Reprenons la main!
Jean Lacassagne est militant PS à Périgueux et conseiller fédéral de Dordogne, «membre de Désirs d'avenir depuis sa création».
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Passées les européennes et leur choc pour le PS, la direction a choisi de se dédouanner de la réalité socialiste...par des postures attentistes, par la présence de paravents rénovateurs fictifs (secrétariat national à la rénovation, laboratoire des idées) et par le classique "tout le monde au travail" qui n'a pour seule vocation que de mettre un couvercle sur la cocotte minute socialiste, en espérant ainsi éviter l'explosion!
Il n'est plus possible de ne rien proposer, de continuer à présenter un PS atone en essayant de gagner du temps pour arriver à la prochaine campagne régionale… et là une fois encore, tenter de serrer les rangs et de mener la campagne sans qu'aucune clarification politique n'aura été menée.
Un parti, de l'importance du PS, se doit de tirer "à froid" toutes les conséquences du congrès de Reims et des fraudes qui ont suivies, des pratiques indécentes de nombreuses grandes fédérations....et c'est à nous collectivement de nous interroger sur le fonctionnement de la démocratie interne socialiste, sur l'insuffisance de coordination et de dialogue entre Solférino et les fédérations, sur une écoute de la base insuffisante (à quand les consultations militantes?).
Comment évacuer aussi des questions aussi décisives que la formation militante, le renouvellement des cadres, élu(e)s? Comment continuer à snober le "non cumul" des mandats, la diversité, le rééquilibrage sociologique interne ou l'accroissement des responsabilités en faveur de nos consoeurs? Comment ne pas penser à remettre au coeur les convictions et la volonté politique, tout en luttant contre les carriérismes excessifs?
Comment justifier que l'accumulation d'échecs politiques nationaux et d'importance, n'entrainent pas de remise en cause "automatique" et un renouvellement "normal", sans drame et organisé d'équipes (comme en Europe, au sein même des partis socialistes européens) dirigeantes?
Si beaucoup de militant(e)s ont pris du recul, dans l'indifférence générale de Solférino, c'est justement qu'il y a une double déception...une absence de réponse aux attentes de "refonte interne" du PS et de ses pratiques, combinée à une forte envie de retrouver des temps "politiques" plus forts, plus idéologiques et en même temps plus festifs/dynamiques..où nous serions tous derrière un authentique projet socialiste, de gauche et mobilisateur.
Ce n'est pas en tentant de faire croire que l'on se remet uniquement "au travail" en petits grupettos à Solférino, en fermant les yeux sur la vie interne et les avis des militant(e)s, que le PS va régler l'ensemble du passif... et les sympathisant(e)s, les citoyen(ne)s sont lassés de voir que le PS ne veut pas assumer ses responsabilités, prendre les décisions qui s'imposent au niveau national en s'appuyant sur les fédérations efficaces, les sections dynamiques, la société pour recréer une véritable dynamique attendue par une grande partie de la gauche dans cette période de crise.
Avec la communication moderne, internet, Facebook...le PS ne peut plus être en retard d'un train technologique, ne doit plus diffuser des vidéos ringardes (voir le making off de La Rochelle sur Dailymotion, retiré..au bout de cinq jours !) ou publier un Hebdo qui n'est en rien à destination de l'ensemble des militant(e)s socialistes, et qui n'est pas le reflet des pensées/débats socialistes que l'on ressent au quotidien en échangeant avec des militant(e)s de toutes sensibilités...
La droite sarkoziste ne nous a pas attendu, elle détient la plupart des médias et un savoir faire, elle fera tout pour nous torpiller collectivement...alors c'est pourquoi nous n'avons pas le droit de décevoir, de continuer à produire ce feuilleton meublé par des postures opportunistes, des menaces surréalistes (hier Valls et qui demain ?) ou de divisions (factices ou réelles).
Pourquoi faire croire à de faux débats participatifs pour faire du Ségolène...sans Ségolène, sans les militant(es), sans les sympathisants et dans des salles vides ou tristes, sans entrain ni enthousiasme?! Collectivement, nous n'avons pas à jouer le coup d'après...à capituler de fait devant la droite pour 2012 et à assister impuissant aux débauchages ou autres trahisons, alors que notre but c'est justement de nous mettre en capacité de créer, enfin, un mouvement dynamique (à vocation forte en terme de rassemblement) à l'intérieur du PS et dans sa proximité... qui serait décisif et acceptable aussi pour l'ensemble de la gauche + verts (voir des modérés), et qui nous donnerait une chance réelle pour 2012 avec une nouvelle espérance crédible favorisant la forte mobilisation, en particulier, des quartiers populaires.
Il ne s'agit pas de participer à la course permanente, affaiblissante autour des multiples et présumés candidats à la candidature présidentielle, mais de tout mettre en ordre au préalable pour être crédibles auprès des citoyens et espérer ainsi pouvoir, en temps utile, pousser dans l'unité mobilisatrice (sans planquer les affiches ou les tracts sous la table !) notre candidat(e) de gauche et que l'envie de changement l'emporte, au delà d'une simple alternance mais par une véritable adhésion populaire...
Reprenons la main. L'avenir du socialisme "modernisé" et de notre parti passe surement par un renouveau des débats "de fond" avec prise en compte réelle, par l'organisation de journées ou de congrés uniquement dédiés à la définition de lignes politiques, d'orientations thématiques et clairement séparés des désignations, questions d'égos ou des cuisines de courants.
Reprenons la main. En tant que militant(e) réclamons qu'on ne nous vole pas, une fois de plus ce débat car il en va de l'avenir même du PS, et d'éventuelles transformations/refondations...pour qu'enfin avec fierté nous sortions collectivement plus forts, plus unis, et prêts à simplement servir humblement au niveau national les citoyens, tout en gardant notre role essentiel au niveau local, en soutien au plus près de la population exaspérée par le sarkozysme débridé, les reculs sociaux et le désengagement de l'Etat pour les ruraux.
Quittons les rivages de la résignation !
