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Le 29 octobre 2010, Zones d'attraction recevait Judith Butler sur Radio Libertaire.

 

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Depuis plusieurs années déjà, tout un travail de traduction a contribué en France à la réception de l’oeuvre de Judith Butler, et a permis de la situer dans la pluralité des féminismes américains.

Longtemps, les zélateurs de l’ordre républicain en France n’ont voulu voir dans cette pensée que la pointe avancée de revendications identitaires ou communautaires.

Funeste contre-sens alors même que ce travail, au croisement du féminisme et du mouvement gay et lesbien, n’a jamais cessé d’opérer la critique radicale de tout essentialisme, de tout différentialisme, et de récuser par avance toute identité achevée et toute posture moralisatrice, fut-elle habillée des apparences de la subversion.

C’est qu’on ne nous achève pas comme ça, nous qui pouvons incessamment déplacer, contourner, retourner, subvertir ce qui nous assujettit et nous assigne.

Par-delà leur caractère parfois ardu et philosophique, les textes de Judith Butler nous convoquent à des exigences pourtant bien concrètes, et qui sont celles de la production d’espaces de coopération pour mettre au travail et distancier les normes qui nous constituent, pour produire d’autres figures de vie et de pensée.

Il n’est bien sûr pas indifférent pour nous de recevoir Judith Butler aujourd’hui en France. Nous parlons depuis un contexte précis, celui d’une colère très salutaire qui gronde et s’affronte aux flash-balls et aux matraques, en des lieux aussi différents que raffineries, transports et écoles.

Ce dialogue ne pourra donc se placer que sous le signe d’une solidarité de principe avec la grève de ces derniers jours et de l’espoir de son extension.

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