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Photo & cinéma: Lussas fait son séminaire

Quelles analogies entre les mises en scène d'une image et d'un film? Comment une image acquiert-elle son autonomie? Le travail photographique exclu-t-il nécessairement la narration? Comment dépasser le simple rapprochement du temps cinématographique et de l'espace photographique?Pour tout passionné de photo et de cinéma, amoureux des étourdissements temporels de La jetée de Chris Marker, des digressions précises et rêveuses de son Sans soleil, Lussas programmait cette année un rendez-vous immanquable. Pour la première fois, le festival s'essayait à un petit exercice moins didactique que (volontairement) expérimental : associer un film à un travail photographique, établir des ponts, creuser les limites des deux arts, sonder leurs points communs, expliquez l'origine d'affinités électives si joliment campée notamment dans l'œuvre de Chris Marker... bref, parler de tout cela ensemble, pendant quatre sessions reparties sur une journée et demie.
Lundi matin, ce devait être un échange autour de Ce monsieur doit rentrer chez lui , au cœur du travail de la Cimade avec les sans-papiers, et de l'image de Madeleine Bernardin Sabri :

Le soir, ce fut notamment La lettre à Freddy Buache, de Jean-Luc Godard, choisie par la photographe Claire Tenu, :

 

Entre les deux s'était intercalée une œuvre curieuse, Bingai (littéralement «retenir l'amour»), ou le récit du combat d'une femme contre la délocalisation de son foyer pendant la construction du barrage des Trois gorges.
100 personnes, dont le ministre de la culture et sa suite, une salle attentive qui participe remplis de "regardeurs". Après deux heures d'un film «ennuyeux», comme le concèdent les intervenants eux-mêmes, on en vient au travail de Maxence Rifflet (consultable ici) désireux d'identifier les qualités de son "image, qui font de ce travail plus qu'une banale vue descriptive" du site de construction du barrage, où des terrains cultivés subsistent parmi les travaux de terrassement :

"Il y a une tradition de la vue, nous dit le photographe, qui est une tradition descriptive. Et cette exigence de description et de précision topographique s’oppose à priori au travail de l’imagination. C’est notamment ce que Baudelaire reprochait à la photographie. Dans le cadre de cette image, il y a d’une part un double déplacement du regard : le premier, c’est une vue du barrage des Trois Gorges. Ensuite, quand on regarde, on s’aperçoit qu’il y a des plantations, et notamment des plantations temporaires puisque nous sommes à proximité d’un chantier. Cette image met au final plusieurs élements juxtaposés qui produisent une forme de dramatisation : on comprend qu’il y a un événement qui est raconté. C’est le deuxième niveau de lecture."

Et le cinéma dans tout ça?

 

 

 

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