Edition : Euro: à Vienne qui pourra
Cette édition spéciale aurait aussi pu s'appeler “Euro qui comme Ulysse” (mais que faire de Pénélope…). Trois semaines durant, les journalistes footeux de Mediapart, ainsi que les abonnés qui le souhaitent, vont élucubrer sur le championnat d'Europe des nations. Suisse et Autriche décryptées depuis Paris, entre parti pris et analyses de quelques sélectionneurs, parmi 60 millions d'autres…

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J'ai vu et revu cette compilation trois fois. J'ai ri ( un rire franc), puis plus rigolé du tout ( une affliction totale liée à une première réflexion sur ma cruauté), pour finalement préférer la rigolade amère devant autant de bêtise ( façon désabusée, j'appartiens au même genre humain crétin et batailleur et je ne suis pas meilleur puisque je ris du malheur des autres). Et je reviens vers vous (après une seconde réflexion) pour poser la question du pourquoi de cette vidéo à la Une de Médiapart. Je m'interroge. Si on avait reproduit le témoignage écrit des joueurs, les victimes, auriez-vous, Cher Jean-Louis dont j'ai pu apprécier l'humanisme à plusieurs reprises, posté ces textes? Et les éditeurs de Médiapart itou, auraient ils empilé les paroles pour les mettre à la meilleure place du site? Sans doute que non. Les images accrochées les unes aux autres font rire, parce qu'au fond les agresseurs et les victimes sont mêlés, que la répétition est comique et que la taille des écrans ne permet pas de discerner la souffrance. Les mots eux obligent au discernement. Mais alors pourquoi tomber dans cette facilité et livrer cette vidéo? Bref, je voudrai bien savoir votre motivation. Et je le fais publiquement parce qu'il y a peut-être là matière à débat collectif intéressant.
C'est simple. Dans toute la vidéo, le seul carton rouge qu'on voit c'est celui adressé à Zizou pour son coup de tête. Les autres joueurs qui se battent utilisent les pieds et les poings et de manière beaucoup plus violente. C'est une façon détourner de dire que Zinédine Zidane ne méritait pas son carton. Bon après on peut extrapoler en disant que c'est du chauvinisme, etc...Bref chauvinisme ou pas ce soir Zidane n'est pas là et ça sent le roussi pour les bleus. Pas mal l'analyse de comptoir non?
Les joueurs eux-mêmes, même quand ils sont victimes de coups particulièrement tordus, sont les plus prompts à pardonner le geste malheureux: ils savent bien que dans le feu de l'action, eux-mêmes ne sont pas à l'abri de ce genre de dérapage inconsidéré. Un exemple qui reste en mémoire de beaucoup de Français et même une "référence internationale" en matière de coup tordu: quand le gardien Schumacher, battu, s'en prend directement à Patrick Battiston en demi-finale de la coupe du monde de 1982, le blessant gravement et le laissant inconscient sur la pelouse. Mais Battiston, le lendemain du match, s'empresse de pardonner l'affaire.
Gentlemen? Ils le seraient peut-être si tous les milieus sociaux étaient représentés dans les équipes et les clubs de haut niveau, mais surtout, si ces gars ne subissaient pas une pression physique et psychologique qui les dépasse de très loin...comme le niveau des montants de toute la marchandisation du sport, qui atteint des sommets absurdes pour lesquels on ne peut que perdre, sinon la raison du jeu, du moins l'amour du jeu pour le jeu.
Des années après 1982, alors que la lutte contre le dopage fait rage, le même Harald Schumacher, retraité depuis belle lurette, se dévoue à la cause en "repenti", et avoue qu'il se dopait å l'époque, "comme la plupart des autres joueurs"...
Je ne sais pas si il y a matière à débat collectif, mais ce me semble, le sport de compétition n'a jamais été, pour moi, la même chose que le sport tout court.... mais je peux me tromper... J'aimerais me tromper d'ailleurs !
Ce que je veux dire par là, c'est qu'entre la passion de la pratique personnelle d'un sport, l'admiration que l'on peut avoir d'un génie du sport que l'on pratique et la pratique de ce génie en compétition, parfois la désillusion pointe son nez...
Mais cela n'empèche pas de trouver justes certains sanctions ou injustes selon le point de vue que l'on adopte (celui de la victime ou du bourreau, celui qui se fait prendre ou celui qui ne se fait jamais prendre sur le fait) ! Il est clair pour moi que certains joueurs se debrouillent presque toujours pour passer entre les mailles, d'autres pas... J'ai tendance à préférer ceux qui ne passent pas entre les mailles, c'est comme ça !