Meurent les écorchés ?
La mort d'Amy Winehouse ainsi que le billet de Vingtras sur la fin tragique de sa propre fille résonnent comme un éclairage cru, sans fard, du monde et de la société qui sont les nôtres. Il est inutile, en l'espèce, de palabrer ou de conceptualiser politiquement sur la pertinence de tel ou tel nom (communisme, socialisme, ...) pour notre temps. Ce que l'on constate, c'est que le monde est impitoyable aux écorchés vifs, aux rêveurs inadaptés, inadaptables et à celles et ceux qui, comme dit au fond Jésus dans les Evangiles, restent des enfants. Sa violence tue.
Marche ou crève, tel est le lancinant refrain d'une vie réaliste contemporaine. Pour les plus déterminés à ne pas emprunter les sentiers battus, à la fois les plus forts et les plus fragiles, la loi d'airain du capital est sans pitié. Que meurent les écorchés est un signal terrible sur nos sociétés et sur le caractère impitoyable de notre monde.
Aux morts sur l'autel de la nécessité (je ne la dirais pas seulement capitaliste parce que ce serait réducteur) s'ajoutent celles et ceux qui basculent dans la folie et qu'on pointe du doigt, qu'on criminalise (voir sur ce point le travail salutaire de la nuit sécuritaire) alors que pendant longtemps, les fous et les psychotiques faisaient pleinement partie de la cité.
Cela doit, tous, nous interroger. La dépression, on le sait, est courante ; les consommateurs de psychotropes - en France particulièrement - sont nombreux et si vous interrogez des salariés autour de vous, vous constaterez à quel point les insomnies dans la nuit qui mène au lundi de la reprise sont fréquentes.
La souffrance psychique, qu'elle débouche ou non sur la mort ou la folie, doit être pensée. Il est bien possible que les plus fous ne soient pas ceux qu'on croit et le délire, bien souvent, a pour dessein de s'arrimer au réel. L'aliénation du salarié est-elle moins pathologique que le refus d'un autre d'aller, un beau matin, travailler pour, à la place, rêver, peindre, lire, écrire ou écouter de la musique ? Sans doute faudrait-il, du reste, chercher au fond de nous-même l'étincelle de folie qui, en vérité, fait que nous sommes des êtres humains authentiques - ce serait, pour le coup, une vraie décision politique.
Moins le monde tournerait rond - que tout roule, quelle angoisse ! -, mieux ce serait, non ?
La littérature n'est pas de la littérature.
Nerval ou Rimbaud, Van Gogh ou Baudelaire, Jacques Vaché ou Novalis ne sont pas morts pour rien et il faudrait, parfois, lire leurs textes comme des tractes (qu'on me passe ce mot-valise). Ce dont parlent ces poètes disparus tragiquement, c'est de la vie dont l'étendue des possibles est tue et du caractère fondamentalement inacceptable du monde comme il va.
Je ne suis pas naïf - je sais bien que rapprocher ces grandes figures de la pensée des martyrs du rock est hasardeux. Une comparaison reste toutefois possible : que ce soit Amy Winehouse ou Janis Joplin, Jimi Hendrix ou Jim Morrisson..., il est évident qu'il ont fait un bout de chemin avec le show-business mais mon hypothèse est que, consciemment ou non, cela leur était insupportable. S'ils avaient supporté cela, s'ils avaient assumé jusqu'au bout leur cynisme, ils seraient encore là. Dans le rock des années 1960, il y a ceux qui ont été annoblis par la reine d'Angleterre et ceux qui, à la sortie d'une longue adolescence, sont morts.
Le lien, donc, entre les chanteurs et chanteuses rock d'une part et, d'autre part, les poètes tragiquement disparus, c'est une croyance en la possibilité d'autre chose qu'on pourrait appeler - mais le terme est éculé et/ou un peu galvaudé - un absolu (il y a là-dessus de très belles pages dans Aurélien d'Aragon). Que ce désir entraîne la mort et/ou la folie doit nous questionner sur nous qui, chaque matin, acceptons la morne répétition des jours comme si nous avions l'éternité devant nous. La nécessité sociale passe avant l'amour et la poésie. Le possible est un horizon martelé.
