonceler, derrière moi, les pièces dans un grand embouteillage. Mes collègues, très mécontents de ma maladresse, ne cessaient de m'engueuler. Je commençai à maîtriser l'enchaînement des gestes après environ une semaine. C'est à ce moment qu'on m'affecta à un autre endroit. Lorsqu'on commence sa journée de travail à 5 heures du matin pour la finir à 13 heures, il faut se lever à 4 heures. On effectue alors une série de gestes automatiques, le réveil n'intervenant que plus tard. Même au mois de Juin, les rues sont noires entre le domicile et l'usine. On en franchit les portes tel un automate. Je préférais, néanmoins, en dépit de la fatigue des nuits interrompues, l'équipe du matin à celle d'après midi. Car, en quittant l'atelier à 13 heures, la journée m'appartenait. Lorsque je commençais le travail à 13 heures, avec l'équipe d'après midi, ma journée m'était volée. Le matin, il était impossible de disposer de beaucoup de temps pour envisager quoi que ce soit d'important, il fallait manger de bonne heure et quitter le domicile à 12h30. A 21 heures, quand le travail de l'équipe s'achevait, j'étais exténué, incapable de faire des projets pour la soirée. L'usine dévore la vie de l'ouvrier.La chefferie, dans cet atelier, n'était pas trop pesante. Elle montrait surtout une fatuité stupide. Le chef d'atelier, un dénommé Mignon, quand il daignait descendre de son bureau-perchoir, pour approcher les ouvriers aux bleus crasseux de graisse, promenait un ventre proéminent, une lippe épaisse et un regard vide qui me faisait penser à Louis XVI. Un autre, Piva, se donnait, en permanence, un air préoccupé de celui qui veut qu'on le prenne au sérieux. Je n'ai jamais réussi à organiser quoi que ce soit dans cet atelier. Il était composé uniquement d'ouvriers français. Comme le reste de l'usine d'ailleurs. Ce qui explique que le patron faisait appliquer sur ses produits un autocollant qui indiquait : « Fabriqué par des ouvriers français ». La CGT en gloussait d'aise. A la tôlerie, c'étaient des ouvriers âgés, des hommes souvent désabusés, sans espoir, qui recouraient à l'alcool, dans l'illusion que cela leur permettrait de tenir. La CGT, le seul syndicat présent à l'usine, était perçu comme un appareil puissant et aussi comme un rouage institutionnel interne à l'usine. Après la tôlerie, la production se poursuivait à l'atelier d'émaillage où travaillaient massivement les femmes. Si le bruit et les secousses rendaient le travail pénible dans l'atelier où je travaillais, à l'émaillage c'était les odeurs et les émanations. A l'entrée dans l'atelier, les pièces provenant de la tôlerie étaient plongées dans un bain d'acide, le « décapage », d'où s'échappaient d'âcres vapeurs qui vous arrachaient les bronches et la gorge. Sur les chaînes de montage, travaillaient de nombreux ouvriers très jeunes. C'est toujours dans cet atelier qu'il se passait quelque chose. J'y avais quelques bons copains. J'allais souvent, à la pause, discuter avec eux et prendre des nouvelles. La pointeau (responsable des cartes de pointage) du montage, qui était aussi la femme du secrétaire de la section CGT de l'usine (qui deviendra secrétaire de l'Union Départementale, un vrai homme d'appareil !) me dénonça à la direction. Sous le prétexte que je n'avais pas le droit de quitter mon atelier pendant la pause. A partir de ce moment, je fus interdit de mouvement. Nous avions quand même réussi à nous regrouper à 3 ouvriers de l'usine : Gérard, Jean-Luc et moi. Nous nous réunissions pour échanger les nouvelles. Nous avons du, en 2 ans, parvenir à écrire 2 ou 3 tracts, où nous donnions notre point de vue sur la situation à l'usine et que des copains distribuaient à la porte. Lorsqu'une grève avec occupation s'est déclenchée dans l'usine, nous avons été incapables d'établir une alternative à la politique de la CGT. " (Extrait)

 

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Illustrer une politique du présent ?

