La Route du Rock en images
Mediapart a suivi le festival de la Route du Rock, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), ce week-end. Compte-rendu en images.
JOUR 3
Ce n’est pas cette année que la Route du Rock épongera ses 100.000 euros de dettes. Pour sa 19ème édition, le festival malouin a enregistré une baisse de 10% de sa fréquentation par rapport à 2008 avec «un peu plus de 15.000 entrées».
Qualitativement parlant, le «plus petit des grands festivals», (dixit son directeur, François Floret), est pourtant en grande forme. «On est un petit festival qui a acquis une aura nationale, explique Floret. On bénéficie vraiment d'un respect de la part des grands medias qui nous va droit au coeur et qui nous permet d'avancer et de survivre».
Et si démonstration il y avait encore besoin, la dernière journée de la Route en a été une belle preuve. Pour ce "Jour 3", les organisateurs ont fait preuve de douceur : les sonorités folk de Bill Callahan et Andrew Bird, la pop baroque de Grizzly Bear et le Français (enfin un!) Dominique A, venu présenter son dernier opus, «La musique / La Matière», sorti en avril.
Incontestablement l’une des meilleures prestations de ce week-end, l’ex Smog, Bill Callahan (photo ci-dessus), a dorloté un public réduit (et on ne va pas s’en plaindre), à l’heure où le soleil passe au rouge. Tout en sobriété (Voir les images sur le site d’Arte). Dans la même veine, Andrew Bird a pris la suite. (Les images ici).
A Dominique A (photo ci-contre), tête d’affiche et seul artiste francophone de cette 19ème édition, de réveiller tout ça à 22 heures. Pas difficile quand on sait qu’entre lui et le public malouin, c’est une longue histoire d’amour – il compte, depuis 1993, pas moins de quatre participations à la Route du Rock. Peaches mise à part, il aura été le seul à créer un réel lien avec son public durant le concert. Intimidé, en regardant l'ampleur de la foule: «J’aimerais vous y voir !». Drôle, quand un fan, entre deux chansons, lui crie «Je t’aime»: «Tu ne me connais pas…». Pour le reste, ça fonctionne. Ca décolle même avec «Le courage des oiseaux».
Bouquet final avant soirée électro (Simian Mobile Disco et Autokratz) avec Grizzly Bear et leur envoûtant «Veckatimest», dont le magnifique "TwoWeeks".
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JOUR 2
Après un vendredi noir, où on aura perdu 20% de nos capacités auditives (et quelques bras pour l'un de nos confrères), le jour 2 de la Route du rock avait tout d’une promenade de santé colorée.
Samedi, la tête d’affiche avait deux noms: The Kills et Peaches. Pendant que le duo anglais jouait les caricatures du rock sur scène (clope au bec et dandinements langoureux pour elle, déhanchés façon décharges électriques et regard dans le vide pour lui), la chanteuse canadienne faisait la peau de vache en dédicaçant son dernier album, «I feel cream», au stand à côté de la scène.
Il en fallait plus pour perturber The Kills et leur armée de teenagers en jean slims. Même si le duo est plus concentré sur lui-même que sur son public (Jamie Hince aura juste lâché un «we've got some problems» pour excuser les soucis techniques – c’est ça aussi la rock attitude-je m’en foutiste). Malgré la grippe de «VV» (Alison Mosshart), la sauce prend plutôt bien dans le fort Saint Père. U.R.A Fever ; Getting Down ; I put a spell on you pour finir. Minuit passé, rideau. Le duo sort de scène en sueur et s’engouffre dans sa loge.
Car chez la punkette canadienne, les strass et paillettes font 50% du show, ses provocations les 50 autres. «I know you want me to be dirty. I know you want me to be a slut» («Je sais que vous voulez que je sois sale, que je sois une salope»), lancera-t-elle plus tard sur scène. Les provoc ont d’ailleurs commencé quelques heures plus tôt lors de la conférence de presse, lorsque Peaches a proposé «un guide pour s'insérer un tampax dans le cul», à un journaliste qui lui demandait si elle proposait «des fiches cuisine, des cadeaux, des trucs pour faire ses vêtements soi-même lorsqu'on a plus assez d'argent, après avoir payé sa place, pour s'acheter un album».
Mais sur scène, la canadienne assure comme à la maison. Dès la deuxième chanson, la voilà en train d’escalader les barrières qui la sépare du public, marchant et slamant sur la foule. Sans fausse note. Elle parvient en tout cas à réveiller le fort en faisant tomber les chemises: «I want you to do something for me. I want you to take off your shirts!». Elle n'oubliera pas les classiques avec le (toujours) très attendu «Boys wanna be her». Et termine avec un «J'espère que vous me connaissez un peu mieux maintenant, Route du Rock!».
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JOUR 1
Le fort Saint-Père par temps de Route du Rock : son flot de festivaliers campeurs avec pack de bières et tentes Quetcha, ses stands de merguez et de galettes, ses verres recyclables, ses guitares qui résonnent intra muros.
Les novices seront étonnés de débarquer les pieds dans le sable - la poussière - plus que dans la boue et l’herbe. Ils seront peut-être aussi soulagés de voir que le festival ne compte de Parisiens que les journalistes, massés autour du bar de l’espace V.I.P., à gauche de la grande scène. Pour les autres, rien de nouveau. Le festival est toujours debout avec une programmation pointue et originale, et ce malgré les dettes (il est encore débiteur de quelques 100 000 euros).
Faute d’attendre The Horrors, forfaits, la foule se pressait vendredi soir pour My Bloody Valentine (MBV). Le groupe irlandais des années 1980, reformé en 2007après dix ans d’absence, accordait aux Malouins son unique date en France.
Avec MBV (photo ci-contre), on aime ou on quitte la fosse. Avant le concert : Les fans – les vrais – ricanent en pensant aux décibels qui vont faire fuir les premiers rangs – et plus. Après : les autres se plaignent que c’était trop fort.
Peu avant minuit, les guitares se calent sur une note dans un tunnel de dix minutes sur You made me realise. Un passage obligé chez MBV.
Plus tôt dans la soirée, Deerhunter avait accueilli les spectateurs avant d'aller enchaîner photos et interviews. Interviews que son chanteur, Bradford Cox, a préféré poursuivre dans sa chambre avec la meute de journalistes, sous l’œil agacé des vigiles Shark Sécurité.
Bref, outre Tortoise, (un peu de calme à l'heure des merguez-frites), la soirée Jour 1 aura été marquée par une overdose auditive. Car aligner MBV et A Place to bury stranger en deux heures, "c'est un peu comme enchaîner MacDo et Quick", dixit fluctuat.
Avec ou sans bouchons, les oreilles auront souffert, vendredi. Pas grave, car le festival malouin conserve un éternel avantage: il ne termine pas à l'heure du dernier métro.
A lire: le reportage d'Alter1fo, le mag internet rennais.
