Mensonges
Des larmes au long des paupières pleines
De toute l’impuissance inouïe
Devant la visqueuse coalition
Des hommes de pouvoir
Au bord du mensonge obscène décollé de la langue
Tu ne sais pas qui tu es
Du sang dans mes yeux pillés, plissés de frayeur triste,
Ouverts en cicatrice sur les hommes égarés
Sur les manoeuvres innommables
De ceux qui n'engagent rien
De ceux qui ne doivent rien
Pantins articulés ensemble
Tu ne sais pas d'où tu viens
Et alors me déportes nulle part
La volonté pliée, la parole conspuée,
Toutes choses équivalentes
Le mensonge vautrit toutes les cavités
Et s'enfile la dignité
Pleurez, pleurez, ce que vous oubliez
Vos pères vendus sur le marché
Tu n'as pas de parole
Un sourire sans nom flotte
Un visage avenant bien pensant
Et derrière le vide
Des paroles comme de l'huile
Qui suinte sourde et se répand
Sur ma peau effrayée immobile
Le monde effondré en moi qui aboie
Pendant que tu flattes le chien commun
Mais rien n'a lieu
