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Édition : CAMédia

Rencontre avec Médiapart, Buoux 2011. Interview d'Aladdin Aboutaleb

Aladdin AboutalebAladdin Aboutaleb est le réalisateur du film «COMA», un film d'animation qui sera projeté à Buoux le 27 et 28 août 2011, dans le cadre des films autour du printemps arabe.interview réalisée le 15 juillet 2011 depuis Tunis par Didier Zuili.

Je m'appelle Aladdin Aboutaleb j'ai 24 ans. Je suis né au Caire, En Egypte mais actuellement je vis en Tunisie.

Je suis peintre, sculpteur et réalisateur de films indépendant. Au début j'ai débuté en faisant des bandes dessinées et ensuite, j'ai réalisé un certain nombre de films d'animation de courte durée.

Depuis 2005, j'ai décidé de consacrer mon travail à des films qui traitent de questions philosophiques et qui tentent de proposer des solutions politiques. En 2005, j'ai réalisé un film d'animation intitulé MAZAMIIR (2 minutes) qui traite de l'intolérance idéologique comme celle produite par certains courants religieux, puis j'ai fait COMA (7mm) poursuivant ainsi le même champ d'investigation.

Je peins depuis que je suis tout jeune. Le cinéma a toujours représenté un intérêt majeur pour moi. C'est pour cette raison qu'à 15 ans j'ai commencé à utiliser différentes techniques d'animation et que j'ai réalisé mon premier film MAZAMIR. Réaliser des films d'animation me permet aussi de respecter mon style graphique.

Réalisez-vous seulement des films d'animation ?

Oui, pour l'instant je ne réalise que des films d'animations, mais j'ai d'autres projets. Il est important pour moi d'enrichir mes recherches sur les méthodes de narration. Ceci étant, il est certain que l'animation est un médium très riche et puissant qui permet de créer d'autres mondes et de faire entrevoir d'autres perspectives tout en restant au contact avec notre vie réelle.

Faire un film d'animation me permet de me sentir libre, d'utiliser création plastique, musicale, mon travail de sculpteur, toutes ces techniques qu'on retrouve un peu dans le stop motion et bien entendu d'utiliser le langage cinématographique.

Tous ces facteurs artistiques confondus apportent une différence très positive qui peut rencontrer l'intérêt de différentes catégories de spectateurs.

Peux-tu nous expliquer la genèse du film d'animation COMA ?

J'ai commencé COMA en 2009. J'ai mis beaucoup de temps à le réaliser. C'est la vie des productions indépendante à petit budget.

Je l'ai fait seul. Dans ce film, j'ai posé la question de savoir comment les dictateurs affectent peu à peu toutes les couches de la société, jusqu'à installer un COMA, un peu comme une paralysie intellectuelle et affective et bien sûr, je veux montrer aussi qu'il est important de tenter de sortir de cette situation de COMA

Pensez-vous que COMA parle des révolutions arabes ?

J'ai fait COMA en 2009, avant les révolutions arabes. Au départ, il n'y avait pas de mouvements de rues. Ce film traite des situations de peur et de la disparition du peuple. Depuis le début, je voulais faire passer un message international qui soit en lien avec mes deux pays, l'Egypte et la Tunisie.

Mais je ne suis pas étonné de ces liens parce que la proximité que j'ai avec mes deux pays est une source d'inspiration permanente. Je ne suis pas étonné que la révolution ait pris place au sein de ces deux communautés oppressées, parce que la liberté est une demande humaine naturelle.

Dans ce film j'ai été inspiré par la situation du peuple en Tunisie et En Egypte, mais je voulais aussi que COMA soit fait pour tous les peuples et qu'il contienne un message international.

Vos projets ?

J'ai plusieurs idées en projet. Je recherche actuellement des opportunités de production appropriées. Comme vous le savez, nos pays manquent cruellement de financements et spécifiquement dans les domaines des films d'animation "traditionnelle"

En ce moment, je travaille sur un projet, de film court intitulé "EL GATTOUSS", c'est l'histoire d'un employé des postes perdu dans la ville, pendant les événements de la révolution Tunisienne et Egyptienne.

COMA est un film d'animation traditionnel en 2D réalisé image par image. Cette technique est caractérisée par une grande capacité d'expression. Pour COMA, J'ai créé plus de 15OO dessins plus, bien sûr, la réalisation et l'écriture du scénario. Ensuite, j'ai ajouté des effets visuels selon des principes de création des surréalistes. C'est-à-dire que je ne voulais pas contrôler l'endroit où les effets allaient intervenir. Je les posais d'une façon aléatoire. Ces scènes-là dans le film sont nombreuses elles expriment bien la pensée humaine et le devenir.

Dans ce film, il était important pour moi de glisser des idées pour lutter contre la routine. Le coma intellectuel résulte d'avoir abandonné à la répression et au terrorisme l'idéal de la liberté.

Les couleurs sombres et un style sombre reflètent ce "coma" ?

Ce film est vraiment écrit pour le cinéma. Il porte, je l'espère, une vision neuve qui pourra à terme déboucher sur de nouveaux projets et impulser, avec d'autres films, de nouvelles lignes de forces, qui dynamiseront le cinéma dans nos pays.

Au niveau de la piste son

La musique et le son ont été créés spécifiquement pour le film. Ils proviennent de différentes sources : sons de la nature, parfois modifiés par des ordinateurs, sons humains, sons concrets issus de la vie domestique, sons électroniques, enfin des musiques inspirées de celles que l'on trouve dans les jeux vidéo.

Est-ce que les révolutions tunisienne et égyptienne ont eu un impact sur vous?

La révolution en Egypte et en Tunisie a eu un impact doublement positif pour moi, parce que ces deux révolutions sont intervenues dans mes deux pays. L'un où je suis né et où j'ai vécu de longues années, l'Egypte, l'autre où je vis aujourd'hui, la Tunisie.

Dans mon film, j'espérais quelque chose comme une révolution. Alors ces évènements ont été doublement heureux pour moi. J'ai ressenti ces victoires doublement.

Aladdin Aboutaleb, COMA, Producteur Ala Eddine Slim EXIT PRODUCTIONS - TUNISIE

Le programme de la "Rencontre avec Médiapart" est ici

Le bulletin de réservation est

 

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