
Reprenant une photo déjà utilisée en couverture de Télé 2 semaines le 3 décembre, Paris-Match sacre à son tour Intouchables comme “phénomène”.
Face à la diffusion d'Apocalypse, Hitler, second volet de l'histoire colorisée du XXe siècle de Daniel Costelle et Isabelle Clarke, le 25 octobre dernier sur France 2, le scrupule paraît dérisoire. Ne doit-on pas se réjouir qu'un documentaire soit proposé à une heure de grande écoute et atteigne une audience de 6 millions de téléspectateurs, dépassant Les Experts sur TF1 et Desperate Housewives sur M6? Les historiens connaissent bien cette alternative, pas éloignée de celle que l'on prodigue au peuple grec: vaut-il mieux quelque chose plutôt que rien?

Qu’est-ce qui sépare la notoriété de l’état de “people” – personnage médiatique de plein exercice?
Libération fait aujourd’hui sa Une d’une très belle photographie de Sébastien Calvet. Le reporter a raconté les circonstances de cette prise de vue, exécutée lors du dernier meeting du candidat socialiste au Bataclan, le 13 octobre dernier.
Loin de s’éteindre, le mouvement Occupy Wall Street croît et se renforce. Les médias lui reprochent de ne pas exprimer de revendications claires? Les manifestants ont inventé une manière originale de se faire entendre.
La question revient sans cesse. Comment nous débrouillons-nous avec les milliers d'images auxquelles nous sommes exposés en permanence? La réponse est simple. L'image n'arrive pas seule, mais accompagnée d'une indication d'échelle qui –par sa taille, sa répétition ou d'autres facteurs de valorisation– situe son importance relative dans la hiérarchie de l'information.
Taschen publie les clichés réalisés par Linda Mc Cartney, toute sa vie durant: des images tendres, en décalage, sorte de journal intime photographique où derrière les mythes de l'âge d'or du rock on voit poindre des individus, dans leur humaine et touchante désuétude.
D’abord associée à l’hypothèse d’une contamination alimentaire, l’affaire de la nouvelle souche E. Coli a donné lieu à un traitement médiatique à la fois quantitativement abondant et qualitativement réduit – puisqu’il s’est limité à la reprise d’une information invérifiable émanant des autorités sanitaires allemandes ou européennes.
Ne pas montrer. Dans une civilisation dite de l’image, le choix paraît inédit et courageux. Nous ne ferons pas de la photo de Ben Laden un trophée, déclare Obama, ce n’est pas notre genre.
À l'occasion de la Journée internationale pour la liberté de la presse, qui a lieu le 3 mai, Reporters sans frontières consacre un album aux photographies désormais classiques de René Burri (diaporama dans l'article).