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Du neuf à la tête du Crédit Agricole, enfin pas vraiment

Edition : Inside Banking

Au Crédit Agricole, 39 Caisses Régionales, mutualistes, dirigées par 39 Directeurs Généraux, véritables barons locaux se partagent la France et réunissent une grande partie de leurs forces dans un véhicule commun : Crédit Agricole SA, Casa, coté en bourse.

L'instance qui fédère les Caisses est la Fédération située rue La Boétie à Paris. C'est le bastion du pouvoir du Groupe Crédit Agricole. C'est de cette structure dont sont issus Messieurs Jean-Marie Sander promu Président de CAsa et Jean-Paul Chifflet son Directeur Général. Ils sont déjà très proches de la gouvernance de CAsa et administrateurs de nombreuses filiales.

 

En une dizaine d'année, CAsa est devenu un mastodonte tentaculaire uniquement composé de filiales : LCL, Calyon, Predica, Sofinco, etc souvent parmi les leaders européens. CAsa use régulièrement ses Directeurs Généraux, Jean Laurent puis Georges Pauget peu préparés par leur parcours régionaux à une carrière de banquier international. Gérée depuis une tour d'ivoire retranchée derrière la gare Montparnasse la holding n'assure que la coordination des affaires courantes et le reporting. Son pouvoir ne doit pas l'emporter sur celui de la Fédération.

 

Pour se renforcer, la holding fait régulièrement appel à quelques énarques avec des succès mitigés. Ils exercent toujours une sorte fascination et en même temps un certain dédain auprès des DG de Caisses. La direction financière est réservée à des anciens banquiers d'affaires plutôt techniciens qui n'ont que faire des métiers du Groupe et de l'intérêt général.

 

Le Crédit Agricole, banque mutualiste dont les origines sont partiellement liés à l'influence de la Franc-maçonnerie, est devenu « schizophrène polycentrique ». Dieu seul, où le Grand Architecte, est capable de comprendre comment cela marche de manière exhaustive. Véritable village gaulois avec ses querelles intestines, cette banque peine à se trouver des Jean Moulin efficaces capables de rassembler. Beaucoup de DG et patrons de filiales passent, se servent et puis s'en vont en retraite les poches pleines. Après moi le déluge et pourvu que les problèmes restent sous le tapis !

 

La banque est probablement devenue l'anti-modèle de ce que pourrait souhaiter des humanistes : la méritocratie. Et la question que tous les cadres de la banque devraient se poser : à quoi servent-ils ?

 

Les DG sont comme les Présidents de la République. On les aime éventuellement que quand ils sont partis. Georges Pauget aura eu le mérite de régler la situation en Italie, en organisant la sortie partielle du capital d'Intesa. Par contre, les acquisitions réalisées en Grèce ou en Ukraine étaient pure folie pour atteindre des objectifs irréalistes d'internationalisation. La grenouille verte se voulait boeuf...

 

En mois d'un an, trois des principales banques françaises, Socgen, le Groupe Caisse d'Epargne et CAsa ont changé de têtes,. C'est dans la logique des choses mais comme dit Lampedusa : il faut que tout change pour que rien ne change. Donc, rien ne devrait changer, sauf quelques agitations médiatiques.

 

C'est une tache si inhumaine que de piloter ce genre de Groupe du CAC 40, en pleine tempête économique durable, que c'est peine perdue, même bardé de conseillers surdiplômés mais éloignés des réalités. Un jour viendra où les groupes vont se disloquer en grosses PME à dimension plus humaine dont le capital sera équitablement réparti entre salariés, management et investisseurs. C'est la seule façon de mieux tout contrôler.

 

Georges Pauget vient de publier Faut-il brûler les banquiers ? On va le lire avec curiosité.

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