Loi H P S T Quelle place pour les cadres de santé?
Fin 2008, dans "Carnets de santé", Marie-Claire Chauvancy met en relief les éléments d'une "crise identitaire" des cadres de santé, acteurs mal connus de l’organisation hospitalière. "Au regard de la rapidité de l’évolution du métier d’encadrement en milieu hospitalier, ces professionnels ont exprimé leurs doutes, leurs interrogations sur le devenir et l’évolution de leur profession, chahutée par la mise en place des réformes hospitalières successives."
Pour mémoire: loi du 31 juillet 1983, loi du 31 juillet 1991, ordonnances de 1996 (gouvernement Juppé), loi du mars 4 mars2002 (Kouchner) et réformes « l’hôpital 2007 » et "l'hôpital 2012".
La loi HPST - portant réforme de l'Hopital et relative aux Patients à la Santé et aux Territoires et en particulier le Titre I Modernisation des etablissements de santé interpellent à juste titre les cadres de santé sur leur place dans la gouvernance "moderne" de l'hôpital . En septembre 2009, dans "Carnets de santé" Marie-Claire Chauvancy et Dominique Glutron expriment "un désarroi certain devant le volet hospitalier de la loi HPST".
Résumons la "chaîne de commandement":"Les directeurs des ARS Agences Régionales de santé déclinent les orientations sanitaires décidées par le gouvernement. Le directeur d’établissement décline les décisions prises par l’ARS pour son établissement. Les cadres de santé, sous l’autorité du chef d’établissement, de la direction des soins et du corps médical, font appliquer les directives à leurs équipes."
Quid de la fonction cadre ?
Elle se retrouve réduite à sa plus simple expression : obéir et appliquer. "Sous couvert de modernité, la loi HPST annihile les avancées progressistes des lois , décrets,ordonnances de 1983 et 1995. Elles ont donné à la fonction d’encadrement des missions de management, de gestion financière, de développement des pratiques de soins et de conduite de projets.
Après avoir obtenu un semblant de liberté d’action, les cadres se retrouvent à nouveau corsetés. Doit on comprendre qu’il faut garder à l’esprit cette maxime militaire : « penser, c’est déjà désobéir » ?
Et pourtant, qui peut croire que le pouvoir "managérial" puisse se passer d'écouter et d'entendre les « Cadres de proximité » convaincus - encore ?- que leur rôle est auprès de « leurs malades » et de « leurs équipes » ?
Au directeur et au directoire de s'assurer , sous les formes adaptées à chaque situation, que la "chaine de commandement"
a la capacité d'écoute de la chaîne d'informations remontant du terrain.
