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Sauver du naufrage le bateau ivre de l'euro

Dans le contexte actuel de la crise des dettes souveraines européennes et américaine, alors que certains n’écartent toujours pas l’opportunité de l’éclatement de la zone euro ou la sortie de certains de ses membres, l’impérieuse nécessité de sauver l’euro apparaît plus que jamais évidente. Mais un tel sauvetage doit s’enraciner dans des réformes d’envergure face à l‘actuel " vide institutionnel "de la gouvernance de la zone euro. Et ceci, afin de renforcer la place de l’euro dans le système monétaire international comme monnaie de réserve, tout en lui conférant une valeur externe, au moyen d’une réelle politique de change, qui ne pénalise pas la croissance économique des pays de la zone euro.

Des réformes institutionnelles d’envergure face à l’actuel " vide institutionnel "de la gouvernance de la zone euro. A l’époque du système monétaire européen (SME- de 1979 à 1999), les pays européens adhérents subissaient de façon importante ce que l’on appelle la contrainte extérieure dans le cadre de la conduite de la politique économique de régulation conjoncturelle par la demande. Lorsqu’une économie mettait en œuvre une politique keynésienne de relance, elle était très rapidement rappelée à l’ordre par la spéculation sur les marchés des changes, si la compétitivité de son appareil productif était déficiente, l‘obligeant in fine à renoncer à sa politique contra-cyclique par respect des marges de fluctuations autorisées par le SME pour son taux de change (de l'ordre de plus ou moins 2,25 % autour des cours pivots bilatéraux par rapport aux autres devises du système). Il en va ainsi de la politique de relance menée en France par la gauche arrivée au pouvoir en 1981 : faute d’une compétitivité structurelle suffisante (essentiellement du fait d'un manque cruel de spécialisation dans les secteurs à forte valeur ajoutée), l’accroissement du déficit budgétaire s’est traduit par une progression modeste de la production intérieure tandis que le flux des importations augmentait très fortement ; il s’en est suivi une aggravation sensible du déficit du commerce extérieur, une dépréciation du cours de franc et des attaques spéculatives récurrentes contre le franc obligeant à trois dévaluations de 1981 à 1983. En final, l’alternative était simple : ou bien poursuivre sur le chemin de la relance mais sortir du SME en laissant filer le franc avec des déficits commerciaux abyssaux, ou rester au sein du SME mais en tournant le dos à la politique expansionniste tout en mettant en place une politique de modernisation du tissu productif particulièrement obsolète du fait du sous-investissement industriel durant le septennat giscardien. C’est le deuxième choix qui fut adopté, avec le " tournant de la rigueur " à partir de 1982-1983 et les coûts sociaux de l‘ajustement des restructurations industrielles que l‘on connaît.

Avec l’adoption de l’euro et la disparition des monnaies nationales, ce n’est pas seulement l’instabilité des changes qui disparaît entre les pays membres, mais également une contrainte extérieure qui s’en trouve considérablement allégée pour chaque État. En effet, le cours de l’euro ne dépend plus, sinon modestement, des résultats du commerce extérieur de tel ou tel pays, mais du solde commercial de l’ensemble de la zone euro. Ainsi, une politique de relance menée par un État et porteuse de déficits commerciaux, n’impacte pas le taux de change de l’euro dès l’instant que ces déficits correspondent à des excédents pour d’autres pays de la zone euro ; et s’ils se réalisent par rapport à des pays extérieurs à la zone, ils n’affectent toujours pas le cours de l’euro, s’ils sont compensés par le dynamisme commercial d’autres pays européens sur des marchés extérieurs à la zone. Eu égard à l’importance du commerce intra-zone (les deux tiers des exportations de la zone euro se font en direction des pays de la zone), il est clair que l’adoption de l’euro entraîne dès lors une diminution considérable de la contrainte extérieure, permettant ainsi de donner à chaque économie nationale beaucoup plus de marges de manœuvre qu’elle ne pouvait en posséder dans le cadre du SME pour la conduite de politiques budgétaires de soutien à la croissance. Mais de ces nouvelles marges de manoeuvre théoriques, dans la réalité, il n’en a rien été, car dans le même temps, les traités européens se sont empressés de museler la politique économique de chaque État au moyen, d’une part, du pacte de stabilité et de croissance (PSC) pour la politique budgétaire (1), et d’autre part, de la définition d’un cadre strict des missions et du statut de la Banque centrale européenne (BCE)pour une politique monétaire commune aveugle des fortes divergences économiques entre les pays membres(2) ……,et cela, sans envisager de doter la zone euro d’une réelle gouvernance lui permettant , à la fois, de mener des politiques keynésiennes coordonnées de stimulation conjoncturelle (le budget européen ne dépasse pas 1 % du PIB de l’Union européenne !) et de faire face rapidement à d’éventuelles difficultés financières de certains de ses membres par une solidarité nécessaire. Résultat, deux conséquences évidentes de ce néant institutionnel :un déficit structurel de croissance économiquede la zone euro depuis sa création, notamment en comparaison avec la croissance outre-Atlantique,et le triomphe de la spéculation financière comme chef d’orchestre du déroulement de la crise actuelle des dettes publiques imposant sa partition musicale aux États !