Un spectre hante ces usines, le spectre de la maléfique CGT.

On ne colle plus d’auto collant sur les produits fabriqués par des ouvriers français, les produits sont fabriqués en chine, ou par des robots (machines numériques) plus rentables. La CGT ne « glousse plus d’aise »

Les choses vont mieux pour les travailleurs, Le PCF est moribond, Ambroise Croizat (*) est oublié.

Heureusement, la relève est là. On la voit à l’œuvre.

Elle sait penser, analyser, décider et surtout agir !

*Ambroise Croizat est un homme politique français né le 28 janvier 1901 à Notre-Dame-de-Briançon (Savoie) il est mort le 11 février 1951 à Suresnes. Il fut également secrétaire Général de la Fédération CGT des travailleurs de la métallurgie.Son père, Antoine Croizat était ouvrier et sa mère employée dans un tissage de velours. Ambroise Croizat est député communiste de la Seine de 1936 à 1940. Après avoir purgé une peine de prison pour son appartenance au PC, interdit sous le gouvernement de Vichy, il est transféré en Algérie. Libéré, il devient membre de l'Assemblée consultative d'Alger dans laquelle il représente la CGT. À la Libération, il est élu membre des deux Assemblées constituantes puis de l'Assemblée Nationale de 1946 à 1951.Croizat est ministre du Travail du général de Gaulle du 21 novembre 1945 au 26 janvier 1946 puis ministre du Travail et de la Sécurité sociale du 26 janvier au 16 décembre 1946 (gouvernements Gouin et Bidault) et du 22 janvier au 4 mai 1947 (fin de la participation communiste au gouvernement).Surnommé le « ministre des travailleurs », son nom reste attaché aux grandes lois relatives à la Sécurité sociale (Mise en place de celle-ci, organisation administrative des caisses et des élections aux conseils d'administration des caisses et régimes des fonctionnaires), son influence s'exerce aussi sur les projets concernant les comités d'entreprise, le statut des délégués du personnel, les conventions collectives, la prévention et la réparation des accidents du travail, le régime des prestations familiales. En vingt-huit mois, il accomplit ainsi une œuvre considérable.

Oui. Peut-être rappeler aussi qu'avec le "plan Marshall" et l'imposition par les vainqueurs de l'entrée en masse en Europe du cinéma américain, la CGT fut scindée en deux : CGT-U et CGT-FO, cette derniére créée avec les subsides du Plan marshall (rappeler ce qu'est un "marshall", aux Etats-Unis, un "sheriff"). "Diviser pour régner" contre "l'union fait la force", un vieux, trés vieux principe, toujours valable.

Ceci dit : unir, oui. Mais sur quelles bases? Pour faire quoi?

Dire comment, au fil des ans, la classe ouvriére s'est laissée transformer en classe petite-bourgeoise. La "subtilité" des plans "Chalandon" et autres : tous "propriétaires" (endettés) du petit pavillon, de la petite voiture, tous "actionnaires" (la "participation" comme réponse à l'appel à l'émancipation, des actions dans l'entreprise qui exploite votre force de travail pour vous aliéner encore un peu plus dans un matérialisme pas du tout dialectique). Effort suprême de l'aliénation : transformer le rêve en impératif : la bourgeoisie est votre avenir, il n'y en a pas d'autre.

Ce rêve-là, la CGT-U y a largement participé : voir l'argent des cotisations transformé en apéros moyens si souvent, si souvent que j'en suis sorti, mais pas indemne.

Et pendant ce temps-là d'autres résistaient encore. Mais c'étaient des "chiants", hein? Des "intégristes", "jusqu'au boutistes". Des purs. Des "idéalistes".

 

Mais je n'ai pas de réponse, que des questions. Et un principe : l'égalité.

Et une idée : nous avons beaucoup à apprendre de ces pays dits "émergents" ou du "tiers-monde". Et du "quart-monde" ici, "chez nous".

