Vent mauvais sur la Méditerranée: La fin de l'asile, c'est le déni de la vie même
Plus de 200 personnes se sont noyées, le 29 mars, dans le naufrage de leurs embarcations au large de la Libye. Un accident tragique qui s'ajoute à la litanie des migrants morts depuis que l'Europe a réajusté sa politique d'asile, passant de 85% d'acceptation dans les années 1990 à 85% de refus aujourd'hui.

L'hécatombe continue donc, et le silence qui l'entoure aussi. L'accident, puisque c'en est un, s'inscrit dans une chaîne macabre déjà longue et mal connue dont les populations en déplacement sont les victimes, et les autorités politiques et administratives les responsables directs ou indirects. En août 2005, 535 migrants africains sont expulsés du Maroc vers l'Algérie et de là sont déportés en camion et abandonnés au milieu du désert entre Algérie et Mali ; on ne retrouve qu'une poignée de survivants. A Ceuta en septembre 2005, les policiers espagnols et marocains prennent eux-mêmes le droit de tirer sur des migrants qui tentent de passer la frontière : onze morts au moins cette nuit-là. Au Caire le 30 décembre 2005, cent-cinquante personnes sont tuées par la police égyptienne qui charge sur un campement d'un millier de Soudanais réfugiés, demandeurs d'asile ou de réinstallation dans un pays tiers, installés depuis plusieurs semaines face aux locaux du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) dont le délégué régional a demandé l'intervention de la police pour évacuer le campement.
Jusque dans les années 1970, les personnes, nombreuses, qui auraient pu demander l'asile pour cause de persécutions, de guerre ou de craintes de violences (potentiellement des « réfugiés » selon la convention de Genève de 1951) n'utilisaient pas ce recours tout simplement parce qu'elles n'en avaient pas besoin : en Europe, en France notamment, les migrants trouvaient une reconnaissance et une place sociale comme travailleurs. Avec la crise économique, les crispations identitaires et nationalistes face au développement de la mondialisation, et avec les changements de la législation sur l'immigration, tout est devenu plus difficile, du point de vue du travail, de la résidence et de la liberté de mouvements, pour les étrangers venant des pays du sud. Progressivement, la mobilité internationale nord-sud voire sud-sud a été criminalisée. Maintenant la référence universelle à l'identité commune d'humains, et non plus à celle, sociale, de travailleurs immigrés est ce qui fonde leur droit à une mobilité internationale : un dernier recours en quelque sorte, pour pouvoir fuir, circuler ou émigrer - stratégie la plus réaliste (et pas forcément la plus désirée) du droit à la vie. Et voilà que le droit à l'asile à sont tour est réduit en quelques années à une peau de chagrin, passant de 85% d'acceptation des demandes d'asile en Europe au début des années 1990 à plus de 85% de refus au milieu des années 2000. La fin de l'asile est le mur auquel se heurtent maintenant tous ceux qui, ayant connu des persécutions, menaces, guerres larvées, violences diffuses ou ciblées (régionales, sexuées, ethniques, politiques, etc.) auraient, aux yeux de la convention de Genève de 1951, toute légitimité à demander et obtenir l'asile.
Les principaux pays européens refusent d'appliquer aujourd'hui cette convention. Ils voudraient le faire en silence, comme le montre la stratégie de l'« externalisation de l'asile » qui vise, depuis la fin des années 1990, à stopper les flux de personnes en déplacement en-deçà des frontières européennes, au Maroc, au Sénégal ou en Libye - principal partenaire de l'Italie dans le contrôle des flux migratoires. L'arbitraire de ces mises à l'écart est mal connu mais patent : ainsi plusieurs pays européens (dont la France) refusent de reconnaître le droit d'asile aux exilés irakiens, mais négocient avec plusieurs pays du Proche-Orient (moyennant quelques aides financières et la collaboration du HCR) pour que ceux-ci les reconnaissent « réfugiés » et les accueillent. Pays « tampons », asile « interne », « humanitaire » et « temporaire », « externalisation » : tels sont les mots-clés des politiques européennes contre le droit d'asile. Ce rejet des réfugiés est juste une des pièces d'un dispositif plus large qui remet en cause la liberté de circuler des citoyens, travailleurs et leurs familles venant des pays du sud globalement réduits à une masse d'indésirables. Ce qu'on ne mesure pas assez, mais qui se révèle lors d'événements apparemment exceptionnels, c'est que le rejet institutionnel des étrangers indésirables est immédiatement et concrètement « performatif » : ce qui est dit institue déjà la réalité, ici et maintenant. Dans un contrôle ou une traque d'étrangers anonymes, un policier se sentira naturellement « autorisé » à frapper un « Musulman clandestin » et un autre à tirer sur un « Africain sans papiers ». Performative et instituante, la politique des Etats contre l'asile induit chez ceux qui la mettent en œuvre le mépris, la violence raciste et le droit de laisser mourir, transformant les étrangers indésirables en vies « bonnes à jeter » (« wasted lives » pour Zygmunt Bauman). Et elle exige notre indifférence en punissant par la Loi ceux qui viennent en aide aux étrangers en situation irrégulière.
