Thématiques du blog
Entre le sarkozysme et le pluralisme de l’information, il faut choisir…..
Ce billet reprend juste le commentaire que j’ai laissé sur le fil de la discussion à la suite de l’article de Laurent Mauduit : France Inter : écoutez la dépendance! Il n’a d’autre intention que de se rallier à l’indignation face à la mise sous surveillance et discipline des médias publics par le pouvoir sarkozyste, grâce au retour de la bonne vieille pratique de la nomination directe des directeurs des médias publics par le Monarque (et/ou de sa bien aimée….). Le cordon entre le pouvoir exécutif et l’information sur les ondes audiovisuelles publiques avait été coupé, très symboliquement et en apparence seulement, par la suppression définitive par la loi de mai 1974 du ministère de l’Information, mais il faudra attendre l’alternance politique de 1981, avec l’élection de François Mitterrand, pour que soit enfin remise en cause la toute puissance de l’emprise du pouvoir exécutif sur les médias, notamment par la loi du 29 juillet 1982, qui proclame fièrement que "la communication audiovisuelle est libre" même si elle reste encadrée. C’est par la loi organique n°2009-257 du 5 mars 2009, confirmant la peur et le réel mépris de Nicolas Sarkozy et de sa majorité pour le pluralisme de l’information, que le pouvoir actuel rétablit la mainmise directe de l’exécutif sur les médias publics. Comme Louis XI aurait très bien pu s’en entretenir avec notre Nicolas I, lui dispensant quelques sages conseils de despote : "Qui ne sait pas dissimuler, ne sait pas régner." Décidément, on ne répètera jamais assez que la conquête de la liberté d‘expression, mère de toutes les autres libertés, et fruit d’un long combat et de luttes courageuses, n’est jamais une victoire complètement et définitivement acquise.
-------------------------------------
Cher Laurent Mauduit,
Merci de dénoncer le vent de la censure qui sévit dangereusement sur nos ondes publiques depuis que l’Élysée place ses lieutenants chefs pour limiter la liberté de parole des journalistes et contrôler l’information, et cela au service d’un pouvoir corrompu, lui-même à la botte de la minorité possédante. Il s’agit d’un véritable déni de Démocratie !
Comme chacun sait, l’oppression sarkozyste sur les médias publics ne concerne pas seulement France Inter, mais aussi toute la maison Radio France, sans oublier celle de France Télévisions. A travers ce putsch contre la liberté de l’information sur le réseau public, c’est la Démocratie toute entière qui vacille, avec des journalistes, et pour un certain nombre d’entre eux des soi-disant "journalistes", qui trop souvent, se contentent simplement de relayer des informations brutes sans réel esprit critique face au pouvoir, lorsque certains n’hésitent pas à se transformer, purement et simplement, en service de presse du gouvernement et du chef de l’État, par une présentation de l’information insidieusement complaisante à l’égard du pouvoir, dans une servitude obligée (ou malheureusement gravement dévouée pour certains d‘entre eux….). Et la situation, on l’imagine bien, ne s’améliore pas au fur et à mesure que l’on approche de l’échéance présidentielle de mai 2012, et tout cela, s’il vous plaît, avec nos impôts !!!!!!!!!!!!!!