La mise entre parenthèses du PSC depuis 2008 face à la crise financière pour permettre aux " stabilisateurs budgétaires économiques " (3) de limiter la récession en Europe, ainsi que les élans tardifs de solidarité financière déployés dans le cadre de la crise des dettes publiques avec la création du Fonds de stabilisation en mai 2010 et les mesures adoptées lors du récent sommet de Bruxelles du 21 juillet (4),ont certes permis de soulager le malade, mais point de le guérir. En effet, si l’on veut sauver durablement l’euro, il faut envisager des réformes structurelles d’envergure au niveau de la gouvernance de la zone euro : la mise en place d’un gouvernement doté d’un budget conséquent permettant d’envisager des politiques coordonnées de stimulation budgétaire lorsque les besoins conjoncturels l‘imposent ; la redéfinition des statuts et des missions de la BCE avec notamment la mise en priorité première de la lutte contre le chômage pour la politique monétaire commune ; la mise en oeuvre d’une réelle politique de change de l’euro ; l’instauration d’une régulation macroprudentielle mettant au service de l’économie réelle la sphère financière (les marchés financiers et un système bancaire de plus en plus fort de par sa concentration accrue en ces temps de crise ) et réduisant le risque systémique, etc.

Renforcer la place de l’euro dans le système monétaire international (SMI) comme monnaie de réserve internationale. Depuis sa création en 1999, l’euro se caractérise par une volatilité marquée : par rapport au dollar, il connaît un premier mouvement de dépréciation en passant de 1,2 $ à 0,9 $ entre 1999 et 2002, pour s’engager ensuite dans une phase d’appréciation à partir de 2002 jusque mi-2008 où il atteint son record historique de 1,6 $, pour après s’effondrer au niveau de 1,3 $ en quelques mois jusqu’au début 2009, et enfin reprendre à nouveau un trend haussier depuis lors autour d‘une fourchette étroite oscillant entre 1,2 $ et 1,5 $. En dépit de cette instabilité de la devise européenne depuis sa naissance et de l’actuelle crise des dettes souveraines européennes, l’euro s’affirme de plus en plus face au dollar comme monnaie de réserve internationale : près du tiers de la dette internationale est aujourd’hui libellée en euros contre un peu moins de la moitié en dollars. Dans un futur SMI qui semble s’annoncer tripolaire dans la décennie à venir, mettant en concurrence l’euro, le dollar et le yuan, la meilleure façon de se protéger pour les pays européens contre une instabilité généralisée des changes résultant d’une " guerre des monnaies " n’est donc certainement pas de sortir de l’euro, mais bien d’exister à travers lui en consolidant son statut de monnaie de réserve sur la scène internationale, et en développant les deux autres attributs d‘une monnaie internationale pour lesquels la position du dollar est encore très largement prédominante (attributs d’unité de compte et de moyen d’échange).

Doter la zone euro d’une réelle politique de change au service d’un arbitrage subtil entre le positionnement stratégique de l’euro dans le concert international des monnaies et la croissance économique au sein de la zone euro. Même si la BCE a su être réactive face aux retombées économiques de la crise financière, en suivant la politique accommodante de la Fed, par une baisse de ses taux d’intérêt directeurs à partir de 2009, sa politique monétaire reste fondamentalement prisonnière depuis l’origine du paradigme monétariste de lutte contre l’inflation (contenir une inflation maximale pour la zone euro autour de 2 % comme objectif premier), sa décision d’augmenter à nouveau ses taux depuis le début de l’année 2011 attestant encore, s'il en était besoin, de ses " obsessions monétaristes " injustifiées dans le contexte économique que l’on connaît où la croissance de la zone euro se serait bien passée d’un durcissement de la politique monétaire. Conjuguée à l' absence d'une politique de change, la politique monétaire structurellement peu accommodante de la BCE a eu aussi pour principale conséquence, le maintien d’une valeur externe de l’euro tendanciellement plutôt forte, au-delà des fluctuations marquées rappelées précédemment, et peut-être trop forte eu égard à l‘un des déterminants essentiels des taux de change : les perspectives de croissance économique. S’il est difficile de trancher sur l’épineuse question de l’éventuelle surévaluation actuelle de l’euro, pour autant, les chiffrages effectués par les modèles macroéconométriques disponibles, notamment celui de l’Ocde, montrent clairement un impact globalement négatif pour la croissance de l’ensemble de la zone euro d’une nouvelle appréciation de la devise européenne. Et, pour au moins deux raisons, dans ce même contexte financier et économique, il serait peut-être même très judicieux, de favoriser une dépréciation de l’euro. D'une part, elle permettrait d'améliorer la compétitivité-prix des exportations de la zone euro sur les marchés extérieurs et des producteurs nationaux sur les marchés intérieurs européens, amélioration vertueuse du point de vue du commerce extérieur et donc de la croissance économique et de l'emploi. D'autre part, elle augmenterait le prix libellé en euros de la facture énergétique, un effet-prix certes très impopulaire mais qui apparaît comme l'un des chemins incontournables pour diminuer la consommation d'énergies fossibles et accélérer le nécessaire processus de transition vers une économie verte (effet-prix haussier accompagné bien évidemment d‘une nécessaire politique fiscale appropriée pour répartir de façon équitable le coût de l‘ajustement).

______________________________________________

(1) Le PSC adopté en 1997 impose aux États membres de la zone euro de limiter déficit et dette publics respectivement à 3 % et 60 % de leur PIB. Conséquence des politiques fiscales néolibérales de ces dix dernières années (des réductions d’impôts bénéficiant essentiellement aux plus hauts revenus), et de la crise depuis 2008 (impact négatif sur les prélèvements obligatoires de la contraction du PIB et coût pour le contribuable du sauvetage financier des banques), la zone euro traverse la grave crise des dettes souveraines que l’on connaît. Dans ce contexte, le PSC a été mis transitoirement de côté jusqu‘en 2013 où il est prévu un retour " obligé " vers la norme des 3 % pour le déficit public. Concernant le ratio de la dette publique par rapport au PIB, il se chiffre au premier trimestre 2011 à 85 % pour l’économie française contre 80 % pour la moyenne de la zone euro, avec une progression de près de 20 points entre 2007 et 2010, soit une progression comparable à celle enregistrée pour l‘ensemble de la zone. Lire aussi sur le sujet de Ludovic Lamant : " Questions-réponses sur la crise de la dette grecque"