La littérature est un des plus tristes chemins qui mènent à tout, écrivait André Breton dans les années 1920 et le nom de Littérature, donné à une revue surréaliste, était plein d'ironie acerbe contre les carriéristes et les plumitifs surtout soucieux de rentabilité. Presque cent ans après, force est de constater que la révolte est mal en point et que réalisme est le maître-mot, peut-être pas du monde, mais de l'Europe en général et de la France en particulier.
Retour de la famille ; égoïsmes en tous genres ; souci quasi exclusif de profits plus ou moins importants ; ralliement à l'économie comme alpha et oméga de ce qui est nécessaire, indiscutable et incontournable ; mépris pour la poésie ou La Princesse de Clèves ; divisions multiples du monde et des gens ; célébration permanente de la démocratie alors que les inégalités sont plus que jamais criantes et l'aliénation niée dans le(s) discours ; rue comme espace de mille possibles ruinée au profit du numérique et des sites de rencontre ; pouvoir politique étatique tenu, au moins en France et en Italie, par la vulgarité télévisuelle, xénophobe et boursicoteuse...
Dans le Second Manifeste du Surréalisme, André Breton écrit : Il y a encore à cette heure par le monde, dans les lycées et les ateliers, dans les séminaires et dans les casernes, des êtres jeunes, purs, qui refusent le pli.
Cette idée n'a pas pris une ride, ce qui est à la fois triste et heureux. Ce qui est dramatique, c'est qu'autour de ce refus rôdent aujourd'hui encore la folie et la mort.
Il faut imaginer une révolte démesurée et vivante.



Les 4 commentaires les plus recommandés
Votre billet est magnifique. Il me touche beaucoup et me redonne un peu d'espoir,malgré la noirceur persistante de l'actualité qui ne laisse que peu de place à l'amour des autres...
Oui meurent les écorchés, parfois, souvent, beaucoup trop souvent.... Il y a aussi des écorchés qui survivent à leurs propres déchirures et arrivent aussi parfois à apprendre à vivre avec. Avec bien sûr des hauts et des bas. D'autres encore qui tentent de les oublier ou de composer avec. Avec là encore, forcément, des hauts et des bas. D'autres encore qui les oublient vraiment, parfois même les renient.... Enfin, il y en a même qui s'intègrent parfaitement et passent de l'autre côté, du côté des gens qui apprennent à ne plus se poser de questions, qui vivent, font même parfois carrière (ou pas) et restent maigres ou deviennnent gros et gras, bref continuent leur chemin, un chemin en tout cas.... mais sont malgré tout des humains !
J'ai beaucoup relu ce billet et les commentaires avant de me risquer à écrire ceci. Il y a les écorchés vifs, c'est vrai. Il y a aussi le mythe du "poète maudit". Il y a tout ça à la fois. Parfois on se laise prendre dans un jeu, parfois, on s'habille d'un rôle, d'une couleur (le noir généralement), et ensuite ils vous collent à la peau, vous êtes obligés de faire avec, de "jouer le jeu", vous vous devez d'incarner le noir, le désespoir, les ténèbres du soir, et le refus d'être et d'avoir....
Enfin arrive le moment où ce n'est plus un jeu, justement. C'est "à la vie à la mort" que la partie va se jouer. Et c'est déjà trop tard. Car quand on en est là, c'est qu'il y a de fortes chances, déjà, que ce soit la mort qui risque de l'emporter....Vertige de la déglingue, fidélité à ses propres engagements, peur de décevoir ou de trahir. Alcool. Came. Sourires de sang tracés aux veines des poignets. Jusqu'à la prochaine fois.
Jusqu'à la prochaine fois, où c'est peut-être sa peau qu'on laissera....
Oui, les écorchés meurent souvent. Il y a des non-écorchés qui meurent aussi, chaque jour. Tous sont à pleurer, sans distinction. Le désespoir ne rend pas les morts plus grands. Il ne les rend pas plus absents à ceux qu'ils quittent. C'est peut-être juste le désarroi de ceux qui restent qui résonne autrement !
