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Alain Corbin au secours du roman national

Alain Corbin au secours du roman national. Dans Le Monde daté du 11 septembre 2009, Alain Corbin évoque mon ouvrage récemment paru L’histoire Bling-Bling (lire ici).

. Il le fait avec beaucoup de malveillance et sans effort de compréhension du propos manifestement trop rapidement parcouru. C’est bien sûr son droit. Mais il le fait aussi avec malhonnêteté, ce qui mérite réponse.
- Je serais un « ardent défenseur » des lois mémorielles. C’est faux, je ne le suis en rien, j’essaye de faire la part des choses et prend 15 pages (p. 104 et suiv.) pour discuter des arguments et contre-arguments sur ce sujet, en pensant qu’il reste possible pour un pouvoir démocratique de légiférer sur le passé sous certaines conditions (p. 114-115).
- Je serais aussi un chaud partisan de la « repentance » et de la « contrition ». Là aussi, non seulement je n’ai jamais repris ces termes à mon compte mais en plus, je ne défends en rien leur contenu dans le livre mais simplement un dialogue ouvert avec les revendications mémorielles.
- Je n’ai jamais écrit que les trois dates du 14 juillet, du 11 novembre et du 8 mai étaient dépourvues de « sens profond ». D’autant moins que je pense le contraire (p. 94 : « leur importance évidente et la force de leur symbole »), Simplement je considère qu’elles ne peuvent plus être un axe central et prioritaire des commémorations.
- Les historiens qui s’inquiètent à l’excès des mémoires communautaires seraient des « pleutres ». Ce registre de vocabulaire n’est pas le mien. Je n’ai rien écrit de tel. Je considère simplement que les dénonciations qu’ils mènent sont fondées sur une conception discutable du lien social.
- Je ferais péché d’anachronisme en évoquant l’esclavagisme de Napoléon. L’auteur a lu ici trop vite, encore, je ne fais que rapporter un débat qui m’est étranger (p. 103-104). Cet enjeu participe de fait des débats contemporains sur l’histoire dans l’espace public qui sont l’objet du livre.
- Je ne fais aucun éloge particulier de Jacques Chirac, loin de là. Simplement comme historien j’essaye de poser des éléments de comparaison, de saisir des évolutions d’un Président l’autre.
Quant à m’imputer une perspective chrétienne de contrition et de conciliation c’est une christianisation forcée qui s’inscrit bien dans l’ensemble des propos que l’auteur défend ici...
Alain Corbin voudrait-il, par un texte si outré, faire l’éloge à peine déguisé du retour à l’« identité nationale » de Nicolas Sarkozy ou simplement défendre ses pairs engagés dans un tel combat ?

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