Au tour du bonheur
Quelles définitions peut-on donner du bonheur ? Ce pourrait être...
Lorsqu'on ne pense pas à se demander ce que ce devrait être ?
Lorsque la seule chose qu'on se demande c'est justement ce que c'est ?
Lorsqu'on n'éprouve même pas le besoin de chercher mieux ?
Lorsqu'on pense que tout ne peut être qu'encore plus agréable ?
Ce que ressent le chat qui dort sur son banc dans les premières images de « la clef des champs » actuellement en salles ? Il est clair que les chats n'aspirent qu'à laper...
Pouvoir oublier tout ce qui ne contribue pas au bien-être ?
Comment l'atteindre ? Voici un échantillon non exhaustif de suggestions :
1. Réponse de banquier formaté bien élevé par la télé : « le bonheur est dans le prêt ». Il ne précise pas qu'il parle pour lui, qui s'empâte facilement, et sans aucune empathie, c'est la patte du gain, c'est tout, et ça ne marche pas, évidemment.
2. Réponse de restaurateur : « le bonheur, c'est des mets ». Sans préciser que les pauvres taureaux changés en boeuf sont souvent les vrais chapons de la farce, de quoi avoir les boules, même au réveillon, surtout quand le sot l'itère.
3. Réponse de bibliothécaire : « le bonheur c'est livresque, quel que soit le flan con ». En oubliant de mettre en garde contre les recettes de cuisine : la poule au pot damne, par exemple, c'est bien connu. Alors que l'appeau hésite en vol, avec les oiseaux...
4. Réponse d'un opérateur télécom : « le bonheur c'est simple comme un coup de fil. » Surtout avec l'hameçon bien aiguisé au bout, et le robot pour tirer dessus ensuite, et mettre en boîte plutôt que rendre « allo ».
5. Réponse anonyme : le bonheur c'est de trouver sa voix - enseignement oral bien célèbre du taïauisme himalayen (plutôt qu'alpin, cette version étant plus faite pour l'écrit) - et de bien écouter sans crier.
6. Réponse d'un trop naturellement surdoué du bonheur : croiser un cocker, pas du tout daltonien, et qui s'appelle Joe. Il y en a qui ont vraiment de la chance...
Quelles propriétés du bonheur permettent de le reconnaître ?
1) Un écrivain, qui allait souvent voir ailleurs qu'il y était aussi, aurait indiqué qu'il avait pour effet secondaire d'inciter à dormir : « longtemps je me suis couché de bonheur », écrit-il (et non « longtemps je me suis mouché de bonheur » comme le croient moult ignorants incultes). D'aucuns interprètent la proustade précitée comme ayant une connotation plus sexuelle. À m'éditer ? En tout cas, il est sûr que l'amas de laine peut avoir de nombreuses vertus.
2) Un proverbe conclut à l'inverse, qu'à ceux qui se lèvent de bonheur, appartient l'avenir. Il y en a qui ont essayé, c'est n'importe quoi. Et heureusement, car c'est la galère à entretenir, l'avenir, et c'est évidemment pour tout le monde : pour soi seul il n'y aurait aucun avenir, justement...
3) Le bonheur pourrait faire pleurer : légende pratique pour les gens tristes qui sont pudiques, et qui, il est vrai, s'éloignent de plus en plus de la norme alitée actuellement imposée.
4) Le bonheur rendrait désintéressé et aimable : c'est pourquoi trop croient que c'est par l'inverse qu'ils l'atteindront. Cela ne fait en réalité qu'empêcher tout le monde d'y parvenir !
5) Le bonheur permet tout, pour la simple raison qu'il n'existe pas. Contrairement au malheur, hélas, comme n'ont pas fini de dire les grecs en parlant d'eux.
Finalement que dire ? Miss Terre et bull-dog homme ?