"le monde est impitoyable aux écorchés vifs, aux rêveurs inadaptés, inadaptables"
On dit que le monde s"écrit à partir de la marge... Mais cette société qui veut tout calibrer, tout compter, tout gérer, tout rationaliser... qui à remplacé le droit de vivre différemment par l'obsession MALADIVE du contrôle social veut effacer de la page, la marge et rééduquer ses habitants.
Une société qui a peur de ses fous, de ses écorchés vifs, de ses rêveurs et plus généralement de ses "qui ne marchent pas droit" est une société de trouillards maladifs !
"Il est bien possible que les plus fous ne soient pas ceux qu'on croit."
Tout dans votre texte Yvan soulève la réflexion et le commentaire abondant dans votre veine. Seulement cette phrase me semble être au coeur du sujet, qui pourrait se formuler ainsi :
Les "fous" qui n'en sont pas, sont soumis à la tyrannie de ceux qui cachent leur grave pathologie, plus nombreux, bien plus forts, sans aucune empathie, insensibles à la Vie, seulement avides parce que vides, malheureux et hargneux. Terrible constat !
Le message des "religions" et autres courants humains voire humanistes, n'est autre qu'un appel à créer le lien entre les humains. Les plus faibles ont un rôle prépondérant, celui non plus de se soumettre mais d'inviter le "dangereux" en usant de la compassion, à s'ouvrir à son humanité. Le lien se tisse dans les deux sens. Ce n'est pas encore gagné, mais ça pourrait se faire. Non ?
Tous les commentaires
" des êtres jeunes, purs, qui refusent le pli"
C'est pour l'un d'eux que j'avais fait un billet en février dernier.
Merci, Yvan, pour votre hommage à tous les météores...
(revenir). Quelque chose d'A.G. )
Oui ?
"Il est bien possible que les plus fous ne soient pas ceux qu'on croit."
Tout dans votre texte Yvan soulève la réflexion et le commentaire abondant dans votre veine. Seulement cette phrase me semble être au coeur du sujet, qui pourrait se formuler ainsi :
Les "fous" qui n'en sont pas, sont soumis à la tyrannie de ceux qui cachent leur grave pathologie, plus nombreux, bien plus forts, sans aucune empathie, insensibles à la Vie, seulement avides parce que vides, malheureux et hargneux. Terrible constat !
Le message des "religions" et autres courants humains voire humanistes, n'est autre qu'un appel à créer le lien entre les humains. Les plus faibles ont un rôle prépondérant, celui non plus de se soumettre mais d'inviter le "dangereux" en usant de la compassion, à s'ouvrir à son humanité. Le lien se tisse dans les deux sens. Ce n'est pas encore gagné, mais ça pourrait se faire. Non ?
Les "fous" qui n'en sont pas, sont soumis à la tyrannie de ceux qui cachent leur grave pathologie, plus nombreux, bien plus forts, sans aucune empathie, insensibles à la Vie, seulement avides parce que vides, malheureux et hargneux. Terrible constat !
Je souscris à vos lignes.
meurent les ècorchès.
Votre billet est magnifique. Il me touche beaucoup et me redonne un peu d'espoir,malgré la noirceur persistante de l'actualité qui ne laisse que peu de place à l'amour des autres...
"Les "fous" qui n'en sont pas, sont soumis à la tyrannie de ceux qui cachent leur grave pathologie, plus nombreux, bien plus forts, sans aucune empathie, insensibles à la Vie, seulement avides parce que vides, malheureux et hargneux."
Si juste!
Personnellement, à ceux qui sont mes proches et qui savent bien qu'à moi, ils ne peuvent pas cacher leur folie comme ils se la cachent à eux-mêmes et comme ils la cachent aux autres, j'essaie encore avec les arguments qui peuvent encore les toucher, du genre:
«Rappelle-toi les dissidents en URSS, pauvres soit-disant fous qu'on internait dans des institutions psychiatriques et qu'on détruisait à coups d'expérimentations neurochimiques criminelles et bureaucratiques.