Si l’on porte un regard réellement objectif sur ce qu’est aujourd’hui l’information diffusée par les médias publics, à la lumière des vrais valeurs du journalisme à laquelle on a droit sur des médias comme Médiapart, ou tout simplement avec ses modestes lunettes de citoyen instruit, averti et critique, on ne peut sérieusement plus parler de travail journalistique pour un certain nombre de ceux qui prétendent encore l’exercer, mais d’un simple travail d’animation (et pourtant chèrement rémunéré !) d’une certaine forme de manipulation de l’information, notamment et surtout dans le domaine économique et social. Car, pour un journaliste, ne pas dénoncer les injustices et les impostures lorsque les statistiques et les résultats du journalisme d’investigation sont pourtant bien là en abondance pour les mettre en évidence, en en montrant par ailleurs très limpidement l’origine profonde, à savoir la collusion d’intérêts entre le pouvoir en place et le mur de l’argent, mais, se contenter d’ une présentation à la tonalité "neutre" du point de vue des responsabilités et des intérêts du pouvoir, a fortiori en faire une présentation habilement complaisante, c’est, qu’on le veuille ou non, se faire complice de ce même pouvoir, passivement ou activement, en tout cas complice de ce qui apparaît, à bien des égards, comme de la désinformation au service du pouvoir en place…..Et ce n‘est plus faire un travail de journaliste !!!
Cette complicité propagandiste est tout autant inacceptable et dangereuse pour la Démocratie que celle que pourrait avoir un enseignant vis-à-vis de la colonisation, en en présentant à ses élèves certains soi-disant "bienfaits", sous prétexte de la peur de représailles de sa hiérarchie qui ,elle, justifierait d’en parler au nom du respect de programmes néo-colonisateurs. Non, lorsqu’un pilier de la Démocratie, aussi fondamental que la liberté et l’indépendance de l’information par rapport au pouvoir exécutif, se fissure avec autant d‘évidence du point de vue du pluralisme et de l‘objectivité de l‘information, les vrais journalistes de la maison publique de l’information doivent entrer en rébellion active contre leur direction pour défendre les valeurs de leur métier, et à travers elles, respecter le citoyen et servir l’une des missions les plus nobles du journalisme, celle de contribuer à l’émancipation de la Démocratie !
Merci à Laurent Mauduit, à Edwy Plenel, à l’ensemble des journalistes et du personnel de Médiapart, aux vrais journalistes des médias publics qui essaient encore de résister face au putsch sarkozyste, aux membres du Club de Médiapart, à toutes les plumes (professionnelles ou amatrices) de France et du monde entier,….. qui portent en eux cette mission démocratique de l’information et entendent bien la défendre, sans relâche et sans compromissions face aux volontés de mainmise des pouvoirs dictatoriaux ou faussement démocratiques !
"Je n’aime pas vos idées, mais je me battrai pour que vous puissiez vous exprimer." Voltaire.


Tous les commentaires
Comment ne pas etre en accord completement avec ce que vous exprimez face a ce que nous subissons chaque jour en termes de conditionnement,matraquage et manipulation!! Mais quel est le pourcentage veritable de nos contemporains en ayant une conscience ne serait-ce que superficielle de ce sinistre etat de fait? Pose la question,c'est necessairement deja y repondre et c'est bien cela qui est profondement desesperant!!
Dans le sillage de votre billet, je me permets d'attirer votre attention sur le fait que France Télévision est en train de distiller un poison rédoutable avec coup sur coup, un téléfilm sur ce "pauvre Louis XVI" qui voulait coûte que coûte éviter la faillite de la France, et tout un programme de soirée consacré au Front national...
............pour reprendre les propos de Jean Michel Isebe, matraquage et conditionnement….doublement désespérant du point de vue des victimes consentantes et passives (les téléspectateurs citoyens), et surtout, des complices actifs et passifs d’une telle programmation. J’entends par complicité passive l’attitude qui consiste, au motif invoqué de la "contrainte", à participer à une action tout en étant foncièrement en opposition avec les valeurs qui sous-tendent cette action. Dans cette situation particulière, entre le respect de la contrainte et la fidélité à ses valeurs, il faut savoir choisir (et au préalable en avoir conscience)......et c’est selon......
La situation est grave, en effet. Elle appelle, à mon avis, deux réformes :
- une réforme de la législation sur la concentration des médias et la propriété des médias. Il devrait être interdit que des entreprises dépendant des commandes de l'Etat puissent posséder un ou des médias ;
- une réforme du statut des journalistes. Il est nécessaire, je crois, de réserver le statut de journaliste aux personnes qui cherchent véritablement de l'information. Les simples animateurs (et en premier lieu les animateurs de JT) ne sont que de simples salariés, que l'on devrait assimiler aux employés d'un service de communication d'entreprise.
