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Transition énergétique: ça sent trop le gaz

Un arrêté ministériel vient d'autoriser la société Direct Energie Génération à construire en Bretagne une centrale au gaz pour produire de l'électricité, un projet dont «la pertinence économique, sociale et environnementale (...) n’est absolument pas démontrée». Par Anne-Marie Boudou, conseillère régionale en Bretagne, Pascal Durand, secrétaire national EELV, Guy Hascoët, président du groupe EELV au conseil régional de Bretagne et Yannick Jadot, député européen.

 



A quelques semaines de l'ouverture des débats sur la transition énergétique, les processus d'implantation d'infrastructures de production électrique se poursuivent partout en France, comme si de rien n’était. En Bretagne, sous l’impulsion du conseil régional, le Pacte électrique breton qui prévoit une centrale gaz à 450 millions d'euros à la pointe Finistère constitue un cas d'école. Il s’agit d’un projet initié par l'Etat, piloté de fait par Jean-Yves Le Drian, ancien président de la région.

Le 10 janvier 2013, un arrêté ministériel a autorisé la société Direct Énergie Génération à construire une centrale gaz d'une capacité de production de 446 MW. Dans le même temps où cet arrêté était publié au Journal Officiel, le collectif citoyen Gaspare (Garantir l’avenir solidaire par l’autonomie régionale énergétique), qui conteste ce projet, présentait un projet alternatif élaboré par Horizon, un bureau d'études indépendant.

Ce scénario alternatif pour le plan électrique de la Bretagne s'appuie sur des éléments et des hypothèses issues des dernières projections de RTE, du Pacte électrique breton et des premiers documents du schéma régional Climat air énergie (SRCAE). Il démontre clairement l’inutilité de cette centrale gaz. La démonstration s’appuie sur des données incontestables qui prennent en compte tant les évolutions de consommation que différents éléments liés au développement des énergies renouvelables et à l’optimisation des équipements existants. Le scénario alternatif fait diminuer de 37 % les émissions de gaz à effet de serre, au lieu de 18 % avec le projet de centrale gaz. En outre, la fragilité économique du projet conduirait les Bretons, faute de rentabilité, à verser une rente de 40 millions d’euros par an aux exploitants!

A ce jour, la pertinence économique, sociale et environnementale de ce projet n’est absolument pas démontrée.

Dans un contexte de transition énergétique, l’urgence est bien à une remise à plat d’un Pacte électrique Breton concocté dans les services de la préfecture et du conseil régional, sans réel débat public. Il s’agit donc de mener ce débat public en y permettant une confrontation des différents scénarios, présentés avec une réelle transparence des données d’analyse ainsi qu’avec une prise en compte des impacts des différents projets, que ce soit en termes de créations d’emplois durables, de conséquences environnementales et sanitaires ou de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Passons du diktat au dialogue, maintenant.

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