Qui avait raison, après tout? Qui, seul contre tout le système, savait qu'il avait raison et refusait obstinément de plaider coupable?..»
"le monde est impitoyable aux écorchés vifs, aux rêveurs inadaptés, inadaptables"
On dit que le monde s"écrit à partir de la marge... Mais cette société qui veut tout calibrer, tout compter, tout gérer, tout rationaliser... qui à remplacé le droit de vivre différemment par l'obsession MALADIVE du contrôle social veut effacer de la page, la marge et rééduquer ses habitants.
Une société qui a peur de ses fous, de ses écorchés vifs, de ses rêveurs et plus généralement de ses "qui ne marchent pas droit" est une société de trouillards maladifs !
Billet, terrible, foisonnant, beau.
Souhaiter que ça dure... les coeurs purs.
http://www.dailymotion.com/video/x6pskh_jean-roger-caussimon-les-coeurs-pur_music
Merci d'avoir mis le lien vers un grand (c'est un hymne à la liberté consciente ). Mais ce n'est pas une question de pureté.Ce serait trop simple. Personne ne peut comprendre encore moins juger de ce qu'est la souffrance.Sauf à la vivre jusqu'a en mourir !
Quel mélange!
Lecture sociale, encore, de la souffrance d'un individu.
Et fausse, car la vie est dure, et l'a été encore plus avant l'arrivée de Sarko !
Imaginez vous à la porte de votre caverne....
Que certains ne puissent pas y faire face, cela a toujours été et le sera toujours, car la peur et la tentation de la fuir n'a pas de relation objective avec tel ou tel dysfonctionnement de la société.
On ne naît dépressif, addict etc.
À un moment du développement quelque chose s'est mal passé, et le plus souvent dans l'entourage très proche de la personne.
Ecoutez l'interview du père du tueur d'Oslo: il a rejeté (depuis longtemps, depuis sa naissance?) son fils.
Pas besoin d'aller chercher la société avec un grand "S". C'est trop commode et sa nous évite de nous interroger comme parents: qu'ai-je fait de mes enfants?
Cocteau disait: "Quand on rate ses enfants, eux ne vous ratent pas"
Je ne parle pas la de culpabilité mais de responsabilité.
"À un moment du développement quelque chose s'est mal passé, et le plus souvent dans l'entourage très proche de la personne."
Oui. Et malheureusement, je pressens que ce pourrait (aussi bien que des maltraitances évidentes) être des événements très brefs, très limités dans le temps, et qui ne semblaient alors nullement porter à tant de conséquence, aux moments cruciaux où ils sont survenus.
Je crois beaucoup au "tout se joue avant l'âge de cinq ans"
Ce ne sont pas les maltraitances évidentes qui sont forcément les plus nocives.
Peu de gens oseraient associer le qualificatif de maltraitance à l'amour écrasant d'une mère bien intentionnée: on a oublié que pour un enfant qui n'a ni les mots, ni la capacité de nuancer, ce qu'un "cet enfant me fera mourir" peut créer d'angoisse et de culpabilité !
Pathétique. Juste pathétique... N'employez pas le mot ANGOISSE. Ce mot vous ne le connaissez pas, vous ne le subissez pas... alors gardez vous le mot culpabilité que je réserve aux gens qui tuent par des mots, par des regards en biais !!!
Triste, pathétique votre commentaire. Votre mépris des gens lui est patent !
Responsable de vos propos, vous l'êtes. Responsable de votre manque de d'intelligence, NON. Pourtant vous cumuler avec vos deux commentaires (vous et votre alter ego) le poids de la bêtise accumulée...
Responsable vous ? Juste inculte et stupide... Inutile de vous culpabiliser... la non plus on ne peut rien !
Trop fort Yvan !!!
Touchée ...Coulée !!!
La mélancolie, le sang noir de la mélancolie,
c'est bien d'elle qu'il s'agit et elle n'a pas d'époque
elle nous colle à la peau, elle est constitutive à notre psychisme
pour les formes graves on peut l'appeler dépression et ceux qui y succombent en connaissent les mortelles souffrances.