Face à la violence de cette conception excluante de la mondialisation, une autre pensée du monde existe et doit être entendue, celle qui rétablit la solidarité à l'échelle mondiale pour accompagner le repeuplement en cours de la planète. Enclenché dans un contexte de crises économiques, sociales, environnementales, et simultanément politiques, ce repeuplement nous mènera d'ici une cinquantaine d'années vers une autre carte du monde.
Mais cet horizon-là, empathique et apaisé, n'est pas celui de nos gouvernants. Aujourd'hui, un vent mauvais souffle sur la Méditerranée, sur les rapports nord-sud, sur la mondialisation. Ce vent porte une odeur de mort, dont les gouvernements européens et tous ceux qui conçoivent ou mettent en œuvre leur politique sont responsables, et pas seulement les « passeurs », la Libye... ou le mauvais temps.
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* Michel Agier est anthropologue à l'Institut de recherche pour le développement et à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, membre du conseil d'administration de Médecins Sans Frontières, et du réseau Migreurop. Il vient de publier Gérer les indésirables. Des camps de réfugiés au gouvernement humanitaire aux éditions Flammarion.

Tous les commentaires
"L'hécatombe continue donc, et le silence qui l'entoure aussi "
Merci de rompre ce silence , et de montrer , à l'occasion de cet accident , que les pratiques "barbares" n' émanent pas que des passeurs avides de gains , mais aussi des autorités administratives, institutionnelles . Car c' est bien « la violence de cette conception excluante de la mondialisation " sous-tendant la politique « performative » de de nos Etats qui pousse au crime, en le justifiant, ceux qui la mettent en œuvre....
Je suis scandalisé par cette attaque sournoise contre un grand homme que le monde nous envie, une des grandes consciences de notre temps, un des hommes politiques contemporains qui savent ce que courage veut dire et qui persistent contre vents et marées, malgré la pression insidieuse des élites tordues dont ce billet est un exemple lamentable, à promouvoir une réelle politique humaniste. J'ai nommé Éric Besson dont j'ai l'honneur de prendre la défense ici et là
"Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit !" Mercredi 8 avril dans plusieurs dizaines de villes en France, des milliers de personnes se rendront devant les différents palais de justice pour se constituer prisonniers. Parce qu’aujourd’hui, en France, accueillir, accompagner ou simplement aider une personne sans papiers est devenu un délit… Rassemblements le 8 avril 2009 dans plus de 70 villes. Voir la carte "météo RESF" du 8 avril et la liste des villes participantes : http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article18545 Voir aussi le site www.delinquants-solidaires.org De nombreuses organisations ont rejoint la mobilisation au fil des jours. En voici la liste complète : Emmaüs France / Association Emmaüs / La Cimade / Gisti / Comede / Fédération entraide protestante / UNIOPSS / RESF/ FASTI / Secours Catholique / FNARS / Syndicat des avocats de France / SOS Racisme / Dom’Asile / Ligue des Droits de l’Homme / MRAP / Association Toits du monde – Orléans / SALAM Nord/Pas-de-Calais / ACASEA / Agir Ensemble pour les Droits de l'Homme / France Terre d’asile / Fédération Sud Education / Médecins du Monde / ATD Quart Monde / Réseau Chrétien immigrés / Sud Education / Migration santé Alsace / ADDE (Avocats pour la Défense Des Droits des Etrangers) / CLARA (Comité national de coordination des associations d'accompagnement des migrants) / MPEF ( Mission Populaire Évangélique de France) / Osiris / ADN (Association pour la démocratie à Nice) / Terre d'errance / Fédération Syndicale Unitaire / Fédération Jeunes errants / les amoureux au ban public / Les petits Frères des pauvres / ATTAC France / Le Collectif National Droits de l’Homme Romeurope / Centre Social Aires 10 / Migrations Santé Alsace / AIDES / L’ACAT-France / Groupe accueil et solidarité (GAS) / Arcat / ICEM - pédagogie Freinet / Ardhis / le Syndicat des Enseignants-UNSA / Le Syndicat National de l'Environnement-FSU / SoS Soutien aux Sans Papiers / FCPE / Syndicat de la magistrature Villes participantes au 6 avril 2009 - Agen (47) 13H00 Palais de Justice - Aix-en-Provence (13) 18H00 Palais de Justice - Place des Prêcheurs - Alès (30) 11H30 Tribunal - Amiens (80) 13h00 Palais de Justice (Tribunal d'Instance) - rue Robert-de-Luzarches - Angers (49) 12H30 Palais de Justice - Angoulême (16) 16H30 Parvis de l'Hôtel de Ville puis vers le tribunal - Annecy (74) 12h30 Palais de Justice - rue Sommeiller - Auch (32) 13h-14h Tribunal - Auxerre (89) 13h00 Palais de Justice - Avignon (84) 12H30 Palais de Justice - boulevard Limbert - Beauvais (60) 10H Hôtel de Ville - Place Jeanne Hachette - Belfort (90) 17H30 Tribunal de Grande Instance - Besançon (25) 17H30 Palais de Justice - 1, rue Mégevand - Béziers (34) 12H15 Tribunal de Grande Instance - place de la révolution - Bobigny (93) 18h00 devant le TGI (M° ou tram Picasso) - Bordeaux (33) 13h00 Parvis des Droits de l'Homme (esplanade située devant le Tribunal de Grande Instance, rue des frères Bonie, entre les arrêts « Palais de Justice » et « Hôtel de Ville » de la ligne A du tram) - Boulogne s/Mer (62) 13h00 Tribunal de Grande Instance, place de la Résistance (enceinte de la Vieille Ville) - Bourges (18) 10H00 Tribunal - Brive (19) 17h00 Palais de Justice - Caen (14) 18H00 Tribunal de Grande instance - place Fontette - Carcassonne (11) 18H00 Place Carnot - Châlon sur Saône (71) 18h00 devant le Palais de Justice après la conférence de presse de 17H - Chambéry (73) 17h30 Place du Palais de Justice - côté Quai du jeu de paume Quai de Verdun - Charleville-Mézières (08) 13h00 Palais de Justice - Esplanade du Palais de Justice - Chartres (28) 10H00 Tribunal de Grande Instance - Chateauroux (36) 15H00 Palais de Justice - Place Lucien Germereau - Clermont-Ferrand (63) 2 rassemblements: - 13H00 Plais de justice (CIMADE63, Secours Catholique, ASTI) - 18H00 Préfecture (LDH, RESF63) - Dijon (21) 10h00 Cité judiciaire - Boulevard Clémenceau - Dôle (39) 17h30 Ttribunal - rue des Arènes - Evreux (27) 12h-14H Tribunal de Grande Instance - 30, rue Joséphine - Grenoble (38) 13h00 Palais de Justice - Place Firmon Gautier - La Rochelle (17) 13H00 Tribunal - Laval (53) 11H30 - 14H00 Palais de Justice - place Saint Tugal - Le Havre (76) 17h00 Palais de Justice - Lille (59) 10h - 14h Palais de Justice - avenue du peuple Belge - Lyon (69) 12h30 Tribunal de Grande Instance - 67, rue Servient - 3e arrdt - Mâcon (71) 17h00 devant l'Hotel de police rue de Lyon puis à 18H00 Palais de justice - Marseille (13) 13h Palais de Justice - 6 place Monthyon 13006 Marseille - Melun (77) 14h00 Palais de justice (cercle de silence) - Metz (57) 13H00 Palais de Justice - Montauban (82) 13H00 Palais de Justice - place du coq (pique-nique en commun) - Montpellier (34) 12H15 Cour d'Appel (rue Foche) - Mulhouse (68) 10H00 Tribunal de Grande Instance - 21, rue Robert Schumann - Nancy (54) 18H30 Devant la Cour d'Assises - Place Carrière - Nantes (44) 11h30-13h00 nouveau Palais de Justice, quai François-Mitterrand - Narbonne (11) 13H00 Palais de Justice - Nice (06) 17h00 place du Palais de Justice - Nîmes (30) 17h30 Palais de Justice (du côté des