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Parlez-vous gaeilge ?

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Un petit gars de 5 ans tout juste, qui se plante devant vous, dans la rue et commence à chanter une jolie comptine... dans une langue totalement inconnue, ça interpelle. La chanson est bien jolie et le petit, tout à sa joie, la reprend à plein poumon. Quant à savoir ce qu'elle raconte...

La comptime est en gaélique et le gamin commence à vous la traduire, du haut de ses 5 ans.

Qu'est-ce que le gaeilge - langue aux sonorités rauques et au rythme étrange? C'est d'abord la première langue officielle de la République d'Irlande. La première langue du peuple irlandais : l'irlandais - ou le gaélique comme certains l'appellent. La deuxième langue officielle est l'anglais - pragmatisme irlandais oblige.

Remise à la mode depuis peu par une série télévisée, la langue gaélique a été propulsée sous les feux de la rampe par l'élection, à la tête de son parti politique, du futur Premier ministre d'Irlande. Brian Cowen a surpris son monde en répondant dans la même langue à des journalistes qui l'interviewaient en irlandais. Et sans hésitations.

Il faut toutefois se rappeler que des habitants s'expriment toujours dans leur langue natale - le gaélique. Ainsi un médecin se souvient de ses premières années de médecine à Dublin où, devant soigner un homme d'une cinquantaine d'années, il avait d'abord pensé avoir affaire à un simple d'esprit. Avant de s'apercevoir que l'homme était plus à l'aise, pour décrire les symptômes de son mal, en irlandais qu'en anglais.

Par ailleurs, les personnes plus âgées, scolarisées à une époque où l'irlandais était la seule langue officielle d'Irlande, sont toujours capables de converser entre elles, en gaélique. Au grand dam des plus jeunes.

L'irlandais est devenu langue de travail officielle de l'Union européenne en 2005. Moins de 2 p.cent des Irlandais l'utilisent dans leur vie quotidienne - bien que son enseignement soit obligatoire dans les écoles de la République.

Et même si la langue gaélique reste indispensable pour qui veut devenir fonctionnaire de l'Etat, elle est de plus en plus concurrencée par l'anglais qui, petit à petit, la grignote. Jusqu'à la faire disparaître presque complètement dans des régions comme Dublin et ses alentours.

 

Mais la résistance s'organise. La langue gaélique a désormais son Digital Humanities Observatory. L'Etat irlandais a décidé d'aider l'institution universitaire à hauteur de 28 millions d'euros. La décision a été prise juste avant la publication des restrictions drastiques du Budget pour 2009.

Son objectif sera de numériser tous documents audio ou vidéo enregistrés au début du XXe siècle dans les régions d'Irlande parlant gaélique. Les chercheurs s'appuieront en grande partie sur les travaux d'un scientifique allemand, le Dr Wilhelm Doegen, qui parcourut l'Irlande de 1928 à 1931, enregistrant la population des comtés de Munster, Ulster et Connacht. Selon les universitaires du Digital Humanities Observatory, les personnes enregistrées par le Dr Doegen utilisaient toujours l'irlandais parlé pendant la Grande Famine (milieu du XIXe siècle).

 

Actuellement, sur 4,2 millions d'habitant en République d'Irlande, seules 70.000 personnes admettent parler irlandais dans leur vie quotidienne - bien que l'enseignement de la langue gaélique soit obligatoire dès l'école primaire. De récents sondages ont montré que moins de 5 p.cent de la population pouvait effectivement parler irlandais. Et plus des deux tiers disent ne jamais l'utiliser dans la vie courante.

 

Bien sûr, il faut distinguer les régions dites Gaeltacht [prononcer guel-taukt], situées dans l'Ouest et le Nord de l'Irlande où 45 p.cent de la population parle toujours en gaélique.

Le voyageur égaré au Connemara pourra en témoigner : se retrouver seul au milieu d'un dédale de petites routes, dans une campagne désertique, face à une succession de panneaux indicateurs écrits seulement en gaélique est une expérience dont on se souvient. Il pourra toujours se réconforter dans un pub où il peut avoir la chance d'écouter un chant en gaélique.


 

 

 

 

Tous les commentaires

Après près de 40 minutes de tâtonnement... j'ai réussi à insérer une deuxième vidéo !

