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L’entrepreneuriat social : impact économique et social

Un article proposé par le site "Le labo de l'économie sociale et solidaire" publié le 21 mars 2013 - cliquer ici pour aller sur le site

Une étude de mars 2012 réalisée par le cabinet McKinsey - cabinet spécialisé dans le conseil aux directions générales de grandes entreprises françaises et internationales, d’institutions publiques et d’organisations à but non lucratif - met en avant l’impact économique et social de l’entrepreneuriat social.

 

Le concept d’entrepreneur social a d’abord été mentionné dans le monde anglo-saxon, et notamment aux Etats-Unis. Dans les années 1990, certaines fondations américaines ont mis l’accent sur cette notion pour désigner des individus lançant des activités entrepreneuriales (en termes de dynamisme, de pratiques innovantes, d’investissement personnel) avec une mission sociale. L’organisation Ashoka [1], créée en 1980 aux Etats-Unis par Bill Drayton, avec pour mission de soutenir les entrepreneurs sociaux, donne une définition claire : "un entrepreneur social est quelqu’un qui porte et développe un projet à caractère social selon une démarche entrepreneuriale raisonnée et pragmatique". Ce concept met en avant, d’une part, la personne, l’individu et, d’autre part, le développement de projets "à caractère social", ce qui donne une vision relativement large des entreprises créées.

L’étude réalisée par le cabinet McKinsey pour le compte d’Ashoka , rendue publique en mars 2012, souligne l’impact économique et social de l’entrepreneuriat social. Elle calcule le différentiel entre l’argent public investi dans ces entreprises et les coûts évités pour la collectivité. 10 entreprises sociales suivis par Ashoka et dans des champs d’action divers ont été auditées : ActaVista (chantier d’insertion en réhabilitation de bâtiments historiques), BGE (réseau national de conseil et formation en création d’entreprises), Crésus (identification précoce et accompagnement des personnes surendettées), Groupe Siel Bleu (prévention de la dépendance par des activités physiques adaptées), Réseau ANDES (réseau national d’épiceries solidaires), Chênelet (chantier d’insertion en éco-construction), Réseau Cocagne (chantier d’insertion en activités maraîchères biologiques), Mozaïk RH (cabinet de Ressources Humaines promouvant et valorisant la diversité), Union nationale des PIMMS (accompagnement dans les démarches administratives), Groupe SOS (intermédiation locative et lits halte soins santé).

Les résultats mettent en avant la rentabilité de ces projets, leur capacité à réduire les déficits publics et leur impact positif sur la société. Ils montrent notamment que l’activité des entrepreneurs sociaux permet à la collectivité d’économiser des coûts de prise en charge (allocations chômage, RSA, dépenses liées au surendettement, aux problèmes de santé, à l’hébergement d’urgence…), qu’elle engendre des revenus pour la collectivité (charges patronales, impôts…) et que le cumul des économies réalisées et des revenus engendrés est systématiquement supérieur à l’argent investi dans ces projets sous la forme de subventions. Pour les 10 cas étudiés, le bénéfice cumulé est supérieur à 50 millions d’euros en 2010. Les volumes d’économies extrapolés pour la collectivité se chiffrent pour chacun à plus de 5 milliards d’euros par an.

De plus, cette étude indique que "les bénéfices qualitatifs non chiffrés ont une envergure structurelle. De nombreux impacts sociaux ne sont pas chiffrés par cette étude et pourraient à terme l’être : âge de la dépendance repoussé, meilleure santé des moins favorisés, diminution du stress et des problèmes psychologiques, apaisement social, intégration des personnes issues de la diversité, amélioration de la qualité de vie, développement de modes de vie sains, protection de l’environnement… Certains entrepreneurs sociaux ont une influence grandissante sur les politiques publiques : sécurité sociale, règlementations agricoles et alimentaires…"

C’est ainsi que le Groupe Siel Bleu a une influence positive sur la prévention de la dépendance (personnes âgées de plus de 60 ans) par une activité physique adaptée. De plus, en s’intéressant uniquement à deux pathologies – les chutes et le diabète de type II – et en généralisant les activités du groupe à l’ensemble des Français, McKinsey arrive à une économie de 15 milliards d’euros sur 3 ans.

Ces chiffres montrent que si les initiatives des entrepreneurs sociaux étaient érigées en systèmes, elles pourraient contribuer à résoudre les problématiques de fond de la société, en France et ailleurs. Voilà pourquoi il est important aujourd’hui pour ces acteurs de l’économie sociale et solidaire de rendre possible ce changement d’échelle.

PDF - 923.6 koTéléchargez l’étude McKinsey Ashoka | mars 2012 (PDF, 923.6 ko)

Pour en savoir plus : voir le site d’Ashoka

 

 

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