(2) Les taux d’intérêts directeurs d’une banque centrale sur le marché monétaire représentent le coût de refinancement des banques dans l’octroi des crédits qu’elles consentent à l’économie. En supposant que les banques répercutent sur les taux d’intérêt débiteurs les variations des taux directeurs, la banque centrale contrôle ainsi de façon indirecte, et par des mécanismes de marché, le volume de crédits consentis pour l’investissement et la consommation, et donc influe sur le dynamisme de la demande globale et le rythme de la croissance économique. Selon l’orientation donnée à ses taux directeurs, la banque centrale privilégie alors la lutte contre le chômage ( baisse des taux dans le cadre d’une politique monétaire expansionniste ou accommodante) ou le maintien d’un rythme d’inflation " modéré" - à définir ! (hausse des taux dans le cadre d’une politique monétaire restrictive).

Dans le cadre de la zone euro, il appartient donc à la BCE de déterminer et de mettre en œuvre une politique monétaire commune, à partir de ses taux d’intérêt directeurs en les fixant à un niveau moyen censé satisfaire l’ensemble des pays membres. Or, les 17 nations européennes (la dernière à entrer étant l’Estonie à partir du 1er janvier 2011) présentent encore des divergences économiques marquées, qui se trouvent finalement amplifiées par ce principe d‘un ajustement des taux sur la moyenne européenne : les pays vertueux en termes d‘inflation, qui pourraient prétendre à des taux d’intérêt plus faibles afin d‘accélérer leur croissance, restent sur des rythmes de croissance insuffisants source de désinflation voire de déflation, tandis que les pays à forte inflation connaissent une surchauffe de leur économie accélérant leurs tensions inflationnistes.

(3) Les " stabilisateurs budgétaires économiques " sont des mécanismes macroéconomiques qui permettent de réguler le cycle économique automatiquement par l’action contra-cyclique des budgets publics : en période de ralentissement de l’activité économique ou de récession, tandis que certaines dépenses publiques augmentent (par exemple, les dépenses d’indemnisation chômage), les prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales ) baissent, ce qui atténue l’ampleur du ralentissement par le soutien de la demande globale adressée à l’économie, avec comme contrepartie logique une aggravation du déficit public. Inversement, en cas d’accélération de la croissance économique, l’augmentation des rentrées fiscales et la baisse de certaines dépenses publiques amortissent l’impact de la croissance économique, avec comme contrepartie une réduction des déficits publics.

(4) Lire ici l’article de Martine Orange : " Crise de l'euro: un plan qui sauve la Grèce mais pas l'Europe "

Tous les commentaires

28/07/2011, 13:45 | Par Yves Besançon

Étant moi-même signataire du manifeste, je ne peux que fortement recommander la lecture de ce précieux document……que nos dirigeants politiques n’ont toujours pas lu ou plus exactement feignent toujours de ne pas en comprendre le sens ! Néanmoins, félicitons-nous qu’une partie des forces de gauche en France s’en est inspirée dans la perspective de 2012. Malheureusement seulement une partie…….

02/08/2011, 16:56 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Yves Besançon le 28/07/2011 à 13:45

Malheureusement seulement une partie…….

@ Yves Besançon

En effet : En colèreEn colèreEn colèreEn colèreEn colèreEn colèreEn colèreEn colèreEn colèreEn colèreEn colèreEn colère

02/08/2011, 22:29 | Par Yves Besançon

.....Si vous avez quelque chose à m'exprimer (?), il serait plus intéressant et simple d'expliciter et d'argumenter.....

04/08/2011, 17:40 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Yves Besançon le 02/08/2011 à 22:29

.....Si vous avez quelque chose à m'exprimer (?), il serait plus intéressant et simple d'expliciter et d'argumenter.....

@ Yves Besançon

Bonjour,

Je vais essayer de m'exprimer autrement, en explicitant et argumentant quoique je ne suis probablement pas la personne la plus indiquée si l'on considère mon manque de formation universitaire !!!

Mon but premier est que ce billet de la plus haute importance ne disparaisse pas de notre horizon de suivi et que quelqu'un de réellement compétent intervienne !!!

A titre personnel, je ne peux que inssister sur le rôle de la monnaie à partir de mon vécu personnel et professionnel au Mexique où j'ai pu constater les effets d'une première dévaluation de 100% par rapport au dollar !!!

Traditionnellemnt un Euro équivalait à un dollar et tout le monde vivait en paix !!!

La célèbre déclaration du Président de la Répubique mexicaine "La dévaluation n'est ni un bénéfice, ni une perte sinon tout le contraire." les effets absolument désastreux sur la vie de ce pays doivent être absolumnent mis en exergue lorsque l'on parle de monétarisme, ce "on" étant Yves Besançon et ses co-sigantaires...

J'ai par ailleurs dû faire face à un manque total de dollar au Mexique, fabriqué de toutes pièces par les USA pour riposter à une dévaluation complémentaire et qui m'a contraint, en tatn qu'approvisionneur, à échanger de la ferraille destinée à la construction d'une usine pour obtenir de la matière première pour l'usine de soudure dans laquelle je travaillais...

Pour le reste, je suis désolé d'être aussi ignorant sur le sujet de monétarisme pour pouvoir exprimé une opinion digne de votre compétence.

A bientôt.

Amitié.

 

 

06/08/2011, 10:49 | Par Yves Besançon en réponse au commentaire de Vivre est un village le 04/08/2011 à 17:40

Cher Monsieur,

Je pense que vous faites référence dans votre commentaire à la terrible crise mexicaine de la balance des paiements en 1994 et à la dévaluation du peso par rapport au dollar décidée le 20 décembre 1994 par le gouvernement mexicain : une dévaluation de 15 %, suivie dun flottement de la devise mexicaine qui, en final, se déprécie de 100 % sur la période 1994-1995.

