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Voir en relief (3D) notre monde numérisé

Notre monde global et numérisé peut nous apparaître de plus en plus uniforme, de plus en plus plat.

La pluralité des pensées, des modes de vie, des cultures tend, apparemment, à s'estomper derrière les chiffres et les objets numériques qui médiatisent notre perception du réel. Alors même que le relief paraît disparaître de notre vie courante au point qu'un brillant journaliste a pu écrire un livre à succès intitulé « La terre est plate »[1], il apparaît au cinéma et à la télévision sous forme d'avatars 3D[2]. Il ne s'agit bien sur que d'impressions, d'illusions, mais elles sont dangereuses et quand le relief, les obstacles, les dénivelés de la réalité nous rattrapent ils le font de plus en plus violemment.

 

Derrière un titre qui ouvre largement la réflexion « La numérisation du monde », ce séminaire, ou plutôt ce travail de recherche en air libre, mené à l'Université du Temps Libre (UTL) d'Orléans, répond à une finalité simple. S'exercer à la vision en relief en développant l'acuité visuelle de nos deux yeux. L'œil « droit » de la vision globale, de l'intuition, de la poésie, de la philosophie, de la psychanalyse, de l'histoire. L'œil « gauche » de la vision analytique, des sciences naturelles et humaines, de l'économie.[3] Exercice visant à libérer ce qu'il y a de plus spécifique et de plus profond chez les humains : la parole et l'action politiques.

 

Pour cette première saison (octobre 2010-mai 2011) nous avons choisi un voyage et trois guides (voir notre précédent article sur cette édition).

 

Le 7 octobre 2010 nous avons entamé notre périple en nous munissant, comme tout bon voyageur, d'une carte. Cette carte nous a été fournie par Hannah Arendt et son livre Condition de l'homme moderne[4]. Plus précisément par le début du chapitre intitulé « La condition humaine ». (voir fichier joint).

 

Nous en retiendrons pour la suite de notre voyage :

 

Le fait que « Les hommes sont des êtres conditionnés parce que tout ce qu'ils rencontrent se change immédiatement en condition de leur existence. » « Outre les conditions dans lesquelles la vie est donnée à l'homme sur terre, et en partie sur leur base, les hommes créent constamment des conditions fabriquées qui leur sont propres et qui, malgré leur origine humaine et leur variabilité, ont la même force de conditionnement que les objets naturels. »

 

La distinction de trois angles de vue pour décrire l'activité humaine. Celui de la nécessité, au sens le plus biologique du terme, auquel correspond le travail, le labeur. Celui de l'utilité, du souci d'un monde durable dans lequel s'inscrivent les biographies humaines auquel correspond l'œuvre. Enfin celui de la liberté, de la pluralité, du fait que ce sont des hommes et non l'homme qui vivent sur terre et habitent le monde, auquel correspond l'action.

 

Nous renvoyons tous ceux qui souhaiteraient s'initier à la pensée et l'œuvre de Hannah Arendt au livre que nous avons publié aux Éditions Utopia : Réinventer la politique avec Hannah Arendt.

 

A suivre...


[1] Thomas Friedman, Éditeur Saint-Simon, Paris, France. Lauréat à trois reprises du prix Pulitzer.

[2] Voir le film de James Cameron

[3] Il ne s'agit bien sur que d'une simple métaphore. J'ai conservé, par simplicité, l'association faite habituellement entre cerveau gauche et analytique et cerveau droit et global bien que l'œil gauche agisse sur l'hémisphère droit du cortex et inversement.

[4] Agora/Pocket

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