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Toucher un cheval

Edition :

Toucher un cheval : des moments intimes.

Bien sûr, chacun pense au jour où sa main à caressé l'encolure d'un cheval. Un peu comme on a caressé un chien, un chat. La peau est douce, soyeuse en été quand le poil est court, plus rude et plus chaude en hiver quand le cheval a sa bourre.

Mais celui qui a la chance de côtoyer les chevaux connaît encore bien d'autres plaisirs du toucher.

La peau près de la bouche est d'une douceur extrême, fait penser à un ventre de femme. Il est parfois difficile de résister au bonheur d'y déposer un baiser.

En hiver, quand le temps est au froid, glisser sa main sous la crinière, fait découvrir la chaleur accueillante d'un autre endroit magique.

Étriller le cheval, c'est le préparer à la sortie, lui montrer la fierté que l'on a de lui, tout comme on donne un coup de peigne à l'enfant qu'on emmène, faire en sorte de le rendre présentable, chasser la boue séchée, évacuer les poils morts. Mais c'est aussi l'occasion de vérifier l'absence de lésions: la main parcourt la peau, enlevant une petite croûte ici, extirpant une tique là, repérant une piqûre d'insecte ici. C'est un moment de communion, de dialogue.

Si le cheval vit en box, c'est le moment de ramasser une bonne poignée de paille imbibée d'urine: une forte odeur d'ammoniaque s'en dégage. Le lad bouchonnera alors la peau du cheval dans le sens du poil: toutes les ménagères savent que l'ammoniaque constitue un merveilleux dégraissant! Aussitôt et comme par magie, on voit luire merveilleusement les flans du cheval !

A l'occasion les doigts grattent la racine de la crinière, en commençant par le garrot. Le cheval apprécie hautement ce qui correspond au grooming qu'il échange avec ses congénères, une façon de maintenir le lien social, exactement comme l'épouillage chez les singes.

La racine de la crinière est un lieu menacé: les roulades, auxquelles s'adonne de temps à autre le cheval pour toiletter sa peau, ne permettent pas d'éliminer quelques germes ou parasites situés à cet endroit. En grattant cette zone, on participe ainsi à ce complément de toilette! Ici le poil manque de souplesse, il est rude, dur, comme "un gant de crin": autre sensation! La main remonte du garrot jusqu'aux oreilles.

Avant de s'attaquer au curage des pieds, le plaisir du toucher continue dans le brossage de la crinière et de la queue.

Bien sûr, le crin n'est pas le cheveu et "coiffer" un cheval n'est pas brosser une chevelure! Il n'en reste pas moins que cette opération est aussi un moment de partage. Le cheval aime qu'on s'occupe de lui, apprécie quand le peigne démêle son crin sans l'arracher. C'est souvent une question de patience et le lad a à coeur de voir glisser le peigne qui ne s'accroche plus. La crinière reprend son ondulation naturelle, les crins de la queue se dispersent, légers dans l'air.

En brossant la houppe, entre les deux oreilles, le cheval ressentira son bonheur si les ongles grattent cet endroit auquel il n'a jamais accès! En été, il est bon de plonger délicatement le doigt dans l'oreille: il n'est pas rare d'en faire s'échapper une mouche plate ou d'y écraser des mouchettes.

Le curage des pieds n'a rien de très gai : il faut se courber en deux, soutenir le sabot parfois boueux, immiscer le cure-pied dans de la terre, parfois durcie comme du ciment, de la sole, courir le risque d'un faux mouvement et d'un fer qui vous écrase le pied! Mais c'est aussi le moment où votre tête est en contact direct avec le flan, un peu comme une caresse.

Voilà, le cheval est propre, prêt à partir.

D'autres caresses sur l'encolure viendront plus tard, au détour d'un obstacle, après un bel effort, dans un moment d'arrêt, pour rassurer, remercier le merveilleux compagnon...

 

 

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