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27
May

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Mon frère

Tu es là, enfin installé comme chez toi, je t’ai donné à boire de l’eau teintée de thé, tu restes silencieux. Ta présence m’est douce, je m’approche de toi pour te parler et, respirant ton odeur, je songe à d’où tu viens, toi le déraciné…

 

 

Et à tes frères. Je me souviens de la procession des chenilles qui, trompées par la douceur de l’atmosphère, s’étaient un jour mises en route parmi les boules et les guirlandes depuis une des branches du pin où leur nid était installé. Je me souviens aussi de ceux que je gardais sur un balcon d’une année l’autre, je les emmaillotais avec soin quand les grands froids s’annonçaient.

 

Pour toi, ce sera quelque part dans le jardin, incapable de t’accueillir vraiment. Viendra un jour où le plus grand des contenants sera trop petit pour tes racines, tu souffriras. Comment le supporter ?

 

C’est déjà pour t’éviter de souffrir que je retarde le plus possible le moment de suspendre à tes branches les boules argentées et les personnages légers qui émerveillent tant les yeux encore si tendres des jeunes enfants. Je te préfère nu, comme aujourd’hui.

 

Depuis que je t’ai délivré du filet qui t’enserrait, tu t’es redressé, déployant ton être dans les trois dimensions. En te regardant, je pense qu’il te faudra un jour mourir. Comme moi, mon frère l’arbre

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