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Chronique d'un licenciement «boursier» chez Generali

Le 5 janvier 2007, Generali proximité assurances a licencié, pour raisons «économiques», 220 de ses salariés. Depuis, le comité d'action et d'animation des anciens de GPA se bat pour faire reconnaître le côté «boursier» de ce licenciement massif car pour eux, l'unique but poursuivi par la filiale d'un des acteurs majeurs de l'assurance en France était la «maximisation des profits».


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pave.jpgSous prétexte de demandes récurrentes des organisations syndicales, début 2006, la direction de GPA Assurance, filiale du groupe Generali, décide de modifier la structure de la rémunération des salariés de son réseau commercial. L'ancienne rémunération datait du début des années 1990 et avait réellement besoin d'être modifiée pour s'adapter à l'évolution de notre métier et des produits distribués ainsi que pour en réformer des aspects qui, au fil du temps, s'étaient avérés pénalisants pour certaines catégories de conseillers notamment parmi les jeunes recrues.

Premier malaise

La direction de l'entreprise mettait aussi en avant des menaces sur la compétitivité de l'entreprise qui, paradoxalement, ne furent jamais vraiment discutées, ni même réellement argumentées. Elle brossait un tableau apocalyptique de l'avenir de l'entreprise alors même que ses résultats n'avaient jamais été aussi élevés dans un marché en continuelle croissance depuis des années. Il s'est très rapidement avéré que les déclarations et les propositions avancées par la direction ne visaient que la mise en place d'un système de rémunération au profit exclusif des actionnaires de l'entreprise.

 

Cela passait tout d'abord par la mise en place d'une franchise sur la partie fixe du salaire. Cette franchise est fonction du nombre de contrats vendus et substitue une logique de nombre à la logique précédente qui était plutôt liée à des volumes de primes encaissées, transformant le salarié en «chasseur de signatures». Ensuite, les commissions récurrentes sur les contrats qui permettaient aux conseillers de sécuriser leur parcours professionnel ont été abolies puisque, désormais, les compteurs sont remis à zéro chaque début de mois. La baisse et l'uniformisation du commissionnement des contrats ne tenant pas compte de leurs différences de technicité et donc des difficultés de commercialisation et de suivi des clients.
Des pseudo négociations

A cela, s'ajoutèrent des mesures individuelles de garanties de salaire que la direction avait bien pris soin de ne pas intégrer dans les pseudo négociations menées avec les organisations syndicales. Ces mesures individuelles ne visaient qu'à rendre les salariés qui en bénéficiaient redevables de leur hiérarchie directe et donc corvéables à merci. A des accords collectifs, elles substituaient un contrat individuel entre l'employeur et le salarié, alors même que le rapport de force entre les deux parties est par nature défavorable au salarié. Ces mesures, en plus de bouleverser radicalement l'exercice du métier de conseiller commercial, ont conduit à des baisses de salaire de 20 à 50% selon le mode de production de chacun et ont totalement assujettis les conseillers aux choix commerciaux de leur direction sans pouvoir les adapter aux réels besoins de leurs clients.


Pourtant, le 18 juillet 2006, l'accord sur la nouvelle rémunération fut signé par quatre des cinq organisations dans des conditions scandaleuses, à la suite de quoi nous reçûmes donc l'avenant à notre contrat de travail. L'alternative offerte était dramatiquement simple : accepter ce nouveau contrat de travail sans restrictions où être licenciés. 220 d'entre nous furent donc licenciés le 5 janvier 2007, nous plaçant dans des situations souvent dramatiques après parfois vingt ou trente ans passés dans l'entreprise.
Une longue bataille engagée

La direction de Generali ne put réaliser ses objectifs qu'en usant d'une communication pervertie et en plaçant ses pions les uns après les autres selon une méthode et un calendrier remarquablement maîtrisés. Elle communiquait largement sur des notions de responsabilité sociale, d'engagement citoyen. Elle jurait, la main sur le cœur, qu'elle n'avait jamais souhaité réaliser des licenciements mais qu'elle y avait été contrainte par notre refus de nous adapter aux choix stratégiques de l'entreprise. Bref, si nous étions licenciés, c'était uniquement de notre faute.

 

Depuis cette date, nous nous battons pour faire reconnaitre que, loin d'être la conséquence de menaces pesant sur la compétitivité de l'entreprise, notre licenciement était lié à l'exigence de maximalisation des profits dégagés par l'entreprise, d'où la qualification de «boursier» que nous lui donnons. Nous nous battons devant les conseils des prud'hommes, procédure d'autant plus longue que la direction de l'entreprise a promis d'aller jusqu'au stade de la Cour de cassation. Nous menons aussi une bataille de communication, car face à la perversité du système mis en œuvre par la direction de l'entreprise, face à sa stratégie de communication visant à la présenter comme garante d'une éthique dont elle se dispense allègrement au quotidien, nous devons réagir.
Nous ne sommes pas un cas isolé. Les exigences toujours plus démesurées des actionnaires, les renoncements de certains représentants du personnel, de trop nombreux responsables politiques, le prétexte de la crise, tout cela concoure à multiplier les licenciements « boursiers » , à dégrader les conditions de travail des salariés, à déprécier le service rendu aux clients et de facto à créer encore un peu plus de chômage.
C'est donc l'histoire de la perversité de ce système, par notre simple témoignage, que nous souhaitons vous faire partager. Notre souci de clarté et de précision dans les faits décrits nous ont obligés à rédiger un texte relativement long que vous retrouverez sous forme de feuilleton sur notre blog.
Vincent Prudor, pour le comité d'action et d'animation des «Anciens de GPA »

http://lesanciensdegpa.skyrock.com

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