Bravo pour tes deux vidéos, Yolaine, mais à les écouter, la réponse à la question de ton titre pour moi est définitivement non. Pas un mot !

Merci Yolaine, nous voilà récompensés de ta patience… Le chant est magnifique et la scène extraordinaire et bouleversante. Comme un cérémonial ancien où ce ne serait pas seulement la langue qui échappe… ainsi ces deux mains fortement unies jusqu'à la fin, l'une semblant imprimer à l'autre le mouvement d'où naît le chant. Pourrais-tu nous en dire davantage à ce sujet ?

Le chant , la langue à chaque fois ,je suis ému de découvrir une langue

Je ne comprends pas , mais cela me touche

Dans ma région, j'ai découvert avec plaisir l'Occitan

Merci à toi, Yolaine

Merci à tous.

Anne, tenir les mains du chanteur semblait être le moyen de rythmer le chant - et de lui donner le courage de chanter en public. Généralement, le chanteur fermait les yeux - certains disent pour ne pas voir le public qui l'entourait et pouvait l'intimider.

Merci Yolaine. Comme si l'un donnait le rythme et l'autre la voix, et ce courage qui circule par les mains… peut-être l'expérience fondatrice de l'humain, quelle beauté dans tout cela, inoubliable…

Impressionnant ! Il y a des similitudes avec le breton ou le Galois ou alors pas du tout? Moi je n'y connais pas grand chose :)

Selon mes sources bien informées, il y a 2 branches distinctes dans les langues celtiques actuelles (par le passé, il existait la branche Gaulois) : le Britonnique (Breton, Gallois, Cornuailles) et le Gaélique (Irlandais, Ecossais, Ile de Man).

Les 2 branches sont très différentes même si elles peuvent plus ou moins se comprendre en employant des termes de base (me dit-on).

J'ai visité Wales à plusieurs reprises. Au nord du Pays de Galles - de Bangor jusqu'à Aberystwyth disons - le gaullois est parlé tous les jours par la plupart du monde la plupart du temps, jeunes et moins jeunes, cela m'avait beaucoup surpris, le croyant une langue ayant connu le même sort que le "gaeilge" (c'est le mot pour "irlandais"... en irlandais). J'ai passé du temps avec des jeunes de mon age à l'époque - 20ans à 25 ans - et ils parlaient courrament le galois entre eux et 100% du temps - faisant l'effort de parler en anglais pour nous irlandais, car en fait ces langues sont trop différentes - un irlandais ne comprend pas un mot ou presque du gallois. Les gens du nord du pay de galles étaient très anti-british, et enviaient à nous irlandais notre indépendance - c'était il y a vingt ans, et à mon avis les choses ont peu changé depuis.

Avec un copain on voyagait le long du pays. Il y a un jour qui reste gravé dans ma mémoire : on est entré dans un pub dans une petite ville, un village plutôt, hors les sentiers touristiques, et on a commandé deux pints au barman. Il y avait un silence glacial. On prenait quelques gorgés de bières, ayant pas mal marché la journée, un peu mal à l'aise. Et on a compris le truc : il fallait qu'on leur faire comprendre qu'on était irlandais et non pas anglais ! Il nous ont fété comme des héros, il ne devait pas avoir beaucoup d'irlandais qui passait par là (ni d'anglais!). je me souviens encore des bras autour de nous comme des frères, alors que quelques minutes auparavant c'était tout l'inverse. On a passé la soirée à chanter, la bière coulait à flots ; on a dû improviser un peu, là où les paroles des chansons nous manquaient par endroits. Mais ça a marché ! On était complétément pété à la fin, et bien qu'heureux on ne pouvait s'empecher d'avoir une pensée pour les deux malheureux anglais qui un jour franchiraient la porte.

Ah, les celtes entre eux !

J'ai aussi réussir à passer une nuit mémorable au dortoire des filles de bangor University, un honneur pas donné à tout le monde. Mais ça c'est une autre histoire.

Il y a des jours où j'aimerais avoir 20 ans à nouveau.

Tiens, tiens... au dortoir des filles ? La suite !

Votre histoire me rappelle un voyage... en Corse - avec une voiture irlandaise et un conducteur irlandais (je sais, oui : faire Dublin-Bonifacio en voiture, faut être...celte).

L'accueil qu'on a eu de la part des Corses... Grandiose. On a même eu droit à un "on est des frères" du côté de Corte.

 

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