 

 

Permettez-moi de clarifier votre commentaire en distinguant deux éléments bien différents qui apparaissent confusément dans votre raisonnement : la dévaluation et le monétarisme. La dévaluation du peso et la dépréciation qui sen est suivie par décision de ne plus provisoirement ancrer la devise mexicaine par rapport au dollar, ont provoqué une terrible récession de léconomie mexicaine en 1995 - chute du PIB de 6,3 % !, sans précédent depuis 1910-, avec de surcroît une inflation très élevée (de lordre de 50 % en 1995) et des conséquences dramatiques pour le peuple mexicain : explosion du chômage, baisse du niveau de vie ( ce nest quen 1998 que le PIB par habitant retrouve son niveau de 1994) , développement de léconomie souterraine évaluée à lépoque à 40 % du PIB, et comme à laccoutumée dans pareilles circonstances, recul des dépenses sociales et aggravation des inégalités sociales.

 

Revenons maintenant au contexte de cette crise : dès 1988, le Président Salinas, conformément au dogme néolibéral imposé notamment par les grandes organisations internationales (FMI et Banque mondiale), met en œuvre un programme de libéralisation et de déréglementation de léconomie nationale permettant au capital étranger, via la libre circulation des capitaux, de développer ses investissements directs et de portefeuille. Au total, de 1990 à 1994, cest plus de 175 milliards de dollars que le Mexique reçoit sous forme dafflux de capitaux étrangers investis. Afin de rassurer ce capital étranger, et tout particulièrement les détenteurs de placements financiers, le gouvernement mexicain engage aussi parallèlement une stratégie dancrage nominal du peso par rapport au dollar qui va conduire à une surévaluation du change réel de la devise mexicaine (après prise en compte du différentiel dinflation avec les États-Unis), et donc provoquer nécessairement, à la fois un creusement du déficit de la balance courante (de lordre de 8 % du PIB en 1994) et la crise de liquidité de décembre de 1994. En effet, en dépit de la remontée des taux dintérêt décidée par la banque centrale mexicaine, les capitaux étrangers anticipent une dévaluation qui apparaît alors comme difficilement incontournable. Résultat : avec la fuite des capitaux étrangers, le pays se vide de ses réserves de change et lanticipation devient auto-réalisatrice. On connaît la suite : la décision du 20 décembre, le flottement du peso, la propagation de la crise à lensemble des marchés boursiers des pays émergents au début de lannée 1995 (leffet Tequila !).et les aides " bienveillantes " du FMI et des États-Unis moyennant toujours un peu plus de politiques néolibérales ! En final, on l'aura bien compris, cette crise mexicaine de 1994 trouve son origine dans les dysfonctionnements de l économie néolibérale appliquée aux pays émergents, dont le monétarisme nest quune dimension particulière, une autre dimension importante étant le libre-échange entre des pays de niveau de développement différent ( cf. laccord de libre-échange nord-américain -ALENA- mise en œuvre à partir de 1994). Quant à fa forte dépréciation du peso en 1994-1995, elle na été quune conséquence inévitable de ces dysfonctionnements.

 

Jespère, cher Monsieur, quà partir du cas mexicain, jai pu lever une ambiguïté qui semblait vous animer concernant les " économistes atterrés " : cest bien le néolibéralisme qui est en cause et non le mécanisme de la dévaluation. Concernant maintenant lhypothèse qui ponctue mon article dun probable effet salutaire dune dépréciation de leuro par rapport au dollar, elle nest bien évidemment pas comparable au cas de la situation mexicaine, ne serait-ce que par les ordres de grandeur envisagés. Par ailleurs, elle repose sur des résultats issus de modèles macroéconométriques, que lon peut certes toujours contester, mais qui ont au moins le mérite de permettre de mieux comprendre les mécanismes à lœuvre.

Cordialement.

06/08/2011, 11:07 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Yves Besançon le 06/08/2011 à 10:49

En final, on l'aura bien compris, cette crise mexicaine de 1994 trouve son origine dans les dysfonctionnements de l économie néolibérale appliquée aux pays émergents, dont le monétarisme n’est qu’une dimension particulière, une autre dimension importante étant le libre-échange entre des pays de niveau de développement différent ( cf. l’accord de libre-échange nord-américain -ALENA- mise en œuvre à partir de 1994).

@ Yves Besançon

Je vous remercie de tout coeur pour le temps investi dans votre réponse.

Mon message est forcément "amalagamant" puiisqu'il s'appui sur le déroulement de 15 ans d'une vie démarrée au mexique avec l'ivresse d'être arrivé, en 1970, dans un pays en pleine victoire contre la pauvreté sous le slogan "Arriba y adelante con luis Etcheverria" (En haut et en avant avec Luis Echeverria)...

An bout de cet âge, j'ai compris la même chose que vous, sauf que beaucoup moins bien, car je ne suis pas économiste de formation et qu'il faut avoir votre solide formation pour parler solidement de choses tout simplement vitales.

Le manifeste des économistes atterrés est pour moi une bible à laquelle je souscris pleinement avec le seul regret d'avoir été incapable de l'écrire moi même...

J'en ai conclu, à la lecture de votre document, que le meilleur défenseur de votre doctrine est Jean-Luc Mélenchon et je regrette, parfois, que médiapart ne diffuse pas avec plus d'énergie cette donnée qui me semble essentielle !!!

Qu'en pensez-vous ?

Je vous remercie par avance pour votre réponse.

A bientôt.

Amitié.

P.S : Je viens de lire cetexte qui m'a beaucoup intéressé.Vous demander, aussi, ce que vous en pensez serait-il un abus ?

