Ven.
10
Fév

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Les lutteurs roulent à l’huile

Pour la 648e année consécutive, la ville d’Edirne a accueilli son traditionnel festival de lutte à l’huile.Une compétition unique au monde qui prend ses quartiers au mois de juillet sur la célèbre île de Kırkpınar. Une manifestation populaire à souhait et un rendez-vous incontournable pour les curieux de la culture turque.

Située à deux heures et demie d’Istanbul, Edirne est connue historiquement pour avoir été la capitale de l’Empire ottoman de 1416 à 1453, traditionnellement par ses combats de lutte à l’huile. Le stade y est moderne pour un sport d’un autre temps. Les combattants qui défendaient autrefois l’île s’enduisaient d’huile pour se protéger des moustiques, l’huile est aujourd’hui ce qui caractérise cette compétition dans le monde entier. Au son rythmé des davulcu, joueurs de tambour, les pehlivan, appellation traditionnelle des lutteurs, se plient respectueusement aux coutumes d’un cérémonial bien huilé, durant lequel ils se saluent à de multiples reprises.

Le combat, d’une durée de 55 minutes maximum depuis une réforme en 1975, s’engage ensuite  sous le cagnard dans la prairie d’Edirne. Chaque combattant doit en plus porter un pantalon traditionnel appelé « kispet », d’un poids de treize kilos, enduit également d’huile, rendant toute prise délicate. Une des techniques surprenantes pour un lutteur consiste alors à placer sa main dans le pantalon de son adversaire afin de le maîtriser.

L’édition 2009 a vu la participation de 1 578 combattants de tous âges et originaires de toutes les régions turques. C’est un lutteur d’Antalya, Mehmet Yesil, qui remporte cette année le titre de « bas pehlivan » et les 100 000 dollars qui vont avec. Entre 8 500 à 10 000 spectateurs ont assisté aux trois jours de compétition. Parfois venus en famille, les adeptes de lutte à l’huile viennent également profiter de l’ambiance festive qui règne autour du stade avec les nombreux restaurants, bars et petits commerces, ou bien encore la fête foraine installée pour l’occasion.

Le président turc Abdullah Gül, a pris pour habitude d’assister à la finale, donnant encore plus de poids à l’évènement.  Le troisième jour des combats, celui des finales, est aussi celui où l’on prépare la saison suivante. L’appel d’offre pour les candidats voulant devenir actionnaire principal a lieu dans le stade même, alors que les combats se poursuivent. Pour 250 000 TL, c’est l’actuel actionnaire qui conserve la main sur le site pour l’année 2010. Un défilé main dans la main des candidats ayant voulu faire vivre une tradition, et lui donner les moyens de perdurer, peut ensuite se dérouler sous les applaudissements d’une foule reconnaissante.

 

Adrien Godet

Newsletter
Je m'identifie