Arènes) - Orléans (45) 12H30 Palais de justice - 46 rue de la Bretonnerie - A Paris (75) 13H00 Place Saint-Michel Métro St Michel s'y rassemblent aussi les - Val d'Oise (95) - Val de Marne (94) - Yvelines (78) - Pau (64) 12h00 Palais de Justice - pique-nique de la solidarité - Perpignan (66) 10H00 Palais de Justice - Place Arago - Poitiers (86) 13H00 Palais de Justice - Privas (07) 12H00 Tribunal d'Instance - 10 Cours du Palais - Puy en Velay (43) 17H00 Place du Breuil - Reims (51) 10H-14H Palais de Justice - Rennes (35) 11h30 Cité judiciaire bd de la tour d'Auvergne - Roanne (42) 10h00 lieu Palais de Justice - 5 place Georges Clemenceau - Rodez (12) 10h00 Palais de Justice - Rouen (76) 18h00 Palais de Justice - Saint Brieuc (22) 11H30 Tribunal de Grande Instance - Saint Etienne (42) 10h00 Place du Palais de Justice - Saint Nazaire (44) 18H00 Palais de Justice (rue Albert-de-Mun) - Saintes (17) 17H00 Palais de Justice - Strasbourg (67) 10H00 Tribunal de Grande Instance - Quai Finkmatt - Toulon (83) 10h00 Palais de Justice - Toulouse (31) 17H30 Tribunal de Grande Instance - Place du Salin - Tours (37) 14h00 Palais de Justice - Place Jean Jaurès - Tulle (19) 16h30 Palais de Justice - Valence (26) 17h30 RV Place Porte Neuve pour se diriger vers le Palais de Justice où la manifestation commencera à 17h45. - Vannes (56) Pas de rassemblement à Vannes, mais à Rennes (35) Communiqué de presse Montreuil, le 27 mars 2009 Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit ! Mercredi 8 avril dans plusieurs dizaines de villes en France, des milliers de personnes se rendront devant les différents palais de justice pour se constituer prisonniers. Parce qu’aujourd’hui, en France, accueillir, accompagner ou simplement aider une personne sans papiers est devenu un délit… Comme le précise l’article L622 ]1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile: « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France sera puni d’un emprisonnement de 5 ans et d’une amende de 30 000 euros ». Parce que le gouvernement français s’est donné comme objectif en 2009, l’interpellation de 5 000 aidants et de 5 500 en 2011, en assimilant citoyens solidaires et militants bénévoles aux trafiquants de main d’oeuvre et autres passeurs…. Mercredi 8 avril, nous serons donc des milliers affirmant avoir un jour aidé un homme ou une femme sanspapiers en difficulté. Nous serons des milliers de citoyens décidés à rester des « aidants » » et à affirmer que l’humanité et la solidarité sont des principes supérieurs sans lesquels il n’y a pas de société digne de ce nom. Cette mobilisation citoyenne nationale ne sera qu’une première étape. Quelques jours plus tard, une proposition de loi rédigée par le collectif associatif sera portée devant le Parlement. Cette proposition visera à : • réaffirmer le principe de l’accueil inconditionnel dans les structures associatives susceptibles d’accueillir des migrants ; • dépénaliser les « aidants » • interdire les interpellations de personnes en situation irrégulière dans les lieux d’accompagnement et d’accès aux droits (éducation, santé…) Contacts presse : Emmaüs France : Sandrine Witeska / 01 41 58 25 30 – 06 16 46 27 51 FASTI : Schwertz Favrat / 06 13 07 74 76. Fédération Entraide Protestante : Nicolas Derobert / 01 48 74 53 84 FNARS : Bernard Loye / 01 48 01 82 06 Secours Catholique : Catherine Coutansais /
Ecoutez ou réécoutez l'excellente chronique d'OLIVIER DUHAMEL sur FRANCE CULTURE VENDREDI 3 AVRIL 8 H 30. Désolée mais je ne suis vraiment pas douée informatiquement pour la "balancer" ici. En tapant CHRONIQUES D'OLIVIER DUHAMEL on la retrouve. A elle seule, elle résume toute la situation.
