Jeu.
18
Déc

MEDIAPART

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Article d'édition

L'auditorium de Bordeaux

              Le feuilleton de l'Auditorium de Bordeaux a pris fin, avant hier, avec l'inauguration officielle. Tout le monde s'en félicite, à juste titre. Mais les abonnés au Grand Théâtre (je m'obstine, personnellement, à continuer de l'ainsi dénommer, alors que quelque communicant snob a cru bon de le débaptiser et de lui donner de l'Opéra) avaient pu, quelques jours auparavant, le découvrir dans un très beau programme de musique française -Ravel, Debussy, Dutilleux (avec Anne Gastinel, cette jeune violoncelliste qui se joue des difficultés redoutables du concerto de Dutilleux) - ; j'étais à la générale, le matin même du concert, et c'était une expérience extraordinaire que d'être ainsi plongé dans un bain de musique - tant l'accoustique est remarquable.

             Je ne vais pas raconter les différents épisodes d'une très longue histoire qui ont retardé le chantier pendant de nombreuses années - l'amiante dissimulée dans les sous-sols de l'ancien cinéma le Gaumont, les fouilles archéologiques inévitables lorsque l'on creuse un peu dans le centre historique d'une ville comme Bordeaux et qui ont permis d'amener au jour un quartier d'artisans des premiers siècles de notre ère, les querelles entre le promoteur et l'entreprise de BTP pour cause d'impayés, etc. Le résultat est là et il est magnifique. L'architecte Michel Pétuaud-Létang a su surmonter tous les obstacles et proposer des solutions innovantes et élégantes - comme les balcons et les corbeilles qui sont  comme détachées du mur pour permettre à la musique de mieux circuler et d'envelopper l 'auditeur - comme un système de climatisation miraculeusement silencieux - comme un déambulatoire très large qui entoure toute la salle de concert. Et plein d'autres trouvailles que l'on découvrira au fur et à mesure.

             Il va falloir que l'orchestre apprenne à apprivoiser cet outil - le moindre bruit parasite s'entend, de la salle à la scène, de la scène à la salle - tellement différent de l'affreux palais des sports où il était condamné depuis de trop nombreuses années. Mais c'était chose presque faite au bout d'une semaine. Il va falloir tester la salle avec d'autres formations que l'orchestre symphonique - l'ensemble baroque Sagittarius est programmé pour le mois d'avril, mais aussi un récital de lieder par K. Mattila et bien d'autres encore. Il va falloir l'ouvrir à d'autres publics et à d'autres types de musique que ceux, fort raisonnables, qui en ont eu la primeur.

           Bordeaux qui se targue d'être une ville de mélomanes va enfin disposer d'un lieu idéal et facilement accessible pour alimenter sa passion.

 

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