Un rapport accablant

Bonnet d’âne pour le FMI

« Recherche institutionnellement orientée », « biais idéologiques », « autocensure », « conclusions préconçues », « faible diversité d’approches théoriques et, plus encore, empiriques », « étroitesse de vues », « cadre analytique inapproprié aux réalités des pays étudiés », « incapacité répétée à citer des travaux de chercheurs locaux »… A tout prendre, il valait mieux pour les têtes pensantes du Fonds monétaire international (FMI) que les feux de l’actualité fussent braqués sur leur directeur général, arrêté à New York le 14 mai 2011, plutôt que sur le dernier rapport de son Bureau indépendant d’évaluation, publié la semaine suivante dans l’indifférence générale.

Au moment où le prêteur international sur gages, remis en selle par la tempête financière et la crise de la dette, impose l’austérité au nombre croissant de pays pris dans ses rets (1) (Lettonie, Ukraine, Roumanie, Hongrie, Islande, Irlande, Grèce, Portugal...), cette enquête consacrée à « La recherche au FMI : pertinence et utilisation (2) » jette une lumière crue sur la « science » économique dont se prévalent les directeurs généraux successifs pour administrer urbi et orbi des leçons de bonne conduite.

Clé de voûte intellectuelle du Fonds, les études et recherches charpentent les « Perspectives de l’économie mondiale », « Rapport sur la stabilité financière dans le monde » et autres « Consultations au titre de l’article IV » lus avec attention par les dirigeants de la planète — et avec terreur par ceux des pays débiteurs. Les plans d’ajustement structurel imposés aux pays émergents ou en crise leur doivent beaucoup. En théorie, la recherche « contribue au développement et à l’actualisation des modèles théoriques et des outils qui forment le socle des analyses du FMI ». Pour s’en assurer, le Bureau indépendant d’évaluation a passé au crible une décennie d’analyses usinées par les experts de Washington (1999-2008) en s’appuyant sur une méthodologie robuste : réexamen d’articles et de rapports par des économistes universitaires, selon la procédure en vigueur dans le monde académique, administration d’un questionnaire aux autorités financières et monétaires des pays membres ainsi qu’aux économistes travaillant au FMI, réalisation d’une campagne d’entretiens individuels. Les conclusions suggèrent que, loin de nourrir la réflexion stratégique du Fonds, les travaux de recherche servent à légitimer ses présupposés idéologiques.

« Parmi les autorités interrogées, beaucoup ont estimé que les études du FMI étaient hautement prévisibles et ne permettaient pas l’expression de points de vue alternatifs. Cette opinion concernait l’ensemble des productions analytiques du Fonds », expliquent les rapporteurs. En outre, « les études du FMI semblaient suivre une opinion prédéterminée et, parfois, les recommandations ne découlaient pas de l’analyse ». Un sentiment partagé par nombre d’universitaires extérieurs chargés d’expertiser ces masses de littérature grise. A leurs yeux, le Fonds « était obnubilé par un type de message et n’accordait aucune considération aux autres manières de voir ». Pis encore pour un esprit scientifique habitué à poser le problème avant de trouver la solution, « la plupart des conclusions et recommandations formulées dans les séries “Documents de travail” et “Questions générales” n’étaient pas étayées par les développements ». Examinant les travaux relatifs à la politique budgétaire, un évaluateur diagnostique une obsession pour les réductions d’impôts et s’étonne que le modèle théorique principalement utilisé « ne fasse aucune place à la redistribution ni au chômage ».

La critique la plus embarrassante émane du cœur même de l’institution. En effet, parmi les sept cent quatorze économistes du FMI ayant répondu au questionnaire, « 62 % se sont “très fréquemment” ou “assez fréquemment” sentis contraints d’aligner leurs recherches et leurs conclusions sur les positions du FMI. Les entretiens ont confirmé cette tendance : plus de la moitié des employés ont déclaré qu’ils avaient eux-mêmes vécu ou connu des cas où les résultats avaient été ajustés à ce qui était perçu comme le point de vue institutionnel sur le sujet ». Pour que nul ne soit tenté de comparer le crédit intellectuel du Fonds à celui des statisticiens soviétiques, réputés prompts à devancer les désirs du pouvoir, les rapporteurs recommandent aux dirigeants de « promouvoir l’ouverture intellectuelle à d’autres perspectives ». Et, jugent-ils utile de préciser, « les chercheurs devraient pouvoir traiter des problématiques sans conclusions préconçues et sans messages à faire passer ».

Le conseil sonne comme un dernier avertissement. En janvier dernier, un autre rapport du Bureau d’évaluation interne sur « l’action du FMI au cours de la période qui a précédé la crise financière et économique mondiale (3) » avait déjà abouti à l’octroi d’un bonnet d’âne. « La capacité du FMI à détecter convenablement les risques qui prenaient de l’ampleur a été freinée par un degré élevé de pensée doctrinaire, un a priori intellectuel », pouvait-on lire. « L’opinion dominante au sein des services du FMI — groupe cohésif de macroéconomistes — était que la discipline et l’autorégulation du marché suffiraient à écarter tout problème majeur des institutions financières. » Cruels, les rapporteurs rappelaient que « le FMI a mis en exergue les avantages de la titrisation » et citaient un rapport sur les Etats-Unis publié en 2007, quelques mois avant l’effondrement de Lehman Brothers et le collapsus du système bancaire occidental : « Les banques commerciales et d’investissement proprement dites sont foncièrement en bonne situation financière et les risques systémiques semblent faibles. » Devant une telle clairvoyance, on s’incline.