Entièrement d'accord avec vous, surtout pour une réforme sur la limitation de la concentration du capital dans les médias, indispensable à la séparation entre les quatre pouvoirs. Si la gauche revient au pouvoir en mai 2012, il serait urgent qu'elle légifère en la matière, sinon point de non retour....
FRANCE, Paris manifestation le dimanche 18 décembre partant du métro Belleville à 15H.
Nous sommes des organisations participant sous différentes formes aux luttes des immigrés et aux actions concrètes de soutien.
Si la situation en France pour les migrants et les réfugiés s'est considérablement durcie ces dernières années, tant la solidarité autour des élèves et des parents d'élèves avec le Réseau Education Sans Frontières (RESF) que depuis 2008 les grèves des travailleurs-euses sans papiers ont permis de modifier le regard de la population en leur direction.
Nous entrons dans une phase de débats électoraux où nous souhaitons faire entendre la voix de la solidarité, de l'hospitalité et de la fraternité.
Nous répondons donc à l'appel lancé par le Forum mondial migration de Quito d'octobre 2010 et le Forum social mondial de Dakar de février 2011 en nous engageant à faire connaître dans notre presse et sur nos listes de diffusion l'appel à ce que dans le plus grand nombre d'endroits possibles en France se tiennent autour du 18 décembre des initiatives exigeant une politique de solidarité réelle, juste et généreuse.
Nous appelons également à la ratification par la France de la Convention de Nations Unies « Pour les droits des travailleurs immigrés et des membres de leurs familles ».
Nous souhaitons que nos structures locales, nos adhérents se rencontrent et construisent ensemble ces initiatives, qui feront par delà nos différences, de cette Journée Globale Migration, un moment fort de débat.
À Paris, nous appelons à une manifestation le dimanche 18 décembre partant du métro Belleville à 15H.
Info: Jean-Jacques M’U éditeur www.abceditions.net
www.mediapart.fr/club/blog/jjmu
…..c’est bien noté Jean-Jacques M’U et merci pour toutes vos précieuses informations….Et mille solidarités avec votre combat pour le respect des droits des travailleurs immigrés et de leurs familles, si malmenés en ces temps de pêche préélectorale aux voix de l’extrême droite (et de chasse à l'immigré) à laquelle se livre Sarko et toute sa clique…..une véritable claque portée à la déclaration des Droits de l’Homme qui n‘oublie pas, au demeurant, ni 1789.………ni 2012 !
Je m'étonne d'ailleurs de ces deux lois des jours derniers que je trouve plutôt positivement à gauche, sur le droit de vote des étrangers, et sur la pénalisation des clients de la prostitution.
Il y a une contradiction avec les discours des Guéant, Besson et autres Hortefeux. Je ne comprends pas bien la manœuvre du strict point de vue de leur logique ultra-xénophobe (80 % des prostituées sont des étrangères en statut très précaire, et près de 100 % des clients sont de leurs amis, hommes d'affaires, entrepreneurs, cadres, dirigeants, mariés et pères de famille.).
Quelque chose m'échappe : où est l'entourloupe ?
Jean-Jacques M’µ
…......Peut-être que la logique ultra-libérale serait derrière tout cela : diminution de la clientèle de la prostitution et réarbitrage du revenu disponible au profit d’une hausse de la consommation finale des ménages, d’où une hausse des rentrées fiscales et une réduction du déficit budgétaire…….je sais, c’est un peu tiré par les cheveux, d’autant qu’il ne doit pas échapper à ces messieurs que les prostituées payent aussi des impôts….Mais bon, nous parlons bien de la clique qui nous gouverne….