Une avancée symbolique, mais la xénophobie de gouvernement s’installe au ministère de l’intérieur.
Mardi 6 avril, à 10h, l'association Cette France-là et plusieurs députés annonceront le lancement d'un audit, pour évaluer la politique d'immigration et d'identité nationale. A quelques jours de la publication du volume 2 de Cette France-là, le temps est venu de retourner la culture du résultat contre ses initiateurs.
8 février 2010. Le « grand débat » sur l’identité nationale s’achève enfin. Pour avoir d’emblée dénoncé les dangers inhérents à sa logique identitaire, qui n’est autre que la traduction idéologique de la politique d’immigration menée par ce gouvernement, nous ne pouvons prétendre être déçus : le débat aura malheureusement été à la hauteur exacte de nos attentes.
Le 4 décembre 2009, un collectif de chercheurs dont le travail porte sur les nations et les nationalismes, sur l'immigration, l'asile et les minorités visibles, ainsi que sur le racisme et la xénophobie, s'élevait contre l'organisation étatique d'un « grand débat » sur l'identité nationale, en soulignant combien les « dérapages » étaient inscrits, non seulement dans une telle mise en scène, mais plus fondamentalement dans l'institutionnalisation de cette politique par un ministère.
Un texte d'Eric Fassin et Michel Feher, membres de Cette France-là.
Le 15 décembre, un sondage fait la une du New York Times: il analyse le coût humain du chômage. 26% des personnes sans emploi ont perdu leur logement, ou sont menacées d'éviction ; 60% ont dû puiser dans l'épargne de leur retraite ; 47% sont privées d'assurance maladie.
Le 2 novembre, j'avais publié un texte sur mon blog de Mediapart (intitulé : "identités politiques"...). Il proposait un renversement : débattre, non pas de l'identité nationale, mais de la politique d'identité nationale. De la même manière, il faut retourner la perspective : le problème, ce n'est pas l'immigration, mais la politique d'immigration. Depuis, l'appel du 4 décembre nous permet de passer à l'action. Je republie néanmoins ce billet, qui me paraît s'inscrire dans la même logique critique.
Réuni au lendemain de la publication de l'Appel, le collectif pour la suppression du ministère de l'identité nationale et de l'immigration a déjà prévu une série de rendez-vous, pour relayer et prolonger le large écho rencontré par cette démarche.
Le 4 décembre 2009, vingt chercheurs de toutes disciplines ont lancé un appel contre le "rapt nationaliste de l'idée de nation". En voici le texte.