Pierre Rimbert

06/08/2011, 15:37 | Par Yves Besançon en réponse au commentaire de Vivre est un village le 06/08/2011 à 11:07

Cher Monsieur,

Quinze ans de vie au Mexique, voilà qui me semble être une expérience richement utile et complémentaire à une simple connaissance intellectuelle et statistique comme la mienne, pour comprendre l’économie et les mentalités de ce pays. De mon côté, j’ai aussi une expérience de vie dans un pays pauvre, mais sur un autre continent…., c’était, il y a bien longtemps, en Côte d’Ivoire. Et, pour en revenir à la dévaluation, à l’époque, j’avais beaucoup travaillé avec mes étudiants sur l’impact de la dévaluation du franc CFA intervenue en 1994…….cette fois, en étant sur le terrain !

Je connaissais l’existence de ces rapports internes " accablants " sur le formatage intellectuel qui prévaut dans les services d’études et de recherches du FMI…..un formatage néolibéral qui permet en effet de légitimer, par un discours en apparence pseudo-scientifiquement fondé théoriquement, les purges d’austérité et de libéralisation des économies (entendez de disparition des services publics !) imposées par cette institution lorsqu’elle vient au " grand secours " des pays en difficultés…..pour, en final, les appauvrir un peu plus, et accentuer les inégalités de répartition des revenus en leur sein !! Hier, les plans d’ajustement structurel dans les pays pauvres, aujourd’hui les plans d’austérité dans les pays européens…Le " petit vent keynésien " qui a semblé souffler dans les couloirs du FMI avec DSK ne doit aucunement faire illusion, pour la bonne raison que le FMI, comme la Banque mondiale, est noyauté par la minorité possédante du capital productif mondial et agit donc pour sauvegarder avant tout les intérêts de cette classe dominante. Une classe sociale d’un genre très particulier, puisque tout en étant teintée de multiples particularismes culturels, ses principaux acteurs sont néanmoins solidaires les uns des autres, des pays riches aux pays les moins avancés (les PMA) en passant par les pays émergents, pour s’enrichir sur le dos de 90 % de l’humanité, via l’endormissement des consciences dans les démocraties et la puissance de la terreur et des armes dans les régimes autoritaires …..avec comme traits d’union entre ces deux groupes de régimes : la globalisation financière et l‘entente cordiale !

Concernant le Front de gauche, je partage tout à fait votre point de vue, en y ajoutant toutefois des lumières très précieuses du côté du mouvement Europe Ecologie-Les Verts. Quant au programme du parti socialiste, pour le moment, il a effectivement fait l’impasse sur l’essentiel du Manifeste……….Vraiment consternant ! Le premier tour de mai 2012 promet de très grandes surprises….

Bien cordialement.

06/08/2011, 17:21 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Yves Besançon le 06/08/2011 à 15:37

Concernant le Front de gauche, je partage tout à fait votre point de vue, en y ajoutant toutefois des lumières très précieuses du côté du mouvement Europe Ecologie-Les Verts.

@ Yves Besançon

Bonjour,

Je vous remercie de tout coeur pour votre long mesage qui m'a fait le plus grand plaisir.

J'ai une grande estime, aussi, pour Eva Joly mon seul regret étant que dans l'immédiat tout du moins, une alliance ne soit pas possible !!!

Une alliance avec Arnaud Montebourg serait sans doute aussi une bonne chose...

Dans l'immédiat, je m'apprête à voter Montebourg aus primaires socialistes et Jean-Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles et à prier laïquement pour que les 5% d'intention de vote pour Mélenchon se transforment en 50.1% de votes pour les élections !!!

C'est la très grande surprise que j'attends pour le premier tour de Mai 2012 peut être attendez-vous la même ?

C'est dans une grande expectative que j'attends votre réponse.

A bientôt.

Amitié.

08/08/2011, 11:21 | Par Yves Besançon en réponse au commentaire de Vivre est un village le 06/08/2011 à 17:21

....Nous sommes sur la même longueur d’onde : Arnaud Montebourg pour les primaires socialistes (s’il n’a pas quitté le PS d’ici là !) et, au premier tour, Mélenchon ou Eva Joly…..j’hésite encore,même si mes préférences vont du côté de Mélenchon. Car, dans une perspective au second tour d’une union des forces de gauche pour un véritable programme de gauche, il est important, qu’au premier tour, le Front de gauche et l’EEV fassent de bons résultats, pour pouvoir se mettre autour de la table avec le parti socialiste en position d’imposer. Pour Mélenchon, sans me laisser porter par le rêve des 50,1 %, je pense qu’il peut vraiment faire la surprise et approcher au moins les 10 %, dans la mesure où nombre de sympathisants de gauche votant traditionnellement PS, ne se reconnaissent plus dans la position dominante frileuse et ambiguë de ce parti face aux enjeux de rupture historique qui se jouent en mai 2012 pour la France…et l‘Europe !

08/08/2011, 11:40 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Yves Besançon le 08/08/2011 à 11:21

@ Yves Besançon

Un grand merci pour votre réponse qui me confirme que nous sommes sur la même longueur d'onde et donc de partir sur cette base pour, très modestement, hélas, faire avancer le plus possible les solutions des plus concrètes décrites dans le manifeste des économistes atterrés : http://economistes-atterres.blogspot.com/2010/09/manifeste-des-economistes-atterres.html

L'idéal serait que le décolage de ces solutions se fassent aujourd'hui même avec un geste fort qui serait la suspension des quatations boursières !!!

Je n'ai pas encore allumé ma télé mais je pense que le massacre à la bourse de Paris a déjà commencé !!!

Les bonnes solutions préconisées par le manifeste des économistes atterrées seront sans doute mises en place quand toutes les autres auront été essayées, la question principale étant de savoir combien de bêtises peuvent encore être faites et combien de temps il nous faudra pour sortir de chacune !!!

