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Je me souviens....

Un pêle-mêle de souvenirs à plusieurs voix. Non pas des tartines de nostalgie à s'en coller les doigts (d'ailleurs ce n'était pas forcément "mieux avant"), mais des clins d'œil, des pensées, l'écho de moments passés, des bouquins lus, des musiques écoutées, des hommages à rendre, des films presque oubliés, des souvenirs de lieux disparus ou des images à partager juste pour ne pas laisser la poussière s'accumuler. Et si possible en polyphonie parce que la plus sûre façon de partager, c'est de jouer la diversité. Si cela ne s'était pas appelé "Je Souviens", ça aurait aussi pu s'intituler "Grenier commun". Et bien sûr, toutes les générations sont bienvenues, c'est même le but du jeu... On dit souvent que regarder parfois dans le rétro permet d'aller bien plus sûrement de l'avant !

 


Charonne, c'était le 8 février 1962, il y a 50 ans

Charonne, 50 ans déjà….C’était le 8 février 1962. C’était en France.

Aujourd’hui, nous commémorons un bien triste anniversaire, celui de la répression sanglante et meurtrière d’une manifestation pacifique qui a fait 9 morts. C’était en France, au cœur de Paname, dans le 11° arrondissement, à la station de métropolitain Charonne.

La femme au Robert, la pie, la soupe et les châtaignes

ChâtaignesChâtaignes© renepaulhenry.blogspot.com

« En Limousin, les femmes restent debout pour servir les hommes pendant le repas ! » Tradition normale et validée par les plus hautes instances de l’Etat puisque c’était Jacques Chirac qui l’avait déclaré lui-même à la télévision.

Ce soir là, les voisins étaient invités pour une soirée-châtaignes. Robert s’était assis après avoir posé le bouéradour à peler les châtaignes devant la cheminée; l’ouvrage mené à son terme, il lui fallait bien entretenir la conversation. Le feu s’était assagi. Les braises attendaient le moment de faire leur office. C’est Jeannette qui s’occuperait de faire griller. C’est qu’il faut le coup de main pour faire ça.

Je me souviens des « aiguillées de paresseuse »

— « Allez, les filles ! Je veux voir de jolis points bien réguliers… Vous vous êtes bien lavé les mains, j’espère, avant de vous y mettre ? »

— « Oui, Marienne ! »

C'est bath

Aujourd'hui, pour exprimer leur admiration les jeunes disent : "c'est grave", "trop méchant", "c'est tarpin bien" ou bien encore "tu t'es gavé".

Dictée : peut mieux faire

-    Bien !

Quand le maître commençait ainsi, nous savions que c’était le moment de la dictée du mercredi.

-    Prenez votre cahier de Français, le jaune, celui des dictées.

Un air de désolation envahissait alors la classe comme s’il s’agissait d’une mauvaise surprise, un coup bas qui aurait pu nous être épargné. Seuls quelques rares sujets brillants réprimaient avec peine le sourire carnassier de ceux qui tiennent enfin leur revanche sur le loup alpha de la récré et les bons en dessin ou en gymnastique.

Melocoton

Melocoton© Colette Magny

A Liège, l'attentat du 6 décembre 1985

Je me souviens du 6 décembre 1985.

C’était à Liège. La ville qui vient d’essuyer de mortelles blessures.
J’ai laissé passer quelques jours, sous le coup de l’émotion. Ce 13 décembre 2011 laisse de pénibles souvenirs pour les liégeois. La liste des décès s’allonge encore. La Place Saint Lambert est sinistre. Liège est affreusement triste.

Mon frère

Tu es là, enfin installé comme chez toi, je t’ai donné à boire de l’eau teintée de thé, tu restes silencieux. Ta présence m’est douce, je m’approche de toi pour te parler et, respirant ton odeur, je songe à d’où tu viens, toi le déraciné…

Je me souviens de la lutte des classes

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 Je me souviens de la lutte des classes. Qu'il fallait se battre pour survivre, pour sauvegarder un peu de dignité, pour arracher quelques miettes au gâteau qu'ils voulaient garder pour eux, alors que nous avions sué sang et eau pour le faire.

Hirondelle d'automne

1600348-vieille-et-rouill-e-bicyclette-aCela devait être l’automne, quelque chose comme ça. En tout cas, la forêt était belle, incendiant le dôme au-dessus de leur tête de toutes les rousseurs ambrées que la nature savait inventer. Ils avaient marché longtemps, à pas réguliers, ni rapides ni lents, comme pour mieux profiter du spectacle, pour mieux humer l’air et les parfums d’humus, entendre les piaillements des oiseaux et le crissement sous leurs pas.

Blue Jeans

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Je me souviens des clowns

Les Clowns© Giani Esposito

Je me souviens des clowns, de la lumière et de l’odeur de la piste, des chevaux qui tournaient, des claquements de fouets, des trapèzes scintillants sous le feu des projecteurs. Je me souviens de l’otarie luisante qui portait un ballon sur son nez et savait battre des mains avec ses nageoires. Je me souviens des jongleurs, des funambules, des écuyères.  J’aurais voulu être jongleuse, funambule, écuyère.

Je me souviens de la chanson de Prévert...

La chanson de Prévert© Serge Gainsbourg

Je me souviens de Maurice Druon, d'Anna Marly et du Chant des Partisans

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En hommage à Maurice Druon, à l'occasion de sa mort, ainsi qu'à Joseph Kessel, son oncle et co-auteur,  mais avec aussi, très fort, une pensée  pour Anna Marly, Emmanuel d'Astier de la Vigerie, et.... tellement d'autres  (et pas seulement Leonard Cohen ou Joan Baez, Yves Montand, ou même Zebda, Jean Ferrat ou Johnny Halliday, qui l'ont aussi interprété)... mais surtout en hommage à ceux qui sont tombés. 

 

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