«Jean Lassalle l'Aquitain», candidat des médias ?
Jean Lassalle serait-il le plus « people » des candidats au conseil régional d'Aquitaine ? Rappel des faits d'armes du fantasque béarnais du Modem.
Jean Lassalle, tête de liste Modem en Aquitaine, en conférence à Bordeaux-Lac.© Jérôme PerrotEn 2005, le « roi du chant et du chantage », comme l'appellent ses détracteurs, entame 39 jours d'une grève de la faim obstinée à l'Assemblée. Il empêche la « délocalisation » - dans une ville distante de 65 kilomètres - de l'usine Toyal, située dans sa circonscription. « Ce sont mes adversaires qui cherchent à m'enfermer dans une image », assure-t-il avec son accent à couper au couteau. Quand on le classe au centre-droite, Jean Lassalle aime à rappeler sa présence, en 2006, « à l'investiture d'Evo Morales, le président bolivien, en compagnie d'Hugo Chávez et de Raúl Castro ». Le président de Bolivie a d'ailleurs surnommé son copain béarnais « le centriste de l'extrême ».
Le vrai bonheur de Jean Lassalle ? « Occuper le terrain », répéte-il en présentant son programme à la presse locale. Pendant cette campagne, il arpente l'Aquitaine, enchaîne les déplacements. Le candidat Modem aurait « fait plus de kilomètres en une semaine que Bayrou (candidat de l'UDF pour la liste Gironde, NDLR) pendant toute la campagne en 2004 », s'amuse un membre de son équipe. Son chauffeur d'ajouter : « Et le soir, il a beau être fatigué, manquer de sommeil, il ne se coucherait jamais ! Il est très, très bavard ». Pour Claudia Courtois, journaliste politique au Monde, « il fait partie des hommes politiques qui montrent le plus un besoin d'être aimé ». Quitte à tenter d'autres « coups » médiatiques : prendre Marouane Chamakh, un footballeur prête-nom sur sa liste, proposer la candidature de Bordeaux pour l'exposition universelle en 2020 ou celle du massif pyrénéen pour les Jeux d'Hiver 2022.
Jérôme PERROT
