Sun.
27
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Puel et Domenech: pas le même combat

Edition : Coup de tête

S'il y a de bons et de mauvais entraîneurs, il y a donc des bonnes et des mauvaises raisons de les virer. L'entraîneur n'est pas le fusible qu'il faut toujours changer quand une équipe ne tourne pas rond, surtout lorsque ce sont certains supporters qui demandent le licenciement.

Mais lorsqu'il s'avère que l'entraîneur est au-dessous de sa tâche ou ne parvient plus à être efficace, il importe de ne pas prolonger une situation qui se dégrade. Donc Puel et Domenech, ce n'est pas du tout le même combat.

 

get2-266x200.jpg

Le fait qu'une partie des supporters de Lyon demande la démission de l'entraîneur Claude Puel, à chaque match, malgré les victoires, les progrès d'une équipe, malgré les résultats passés très bons - demi-finale d'une Ligue des Champions en 2010 tout de même -, dans la ville même (photo ci-contre), a quelque chose de détestable qui ne se passait autrefois qu'à Paris et à Marseille. La deuxième ville de France est donc en train de devenir le troisième club à hooligans, c'est-à-dire avec des supporters qui se comportent comme s'ils étaient en partie propriétaires du club, demandant des changements d'entraîneurs comme ça leur "chante". Si l'Olympique lyonnais et son président réactif ne prennent pas les choses en main, ce club, qui est bien seul à représenter le foot français en Europe depuis presque dix ans, pourrait bien connaître les avaries de ses deux aînés: violence dans le stade et hors du stade, entraîneur et/ou joueurs pris à partie, pression de plus en plus forte sur l'équipe, jeu et résultats en berne... L'Olympique de Marseille s'est reconstruit, le Paris Saint-Germain est en train de le faire dans un Parc des Princes vidé de ses hooligans, faudra-t-il que Lyon passe par les mêmes déconvenues? Il reste que l'entraîneur et les joueurs de Lyon n'ont pas mérité d'aussi mauvais supporters qui passent leur temps à réclamer une tête plutôt qu'à encourager leur équipe.

Il en était bien différemment en ce qui concerne Domenech. Il n'a pas été la cible d'un ou de groupes de hooligans, mais peu à peu discrédité par ses prises de paroles intempestives, ses décisions incompréhensibles et/ou injustes, ses poignées de main refusées (photo ci-dessous) etc. La Fédération Française de Football s'est honorée en le licenciant purement et simplement, non pas pour une seule faute grave mais pour l'ensemble de son oeuvre. Evidemment, ayant aussi peu le sens de la dignité qu'un hooligan lyonnais déployant sa banderole "Puel démission" même les jours de victoire, il attaque la FFF aux Prud'hommes pour licenciement abusif. Le président Duchaussoy l'a dit à demi-mots: Domenech demanderait réparation (sonnante et trébuchante). Décidément, rien ne l'aura fait reculer. Nous croyions l'oeuvre de destruction achevée, mais Raymond veut apparemment y ajouter cette petite touche pour qu'on le déteste totalement, pour qu'on n'ait rien à regretter. Qui pourra croire que Raymond Domenech est victime d'un licenciement abusif alors qu'il a déjà rempli ses poches? Il attaque aux Prud'hommes comme un salarié alors qu'il s'agit plutôt d'obtenir un parachute doré comme un grand patron. Comment un homme peut-il avoir si peu de décence dans une société où l'appauvrissement de certaines catégories de population est de plus en plus criante?201009060825_zoom.jpg

L'indécence du football n'est pas que le fait des joueurs avec leurs salaires mirobolants, et il n'y a pas non plus que la violence ou le racisme dans les stades, il s'agit aussi du comportement d'hommes qui vivent en dehors de la société, qui n'ont plus une once de dignité tant ils vivent dans un monde où seul compte les chiffres (résultats et salaires). Il est à souhaiter que les supporters "patrons" se verront ridiculisés par leur équipe, par son esprit et ses résultats, puisqu'ils ne la supportent - dans les deux sens du terme - plus vraiment, et que les Prud'hommes ne donneront qu'un franc - soit 0,15 euro - symbolique comme réparation à un plaignant qui n'est pas à plaindre...

Newsletter
Je m'identifie