En colèreEn colèreEn colèreEn colèreEn colèreEn colèreEn colèreEn colèreEn colèreEn colèreEn colèreEn colère 

05/08/2011, 10:06 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de utopart le 04/08/2011 à 19:49

Le premier rayon de soleil de cette matinéeHeureuxClin d'œil

ÉtreinteFierSérieuxC'est la fête !AdmiratifApplaudissementsFascinéSuper !ApprouvéIdéeEn prièreDansons...Vas-y !ÉtoileAbeilleBonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !Bonne chance !

Comment rompre avec le libre-échange

La démondialisation et ses ennemis

Perchées sur le fil de la dette, les économies occidentales flageolent de crise en crise. Réunions et sommets « exceptionnels » où se joue le sort d’un pays, d’un continent, constituent désormais l’ordinaire des responsables politiques. Depuis trois ans, ces derniers ont endossé le rôle de voiture-balai de la finance. Mais une autre piste s’ouvre, suscitant déjà craintes et controverses : qui a peur de la démondialisation ?

Par Frédéric Lordon

Au commencement, les choses étaient simples : il y avait la raison — qui procédait par cercles (avec M. Alain Minc au milieu) —, et puis il y avait la maladie mentale. Les raisonnables avaient établi que la mondialisation était la réalisation du bonheur ; tous ceux qui n’avaient pas le bon goût d’y croire étaient à enfermer. « Raison » cependant confrontée à un léger problème de cohérence interne puisque, se voulant l’idéal de la discussion conduite selon les normes de la vérité et du meilleur argument, elle n’en aura pas moins interdit le débat pendant deux décennies et n’aura consenti à le laisser s’ouvrir qu’au spectacle de la plus grande crise du capitalisme.

Le Monde n’hésite pas à souhaiter la « bienvenue au grand débat sur la démondialisation », et l’introduit (en guise de « bienvenue », sans doute) par une tribune expliquant que la démondialisation est « absurde » et, pour l’équité des points de vue, par un entretien certifiant qu’elle est « réactionnaire » — en effet ça n’est pas la même chose et les deux méritaient d’être mentionnés.

La temporalité de la macroéconomie voudra que les effets terribles de la méga-austérité européenne se fassent réellement sentir en France à partir du premier semestre 2012. Au carrefour du délire de la finance, des politiques économiques sous tutelle des marchés et des délocalisations qui continuent pendant la crise, la mondialisation promet de se montrer sous ses plus chatoyants atours... Contraindra-t-elle enfin le débat présidentiel à poser les vraies questions ? Lesquelles — chômage, précarité, inégalités, pertes de souveraineté populaire — se ramènent synthétiquement à une seule : la mondialisation. La rupture avec les alternances sans alternative prend alors le nom simple de « démondialisation ».

Le nom est simple mais le débat compliqué, où la dispute intellectuelle redessine le paysage politique, avec ses fractures inattendues et ses récupérations douteuses, mais toujours contre le syndicat des intérêts dominants : ceux qui ne veulent pas apparaître chaque fois qu’on (...)


Retrouvez la version intégrale de cet article dans Le Monde diplomatique d’août 2011 actuellement en kiosques.

Frédéric Lordon.

Capitalisme, Commerce international, Économie, Finance, Mondialisation, Relations internationales, Chine, États-Unis (affaires extérieures), Europe

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Frédéric Lordon

Economiste, auteur de La Crise de trop. Reconstruction d’un monde failli, Fayard, 2009.

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06/08/2011, 10:35 | Par Yves Besançon

@Utopart

La première partie de votre commentaire est intéressante en apportant des références complémentaires. En revanche, pour le reste, vos confidences concernant vos activités nocturnes et goûts musicaux, on s’en ….royalement. Mais cela, vous le saviez déjà……

06/08/2011, 11:11 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Yves Besançon le 06/08/2011 à 10:35

@ Yves Besançon

Utopart est animateur de l'initaiative : PLAZA DE MAYO >> 158 JOURS << PLAZA DE TODOS -------- L'anti OVNI ou l'étoile qui ne voulait pas filer !!!

et c'est dans cette optique que son message doit être lu...Clin d'oeil

06/08/2011, 11:12 | Par utopart

@ monsieur Yves Besançon

Etant donné le nombre de commentaires suscités par votre billet, et malgré l'expertise dont vos écrits semblent témoigner, il est peut-être prudent d'en conclure que les abonnés de Médiapart sont plus enclins en ce moment à se préoccuper de leurs loisirs, qu'ils soient nocturnes ou diurnes, qu'à sauver l'Euro ou apprécier l'impact de le la dégradation de la note des Etats-Unis par Standard and Poor's.

Et comme en tant qu'abonnés à ce média de grande qualité, nous faisons partie des citoyens du monde en quête permanente de l'information la plus pointue, imaginez donc ce que les autres, les moutons bêlants qui noircissent les autoroutes tous au long de l'été, gavés d'infos parfaitement formatées, en ont à faire des sujets dont vous vous préoccupez fort justement.

C'était ma façon de vous le dire, non pour vous mettre en cause ou dévaloriser votre billet, mais pour vous ramener à une triste réalité.

N'oubliez pas que l'orchestre du Titanic a joué jusqu'à ce que le paquebot s'enfonce dans les flots glacés.

06/08/2011, 11:15 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de utopart le 06/08/2011 à 11:12

les abonnés de Médiapart sont plus enclin en ce moment à se préoccuper de leurs loisirs, qu'ils soient nocturnes ou diurnes, qu'à sauver l'Euro ou apprécier l'impact de le la dégradation de la note des Etats-Unis par Standard and Poor's.

@ utopart

Ceci est faux et vous le savez mieux que qui conque en tant qu'animateur de la plazza de Mayo !!!