Pour échapper à ces extrémités, des bons, des mauvais remèdes
Malheureusement les plus mauvais sont les plus simples
les bons chacun doit chercher ceux qui lui conviennent
André Gorz :
"C'est dans (les) interstices, (les) ratés, (les) marges (de la domination de la mégamachine) seulement que surgissent des sujets autonomes par lesquels la question morale peut se poser. A son origine il y a toujours cet acte fondateur du sujet qu'est la rébellion contre ce que la société me fait faire ou subir. Touraine, qui a étudié Sartre dans sa jeunesse, a trés bien formulé ça : "Le sujet est toujours un mauvais sujet, rebelle au pouvoir et à la régle, à la société comme appareil total". La question du sujet est donc la même chose que la question morale. Elle est au fondement à la fois de l'éthique et de la politique. Car elle met nécessairement en cause toutes les formes et tous les moyens de domination, c'est à dire tout ce qui empêche les hommes de se conduire comme des sujets et de poursuivre le libre épanouissement de leur individualité comme leur fin commune."
(Ecologica, p 12-13)
Oui meurent les écorchés, parfois, souvent, beaucoup trop souvent.... Il y a aussi des écorchés qui survivent à leurs propres déchirures et arrivent aussi parfois à apprendre à vivre avec. Avec bien sûr des hauts et des bas. D'autres encore qui tentent de les oublier ou de composer avec. Avec là encore, forcément, des hauts et des bas. D'autres encore qui les oublient vraiment, parfois même les renient.... Enfin, il y en a même qui s'intègrent parfaitement et passent de l'autre côté, du côté des gens qui apprennent à ne plus se poser de questions, qui vivent, font même parfois carrière (ou pas) et restent maigres ou deviennnent gros et gras, bref continuent leur chemin, un chemin en tout cas.... mais sont malgré tout des humains !
J'ai beaucoup relu ce billet et les commentaires avant de me risquer à écrire ceci. Il y a les écorchés vifs, c'est vrai. Il y a aussi le mythe du "poète maudit". Il y a tout ça à la fois. Parfois on se laise prendre dans un jeu, parfois, on s'habille d'un rôle, d'une couleur (le noir généralement), et ensuite ils vous collent à la peau, vous êtes obligés de faire avec, de "jouer le jeu", vous vous devez d'incarner le noir, le désespoir, les ténèbres du soir, et le refus d'être et d'avoir....
Enfin arrive le moment où ce n'est plus un jeu, justement. C'est "à la vie à la mort" que la partie va se jouer. Et c'est déjà trop tard. Car quand on en est là, c'est qu'il y a de fortes chances, déjà, que ce soit la mort qui risque de l'emporter....Vertige de la déglingue, fidélité à ses propres engagements, peur de décevoir ou de trahir. Alcool. Came. Sourires de sang tracés aux veines des poignets. Jusqu'à la prochaine fois.
Jusqu'à la prochaine fois, où c'est peut-être sa peau qu'on laissera....
Oui, les écorchés meurent souvent. Il y a des non-écorchés qui meurent aussi, chaque jour. Tous sont à pleurer, sans distinction. Le désespoir ne rend pas les morts plus grands. Il ne les rend pas plus absents à ceux qu'ils quittent. C'est peut-être juste le désarroi de ceux qui restent qui résonne autrement !
Bon, désolée, j'ai l'impression d'avoir jeté un froid... Je ne voulais surtout pas ça !
Bien à vous tous....
Tu n'as absolument pas jeté un froid. Par contre c'est Carland qui l'avait jeté, ce froid, avec ce qui ressemblait fort à une tentative de séparation de ceux qui seraient dignes de souffrir, contre les simples imbéciles qui, eux, peuvent bien crever?
Carland est en grande souffrance.
C'était un cri, rien d'autre.
Un texte très normand, en somme... (le tout étant dans la partie et la partie étant elle dans le tout)
C'est pourquoi je le recommande.
Camarade Yvan,
L'un des billets les plus saisissants de vérité lus sur ce site. L'un des plus beaux hommages rendus, depuis longtemps, dans un journal, aux écorchés, à leur art, quand ils le peuvent.