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01
Oct

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Article d'édition

Pourquoi Bayrou doit quitter la présidence du Modem

En finir avec le cumul des mandats, et confier la direction du parti à un(e) autre que le candidat à la présidence de la République: ce sont les axes proposés Clotilde Ripoull, conseillère municipale d'oppostion à Perpignan et vice-présidente du Modem, pour assurer la survie du mouvement démocrate.

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pave.jpgLes derniers sondages publiés créditent le MoDem de 3 % à 6 % des voix pour les élections régionales. L'hémorragie des élus et des militants se poursuit. Ségolène Royal et Valérie Pécresse affichent chacune cinq candidats transfuges sur leur liste... Le MoDem n'en finit pas de se déliter.

L'échec du Mouvement Démocrate lors des prochaines élections va-t-il donc sonner le glas des ambitions présidentielles de François Bayrou ?

La réponse réside dans la capacité de Bayrou à réformer le MoDem et à rompre le lien ambigu qu'il entretient avec son parti ; un parti qu'il persiste à gérer comme un mal nécessaire. Le MoDem souffre d'une gouvernance qui a atteint ses limites : indécision et choix tardif des têtes de liste avec une situation paroxystique en Languedoc-Roussillon, absence de concertation autour des grands élus du mouvement (dont Corinne Lepage) ...

Fort de 40 000 adhérents après les présidentielles, le Modem n'en compte peut-être plus 10 000. François Bayrou n'est pas étranger à ce marasme. En considérant le fonctionnement de son mouvement comme la part accessoire de son action, il est en train de le miner de l'intérieur. Inconscient que sans un parti moderne (celui qu'il appelait de ses vœux !), sans des élus dans toutes les régions, sans des adhérents actifs, ses chances de percer lors de la présidentielle de 2012 seront inexistantes.

Voilà pourquoi il faut appeler à une clarification : le MoDem n'est pas une écurie présidentielle ! C'est avant tout une force politique, capable de se développer parallèlement aux ambitions de François Bayrou. Une force qui a des positions à promouvoir, des élus à rassembler, un espace politique à occuper. Cet espace, c'est celui du centre social, démocrate et radical. Centre d'équilibre entre, d'un côté, un UMP hégémonique phagocytant et formatant une certaine droite, et de l'autre un PS écartelé entre l'extrême gauche de Benoît Hamon et la social démocratie de DSK.

Loin de fixer ce cap au parti centriste, François Bayrou n'a cessé de louvoyer. Après avoir prôné avec succès le ni-droite ni-gauche au moment de la présidentielle de 2007, le droite ou gauche aux municipales de 2008, les régionales de 2010 sonnent l'heure du à gauche toute. Inaugurant, dans cette dernière version, la mode du « tout le monde est fréquentable sauf l'UMP. »

Au-delà de ce nécessaire constat, que faire pour que le MoDem évolue enfin et soit à nouveau écouté des Français ?

Avec les élus qui restent fidèles au MoDem, nous pensons que trois propositions vont redonner tout son crédit et sa force à notre mouvement.

Tout d'abord, François Bayrou doit accepter de transmettre la présidence du Mouvement Démocrate. Cela confortera le caractère démocratique du MoDem qui doit abandonner le principe archaïque du chef de parti-candidat. Appuyé par une structure forte, dynamique et représentative, François Bayrou pourra alors aborder pleinement son destin présidentiel. Il appartient aux adhérents du MoDem de choisir au plus tôt, une personnalité indépendante et légitime pour organiser un fonctionnement en phase avec nos valeurs.

Ensuite, le MoDem doit prendre deux décisions exemplaires. Elles créeront un bouleversement salutaire dans le paysage politique : la fin de tout cumul de mandat et la limitation à trois mandats consécutifs. Appliquées aux élus MoDem, puis à l'ensemble des élus français, ces mesures stopperont la professionnalisation dangereuse de la vie politique, la déconnexion de nos représentants des préoccupations quotidiennes et des enjeux d'avenir. Ces deux révolutions politiques permettront un renouvellement et une diversité réelle des personnes au pouvoir. Les appliquer immédiatement au MoDem, prouvera notre volonté de faire de la politique autrement.

Cependant, les départs au plus haut niveau attestent que rares sont ceux qui croient encore à une refondation de l'intérieur. Mais, quitter le Modem ne sert à rien, tant la crise politique est généralisée à tous les partis. Ses élus doivent donc se réunir pour installer au plus tôt une voix différente. Ils doivent veiller à ce que les positions et le dynamisme de leur parti soient les garants de l'avenir de François Bayrou et non le contraire.

Sans cette capacité à se réformer, sans cette volonté de faire de nos propositions pour la France une arme de conviction plus puissante que la critique systématique, le grand défi du MoDem aura vécu et la démarche présidentielle de François Bayrou aura perdu tout sens. Alors, ne perdons plus de temps !

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