Pourquoi l'avoir dit FurieuxFurieuxFurieux

08/08/2011, 12:29 | Par Yves Besançon en réponse au commentaire de utopart le 06/08/2011 à 11:12

@Utopart

Il vous a certainement échappé que ce blog est aussi un blog informationnel et pédagogique ne s’adressant pas seulement au club de Médiapart, mais consultable par tout citoyen, abonné ou non, curieux de s’informer en Économie politique et doté d’une ligne internet…..et qui n‘agite pas une petite clochette sous la fenêtre d‘Utopart à chaque visite. Par ailleurs, si de votre côté, vous cherchez peut-être à faire du chiffre, sachez que d’autres horizons sont également possibles dans le plaisir d‘animer un blog, et que, pour les commentaires, quantité et qualité ne sont pas toujours des réalités intimement confondues, loin s’en faut….

En final, voyez-vous, il n’y a rien à conclure sur les abonnés de Médiapart, si ce n’est, probablement, que les questions de l’euro n’intéressent pas Utopart (mais cela ne nous regarde pas) et il n’y a point de triste réalité dans tout cela. La croisière sur le paquebot de l’Économie politique volontairement imprudent continue de voguer à travers les océans du monde. Merci quand même pour vos bonnes intentions…..

 

06/08/2011, 11:58 | Par Michel P.

 

Sauver le bateau de l'euro.? Mais comment faire puisque ce bateau est sans fond.? L'euro est une monnaie "inachevée" et nos politiques ne font que mettre en place des bouchons provisoires pour l'étancher mais sans succès, comme on le voit actuellement.

06/08/2011, 17:23 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Michel P. le 06/08/2011 à 11:58

Revenir à l'Europe des 6 est plus qu'urgent pour que l'on puisse parler de monnaie commune !!!

08/08/2011, 11:50 | Par Yves Besançon en réponse au commentaire de Michel P. le 06/08/2011 à 11:58

Vous avez raison, l’euro est bien une monnaie " inachevée ". Comment une monnaie peut-elle vraiment servir les intérêts d’un ensemble si l’union monétaire ne s’accompagne pas d’une souveraineté politique ?……mais une souveraineté politique des peuples et non de nos argentiers ! Revenir aux monnaies nationales, avec ou sans système de gestion des fluctuations du change comme l’ex-SME, serait un retour en arrière avec une régression économique sans précédent dans l’histoire des économies européennes : retour à une contrainte extérieure assassine (cf. le passage de l’article l’expliquant) d‘autant plus que l‘économie française témoigne comme dans le début des années 80 de sérieux problèmes de compétitivité structurelle (cf. les déficits inquiétants de notre balance commerciale) ; guerre entre les monnaies européennes avec des dépréciations compétitives incessantes pour exporter en vain la récession en dehors de ses frontières ; instabilité des changes renforcée, coûteuse pour les entreprises obligées de se protéger sur les marchés à terme et enclines à moins investir dans un contexte d’une incertitude accrue….et instabilité des changes amplifiée par la spéculation sur les marchés des changes ; augmentation des taux d’intérêt (contrainte extérieure resserrée et prime de risque accrue) pénalisant l’investissement productif et aggravant la crise des dettes publiques ; asservissement et enlisement d’une Europe éclatée avec des monnaies ne pouvant pas faire le poids dans un futur SMI dans lequel des géants émergents vont s’imposer ; etc….

Sauver l’euro ? …..c’est donc bien faire aboutir un processus inachevé : l’avènement d’une souveraineté politique européenne des peuples.

08/08/2011, 11:51 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Yves Besançon le 08/08/2011 à 11:50

Comment une monnaie peut-elle vraiment servir les intérêts d’un ensemble si l’union monétaire ne s’accompagne pas d’une souveraineté politique ?……

@ Yves Besançon

Bonjour,

Je constate, atteré à la puissance 10, que "Monsieur" Standart and poor, n'a pas d'identité, de nationalité, de responsabilité et nous assassine tous !!!

Je viens de faire le lapsus "Satandart" pour Standart...

Que faire de plus pour arrêter votre avis d'asservissement et enlisement d’une Europe éclatée avec des monnaies ne pouvant pas faire le poids dans un futur SMI ?

J'y réfléchis et j'appuie sur les touches !!!

A bientôt.

Amitié.

 

 

08/08/2011, 11:35 | Par Fantie B.

"la redéfinition des statuts et des missions de la BCE avec notamment la mise en priorité première de la lutte contre le chômage pour la politique monétaire commune ; la mise en oeuvre d’une réelle politique de change de l’euro ; l’instauration d’une régulation macroprudentielle mettant au service de l’économie réelle la sphère financière (les marchés financiers et un système bancaire de plus en plus fort de par sa concentration accrue en ces temps de crise ) et réduisant le risque systémique, etc." (Yves besançon)

Vous êtes bien trop raisonnable, et comment les fabuleux profits possible actuellement sur des jeux d'écriture pourraient-ils se faire, alors ?

Mais quel empêcheur de jouer en rond !

Heureuseusement que nos dirigeants européens, et ceux qui aspirent à l'être, ne vont pas vous écouter, afin que tout continue tranquillement * comme avant.

 

(*tranquillement - ou presque - il suffit pour ça que les medias continuent eux dans ce qu'ils savent si bien faire, le brouillage, en nous proposant leur masse, manne, d'informations divertissantes. L'aveuglement, faut que ça s'entretienne)

08/08/2011, 11:55 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de Fantie B. le 08/08/2011 à 11:35

@ Fantie B.

J'aime beaucoup votre humour au 2ème degré avec un peu d'appréhension qu'il ne soit pris au 1er degré...Angoissé

11/08/2011, 22:25 | Par Yves Besançon en réponse au commentaire de Fantie B. le 08/08/2011 à 11:35

......Vous avez bien raison Fantie, tourner en rond pour se faire des ronds avec notre pognon, telle est leur vraie devise…en utilisant bien sûr celle de l’euro…..

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