Enlèvement d’un activiste pacifique en Egypte
L’organisateur d’une marche pacifiste, enlevé au nord du Caire vendredi dernier est toujours détenu par les services de la sûreté de l’Etat au nom d’une simple investigation.
Une manifestation pas comme les autres, vendredi 6 février, au nord du Caire, dans le gouvernorat de Qalioubia, a donné lieu à l’enlèvement d’un activiste germano-égyptien. Philip Rizk, 26 ans, part dans la matinée, accompagné d’une quinzaine d’autres personnes, pour une marche dans un village égyptien : le but est de sensibiliser la population rurale sur le sort des palestiniens de Gaza. Philip est alors déjà connu du département de la sûreté de l’Etat pour son activisme.
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Le groupe est arrêté par la police vers 5 heures de l’après-midi et subit une longue vérification de leurs identités. Aux alentours de 8 heures du soir, Philip, isolé volontairement par les policiers de son avocat, est enlevé dans un véhicule dont les plaques d’immatriculations sont recouvertes. Ses amis, ayant assisté à la scène de loin, alertent les parents de Philip. Le lendemain, son père, accompagné de trois avocats, se rend au bureau du procureur général au Caire et dépose une plainte pour enlèvement. Une enquête sommaire confirme qu’il est détenu par les services de la sûreté de l’Etat, mais ne précise pas où, et encore moins quand il sera relâché.
Dimanche, les avocats de Philip Rizk confirment qu’aucune accusation officielle n’est portée à son encontre, il s’agit juste d’investigations.
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Philip est étudiant à l’Université Américaine du Caire, dans le cadre du programme d’étude sur le Moyen-Orient. De 2006 à 2007, il séjourne à Gaza pour y tourner un documentaire, « Résistance pacifique ». Il n’a jamais été inquiété par le gouvernement égyptien, pas même lorsque le 7 janvier dernier, il entrait dans Gaza avec un convoi humanitaire. C’est le fait qu’il ait laissé apparaître son numéro de téléphone sur un site Web concerné, il y a peu, qui l’a fait connaître des services de sécurité.
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N’importe quelle manifestation dans la rue en Egypte est considérée comme une atteinte à la sûreté de l’Etat, relativement à l’état d’urgence en vigueur depuis l'assassinat du président Sadate par un commando islamiste, en 1981. Cependant, le contexte économique social renforce la crainte par le gouvernement de débordements. Les manifestations en ville sont tolérées car elles sont organisées par des minorités. Mais, laisser des activistes circuler dans des zones populaires, c’est courir le risque, dans un climat déjà tendu, que la population se révolte. Citons pour l’exemple les manifestations qui ont éclaté lors de l’invasion en Irak par la coalition menée par les Etats-Unis en mars 2003, elle ont été un prétexte saisi par les gens les plus pauvres pour descendre dans les rues.
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D’autre part, le soutien à Gaza est un sujet sensible pour le gouvernement qui tente de bloquer l’accès à la scène politique égyptienne des Frères Musulmans. Il faut savoir que la grande majorité des convois humanitaires qui se rendent à Gaza depuis l’Egypte, hormis le croissant rouge, sont contrôlés par la confrérie en vue de soutenir les palestiniens représentés par le Hamas.