Et pendant ce temps-là d'autres résistaient encore. Mais c'étaient des "chiants", hein? Des "intégristes", "jusqu'au boutistes". Des purs. Des "idéalistes".

vous ne trouverez jamais ce vocabulaire chez moi...

je dis bien jamais.

l'embourgeoisement de la classe ouvrière? il y a beaucoup à dire sur ce point.

c'est toute une histoire, au sens noble du mot histoire

Le Gravier,

ces mots, c'est moi qui les ai écrit, pas vous. Vous n'en portez aucunement la responsabilité. C'est ma vie. La vôtre je ne la connais pas (hélas ou hellas).

L'embougeoisement de la "classe ouvriére" ? Les habitants des "cités" des "burgs" et les banlieues pavillionéres*. "La misére du monde", si loin de la pauvreté "en esprit".

*J'ai cru lire "millionaire", comme dans "Qui veut gagner des millions,

"Moi! Moi! Moi!"

Qui je suis ? Ma vie ? Peu importe !

Considérez moi comme étant ni plus mauvais ni meilleur que vous, et ce malgré mon « Français d’analphabète » ce sera déjà bien.

Concernant le vocabulaire, j’aime bien ce passage de Badiou dans « l’hypothèse communiste » page 12 :

« En politique ce sont les pensées les organisations, et les actions qui comptent. Parfois des noms propres servent de référent, comme Robespierre, Marx, Lénine…Les noms communs (révolution, prolétariat, socialisme…) sont déjà bien moins capables de nommer une séquence réelle de la politique d’émancipation, et leur usage est rapidement exposé à une inflation sans contenu. Les adjectifs (résistant, révisionniste, impérialiste…) sont les plus communément affectés à la seule propagande. »

+1

À propos de l'embourgeoisement de la classe ouvrière, j'aurais beaucoup à dire - mais sur un seul point, sans généraliser (quoique). L'usine MOLEX (vous souvenez-vous ?) est proche de chez moi. J'y suis allé, j'ai discuté, j'ai observé. Pire qu'Estrosi (alors ministre en charge de ce licenciement collectif) a été, de mon point de vue, la CGT. "Objectivement", et donc dans la plus grande subjectivité de mon jugement, la CGT a été, au sein de ces presque 200 ouvriers, un puissant allié des patrons lock-outeurs et licencieurs. (j'ai oublié le chiffre exact, mais je crois que seule une vingtaine n'a pas perdu son emploi)

Si la bourgeoisie est du côté du Capital alter-mondialiste, alors oui, la CGT a rejoint ses rangs. J'en témoigne. Là, le principe d'égalité redevient une question. Grave.

 

Cela dit, l'"embourgeoisement" n'exclut nullement la misère sous tous ses aspects.

"seule une vingtaine n'a pas perdu son emploi". Ce qui serait intéressant, ce serait de savoir lesquels. J'ai une certaine expérience, en la matiére. Qui venait en voiture, au piquet de gréve, aprés avoir quitté son "confortable" logement, fourni par "les copains du syndicat", quand on se les gelait depuis longtemps, et qu'ils ne levaient pas le petit doigt pour vous aider, pas même "camarade" : juste fonctionnaire de la "révolution" conservatrice d'un certain ordre d'idée : la matiére, la matiére, rien que la matiére, et surtout pas la dialectique, c'est à dire la discussion et l'échange. "Cours vite, camarade! Le vieux monde est derriére toi!"

"Petit bourgeois", qu'est-ce que cela veut dire?

Que le secrétaire de section ne connaissait même pas Billie Holliday, "Last recording". (Sans doute préférait-il les jeux d'esclaves, les jeux du cirque, la balle au pied, ou à la main.)

J'ai observé que l'un des représentants (CGT) du personnel au CA doit apprécier maintenant de jouer avec un hochet : il a fait partie de la promotion du 1er janvier dans l'ordre de la légion d'honneur. Sans commentaire, sauf pour dire que la CGT, dans ce conflit, n'a pas dévié de sa position, que jamais elle n'a participé à l'élaboration de solutions novatrices. Lui aurait-il été concevable de le vouloir ? Mon souvenir principal de ces rencontres, c'est l'immense tristesse de personnes épuisées moralement et déprimées par l'absence de perspective.

