PS : une contribution sans lien...
J'ai reçu (par erreur) un courriel de remerciement de Martine Aubry pour ma contribution à un débat dont j'ignorais l'existence. J'ai reçu ensuite un autre courriel me présentant cette démarche comme une erreur et m'indiquant un lien pour une possible contribution : http://www.parti-socialiste.fr/messages/lettre.php) .Ce lien s'est avéré invalide... alors plutôt que d'effacer mon texte... une contribution sans lien....
1. L'image du parti socialiste
L'image n'est pas la réalité mais il y a des réalités qui la rejoigne autant dire que la représentation médiatique doit être pleinement saisie pour ne pas constituer le facteur essentiel de transformation du parti socialiste. Sinon, il conviendra de se résigner à l'évolution d'un parti qui devient ce que les médias en disent, ce qu'ils en montrent, qui s'inscrit dans un circuit médiatique producteur de la réalité dont il est censé rendre compte.
La notion d'appartenance à un corps politique n'est plus un opérateur de l'engagement et réciproquement.
Je ne m'engage pas pour partager un corpus idéologique.
Je ne suis pas la doctrine, je ne suis pas les argumentaires de campagne.
Le parti socialiste doit inventer d'autres formes d'inclusion qui passent probablement par la déclinaison d'une notion plus vivante qui pourrait être celle d'affiliation.
Cette notion intègre la prise en compte d'un héritage, de l'inscription de la démarche dans un processus qui dépasse la seule dimension individuelle et incite à un engagement désintéressé.
2. Les attentes
le parti socialiste ne représente plus le changement, n'est plus porteur d'espoir.
Il n'est plus contraint de prendre en compte des attentes de changement puisque celles-ci s'estompent jusqu'à disparaître dans le contexte d'une réalité socio-économique présentée comme l'horizon indépassable de l'existence humaine.
Son rôle s'est réduit avec le temps à celui d'un correcteur marginal des injustices sociales.
Le seul échec reconnu procède de la perte de scrutin. On échoue à convaincre les électeurs.
L'échec devient relatif comme il a été présenté en 2007 et par là même ne donne lieu à aucune évaluation objective de ses déterminants.
Moins qu'un échec, c'est une occasion ratée, un ratage, un acte manqué.
Après l'insuccès vient le renoncement au succès, le déploiement d'une stratégie d'échec et de perte. C'est ce processus qui a succédé au ratage de 2007.
Viendra l'année prochaine, la perte qui peut ne pas être vécue comme un échec mais plutôt comme la conséquence d'un rapport de force négatif.
Il convient dès aujourd'hui d'enrayer ce processus et de s'attacher à la mise en œuvre d'une stratégie de conquête dans tous les scrutins et sur tout le territoire quelque soit l'issue prévisible du scrutin.
3. Une réflexion agissante
Les amateurs d'idée sont rarement des acteurs. Ils pensent voilà tout, en général à partir d'un modèle véritable matrice d'une intelligence qui oublie qu'elle ne peut prendre sens qu'à travers l'action.
L'action précède la pensée et l'articulation de cette pensée à travers le langage. La maîtrise de l'action passe par le renversement de ce rapport.
De même que la réflexion ne doit pas être du seul domaine réservé des « intellectuels », l'action ne peut pas être du seul domaine réservé des décideurs politiques.
La France en général et le PS en particulier souffrent de la privatisation de la réflexion et de l'action publique.
La dérive monarchiste de notre actuel locataire (qui aimerait probablement accéder à la propriété) est contenue en germe dans toutes nos institutions, dans nos administrations et dans notre conception très hiérarchisée du vivre ensemble.
4. l'obligation d'un bilan préalable
Le PS souffre comme tous les partis politiques français de son incapacité à mettre en œuvre un bilan objectif de son existence.
Il n'est pas question ici d'évaluer ses actions et de mesurer la distance qui les sépare de l'univers de idées.
Un ancien premier ministre social parlait du droit d'inventaire en évoquant sa représentation du bilan de François Mitterrand.
Avant que d'évoquer le projet, le PS doit être en capacité d'affronter une représentation partagée de ses réussites et de ses échecs.
La démarche qui consiste à consulter les adhérents et les militants dans le cadre du projet socialiste n'est peut être pas adaptée à leurs attentes.
Il n'est pas question ici d'entrer dans un grand forum, un super café du commerce.
Il existe en effet des personnalités compétentes au PS, dans les universités, dans les grandes écoles, dans les administrations et les entreprises capables de faire des propositions concrètes et d'apporter un horizon politique aux électeurs.
Il serait intéressant d'interroger les adhérents et les militants pour connaître leurs attentes avant de se lancer dans une quelconque démarche participative.
Cette dernière risque d'accoucher d'un de ces textes pléthoriques dont le PS a le secret ou d'un compendium dont le contenu ne manquera pas de valider un corpus d'idées préexistantes sans lien étroit avec la complexité de l'existence humaine qui ne tient dans aucun résumé statistique.
