Déni de démocratie au Palais de Tokyo
Les artistes OlivierBlanckart, Christian Bonnefoi, Pascal Convert, Alain Fleisher,Jean-Michel Meurice, Bernard Moninot et SylvieTurpin dénoncent l'éviction d'Olivier Kaeppelin du musée d'art contemporain parisien, diligentée par le ministère de la culture. Ils lancent une pétition.
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Aprèsle brutal limogeage d'Isabelle Neuschwander des Archives nationales, après les faux pas et la malheureuse affaire «Olivier Py, Luc Bondy, Théâtre de l'Odéon et Festival d'Avignon », une nouvelle affaire émeut le milieu de la culture ettrouble le pouvoir politique.
Desintrigues menées au sein du ministère ont abouti au refus de donnerà Olivier Kaeppelin les pouvoirs qui lui avaient été déléguéspour conduire son projet pour le Palais de Tokyo. Des ambitionspersonnelles et des plans de carrière occultent l'intérêt général.Les artistes l'ont aussitôt compris qui se sont déjàrassemblés autour d'une pétition demandant le maintiend'Olivier Kaeppelin: plus de 680 artistes etpersonnalités, critiques, historiens, écrivains,conservateurs... Une telle mobilisation dans un milieu réputépour son fort individualisme est tout à fait exceptionnelle.
Leministre fait la sourde oreille mais ses conseillers s'agitent. Desmanœuvres et manipulations malsaines sont en marche. La signature duchef de l'inspection de la création artistique est détournée aubas d'un texte qu'il ignore, et la plume d'Emmanuelle Lequeux écrit,dans l'édition du Monde datée du 1er mai, ce que «desvoix» lui dictent, faisant du départd'Olivier Kaeppelin un choix personnel. Toujours selon cettejournaliste, «depuis des mois Olivier Kaeppelin cherchait unesortie honorable» et la prestigieuse fondation Maeght s'offraità lui. La très vive et immédiate mobilisation des artistesprouve au contraire qu'ils ont tout de suite compris qu'il s'agissaitde sortir des ambiguïtés et des intrigues de couloirs pour poserpubliquement et en toute transparence la question de la véritablevocation de ce nouveau lieu et de la répartition démocratique despouvoirs au sein de la hiérarchie.
Ala désinformation, et sans vérifier ses sources, la même plume duMonde ajoutait l'injure ad nominem: annonçant le projet d'OlivierKaeppelin d'exposer des artistes «déjà consacrés, ou quisont un peu oubliés, voire qui sentent la naphtaline pour certains».Parmi ces artistes on trouve le noms de LeeUfan, GottfriedHonegger, les Poirier, HervéTélémaque, ShirleyJaffe, DjamelTatah, GérardGarouste, FrançoisRouan, RobertCombas, Hervé Di Rosa et FrançoisBoisrond.
Tousces artistes sont connus et reconnus pour leur qualité propre.L'accusation ne vise que leur âge. Manœuvre malsaine qui vise en fait àopposer jeunes et vieux artistes, diviser la communauté des artistesau lieu de les rassembler.
Lerassemblement est clairement celui de la pétition pour le maintiend'Olivier Kaeppelin parce qu'il incarne des valeurs de compétence,et de générosité qui ont toute la confiance des artistes, toutesgénérations et genres esthétiques confondus. Sonapproche du monde actuel de l'art contraste avec la violence qui s'yexerce. La pression du marché et l'urgence avide des ambitionspersonnelles détournent l'esprit public de sa mission. En proposantun lieu qui remette au centre le travail des artistes, la notiond'œuvre avec ce que cela implique de déploiement dans le temps, enéclairant la scène artistique en France, il ne prend parti nicontre le marché, ni contre l'internationalisation de la création,mais propose une position réflexive à l'âge de l'entrée des artsplastiques dans les industries culturelles. Pour ceux qui ont une vueà cours terme, ce projet peut sembler contraire aux intérêts et àla voracité du marché et ne faut donc pas s'étonner qu'il suscitedes oppositions et des manœuvres pour le discréditer. Certainsveulent même en faire un projet «nationaliste»alors que les choix d'Olivier Kaeppelin ont toujours prouvé lecontraire
Lesartistes demandent non seulement qu'Olivier Kaeppelin soit confirmédans ses fonctions avec les pouvoirs nécessaires pour mener àbien sa mission, mais aussi que les valeurs, la mission, lesorientations de la nouvelle institution du Palais de Tokyo soientrendues publiques et pérennes. Ils demandent tout simplement quecessent les intrigues menées dans l'ombre. Ils demandent toutsimplement des décisions conformes à la démocratie.