Je dois vous avouer, Pierre Ferron, que je ne cours pas vite, et que le vieux monde est inscrit… j'allais dire dans mes gênes. Il n'est pas si facile d'aller contre ses origines de classe, bourgeoises dans mon cas : je n'ai pas gardé de contacts avec les ouvriers que j'ai rencontrés à Molex. D'où sans doute ma rage.

Je crains qu'elle n'éloigne de ce fil ceux qui pourraient venir nous apporter une contradiction féconde. Là, je suis décidément pétri de trop de regrets !

Sans vouloir jouer les troubles fêtes : je suis un des ex salariés de Molex et j'aimerais rectifier quelques petits détails :

 

1 - nous étions 283 salariés et les 283 salariés ont été licenciés

2 - aujourd'hui, une petite structure de 50 personnes a été relancée, et ce grâce à la lutte des salariés (oui, il en reste encore 200 sur le carreau... la trentaine manquante sont partis vers d'autres horizons : ils ont retrouvés du travail ailleurs)

3 - que Naja ait cette opinion de la CGT et des représentants du site de Molex, ca la regarde. Mais si aujourd'hui une structure a été relancée, ce n'est pas grâce à FO, la CFDT ou la CFTC qui ne cherchaient qu'une seule chose : négocier du fric dès l'annonce de la fermeture (soit un an avant la fin du conflit). Du fric, il y a en eu de toutes manières.

4 - je ne comprend pas l'histoire de la promotion de la légion d'honneur... (est-ce une boutade ?). Certes, le secrétaire CGT du CE chez Molex c'est fait élire conseiller régional sur la liste PS (Martin Malvy), mais pour le reste, cela relève du fantasme.

5 - que Naja pense que la CGT n'a pas dévié de sa position, là aussi ca la regarde : mais il faut quand même comprendre qu'il y a des salariés avec qui il faut composer. La CGT a proposé a plusieurs reprises des solutions de reprise de l'entreprise sous forme de coopérative ouvrière sauf que les salariés n'en voulaient pas...(ils n'y croyaient pas et c'est sans compter que Molex n'a jamais eu l'intention de lâcher les marchés... et Molex est parti avec l'ensemble des produits...)

6 - dans les 50 salariés qui ont été réembauchés dans la structrure de Villemur/Tarn , aucun n'est encarté ni délégué CGT (et je dis bien aucun!!!). En effet, le financier qui est derrière a été assez clair dès le début : "on ne veut pas de la CGT"

7 - une partie des salariés sont toujours mobilisés et organisés en association : je vous invite Naja a venir les rencontrer à Villemur/Tarn, vous y retrouverez certainement ceux avec qui vous avez pu discuter (la plupart des salariés qui ont participé activement au conflit sont toujours sans emploi...) :

SOLIDARITE des MOLEX

18 Place Charles OURGAUT

31340 Villemur sur Tarn

Tel : 05 67 33 60 82

Mail : molex.solidarite@sfr.fr

 

8 - je ne suis pas (et n'étais pas) délégué CGT chez Molex. Je suis également accablé de la manière dont ce conflit c'est terminé...mais c'est les salariés qui ont décidés...

llps,

Votre témoignage est percutant. Et émouvant.

La lutte des classes telle qu'elle se déroule concrètement doit être analysée. D'abord avec ses principaux protagonistes. Ici: vous. Qui ne vous attibuez aucune fonction de porte-parole.

Le témoignage très ancien d'Eugène ne permet pas de situer ce qu'est la CGT aujourd'hui. Encore moins la CGT Molex. Et rien ne dit qu'Eugene avait pour message de parler de la CGT d'aujourd'hui.

Dans les Deux-sèvres, les Heuliez vont vers la fin, c'est ce qu'annoncent presse locale et nationale. Loin des soubresauts médiatiques qui avaient été occasionnés, prenant prétexte de leur entreprise et de leur vie, durant la campagne électorale dernière.

Analyser la lutte des classes telle qu'elle existe réellement. C'est ce que la gauche anticapitaliste tente de faire, avec trop peu de militants.

 

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