Barça 5 - Real 0 !
Hier dans les rédactions et sur les plateaux télé, on s'enflammait à l'idée de voir la belle confrontation entre les deux meilleurs clubs du monde actuellement, et cela dans le même championnat. On disait le Barça sur le déclin et on voyait déjà le Real et ses galactiques vainqueurs avec son fin stratège d'entraîneur et son attaquant surdoué et prétentieux. Mais, une nouvelle fois, le jeu collectif des catalans a eu raison des individualités madrilènes : 67% de possession du ballon.
Evidemment, posséder le ballon n'est pas un gage de réussite. Sous l'ère Domenech, l'équipe de France possédait bien souvent le ballon mais ne marquait pas cinq buts, c'était même le plus souvent stérile. Hier, on rappelait que le provocateur et génial Mourinho n'avait jamais laissé marquer Messi, que ce soit quand il entraînait Chelsea ou l'Inter de Milan, et il n'a effectivement pas marqué. Mais quel passeur il fut, et surtout, c'est oublier que le Barça est une équipe avant tout, dont le jeu collectif confine à la perfection.![]()
Zidane et Benzema se sont trompés de camp, ce n'est pas au Real qu'il faut être mais bien au Barça, pas à Madrid mais à Barcelone, capitale de la Catalogne, ville méditerranéenne et européenne, ville du célèbre Gaudi et où le foot est aussi une culture et une éthique - le seul club qui refuse les sponsors sur son maillot, excepté l'Unicef ces derniers temps. ![]()
Mais pour aller plus loin dans l'éthique, pour que le sport spectacle de haut niveau ne soit pas à l'écart de la société mais dans la société, peut-être faudrait-il un peu mieux l'inclure dans l'économie des Etats ou de l'Europe. Par ces temps de crise, que l'Espagne subit fortement, sans doute pourrions-nous imaginer une contribution, plus de solidarité. Non taxer les clubs très endettés, mais les transferts, les droits télé, l'UEFA, la FIFA, bref, une taxe Tobin du sport ou comme la taxe de solidarité sur les billets d'avion (taxe Chirac). Cela pour que la manne financière autour du sport, aussi indécente que l'est celle des places financières et celle des paradis fiscaux, ne soit pas stérile entre les mains de quelques riches au train de vie plus amoral que ne l'était celui du roi et de sa cour à Versailles. On parlait exagérément d'un milliard de téléspectateurs pour suivre l'affiche Barça-Real - 1/7ème de l'humanité -, mais combien au-dessous du seuil de pauvreté ? combien au chômage ? combien surendettés ? La passion du foot des pauvres ne devrait pas enrichir des déjà riches.