Solution de facilité et finalement solution de lacheté : Aller dans le sens de la "générosité", fermer les yeux sur les conséquences financières, sociales, pour la collectivité que d'être complice de l'immigration clandestine. Pas grave, c'est les contribuables qui paieront, aux gouvernements de se débrouiller, et si ils n'ont pas de sous, nous on est irresponsable, c'est aux autres de payer et d'assumer nos actes inconséquents, et si on retrouve toute cette population perdue, prostrée, sans plus de ressources, dans un monde qui n'est pas le sien et qui est plus qu'indifférant, sous des tentes le long du canal St Martin, et bien on hurlera aux loups, à l'incapacité des "pouvoirs publics" de trouver des solutions à des problèmes exogènes, inattendus et non prévisibles. Finalement le discours de Dakar de Sarkozy avait un fond de vérité en mettant les Africains en face de leur incapacité à maitriser et leur Histoire, et le monde dans lequel les "autres civilisations", surtout l'occidentale, les a plongé.
plongé prend un "s" pour accorder le participe passé avec le complément d'objet direct (défini pluriel) placé devant l'auxiliaire "avoir". Sur le fond, rien de nouveau, deux siècles de "civilisation historique" n'ont pas suffi à rendre tout le monde bien informé des grandes logiques historiques qui ont connecté et confronté les continents. S'il y avait un tribunal de l'Histoire, vous seriez dignement inculpé. En tout cas, vous avez cette utilité que vous nous rappelez le bon vieux fond colonial-vichyste duquel nous venons partiellement et qui irrigue encore nos imaginaires "civilisés". Ne changez rien, cloclo, sauf votre président, ce serait sympa. Restez dans votre civilisation, je m'en vais pour ma part dans le monde... * ps: salutations à Michel Agier, dont la lecture de sa formidable étude du carnaval bahianais a nourri mes recherches sur la fête en Bolivie. Qu'il en soit remercié.
Quelqu'un a-t-il vu hier la soirée thématique sur ARTE qui explique en partie les rouages de notre système économique occidental pervers et qui fatalement finit par entraîner vers la noyade des milliers d'êtres humains qui estiment avoir le droit à une vie meilleure, lorsqu'on leur a détruit ? - "WE FEED THE WORLD, LE MARCHE DE LA FAIM" d'ERWIN WAGENHOFEN - "L'EUROPE PLUME L'AFRIQUE" de JOACHIM VOLLENSCHIER - "LE MENSONGE VERT" de INGE ALTEMEIER et REINHARD HORNUNG. Alors, pour les esprits assez étroits, qui ont vraiment du mal à comprendre, "L'Europe plume l'Afrique" fait partie des reportages les plus explicites sur les causes et conséquences des drames vécus par les immigrés clandestins. Destruction du système économique local des pays d'Afrique au profit du système tentaculaire et monstrueux du système économique occidental mondialisé. On flingue tout leur tissage local, on développe leur chômage et après on s'étonne qu'ils viennent frapper à nos portes ? ON RECOLTE CE QUE L'ON SEME. Ces reportages ont le mérite de nous mettre le nez dans notre ......
Patricia Pourquoi dans notre… Je n'aime pas cette culpabilisation générale. Je suis opposé à ces politiques criminelles et stupides, contraires au processus d'émancipation de l'humanité et au fond contraires même à l'intérêt à long terme des actuels privilégiés. Je suis très en colère contre ces choses et je ne considère pas que j'en suis coupable. Je les combats, elles me sont étrangères, elles sont contraires à tout ce que je pense et à tout ce que je ressens. Je ne vais pas en plus me sentir coupable de leur existence. Je n'ai ni bonne conscience ni mauvaise conscience. J'essaie d'avoir conscience, c'est tout. C'est d'ailleurs un sacré boulot, il faut aller chercher l'info et on ne peut pas dire qu'elle est très mise en valeur par la grande distribution médiatique. Je veux donc dire qu'il vaudrait mieux que nous soyons un maximum à être en colère et à en faire une question centrale au moment des élections. Je suppose que vous êtes d'accord, Patricia ? L'article de Michel Agier fait partie des armes qui nous sont données. Merci. Et merci à GG pour le clou très bien enfoncé, d'un coup de marteau net et sans bavure.
Virgil Brill Vous n'aimez pas cette culpabilisation générale...Soit, vous avez le droit. Notre façon de consommer nous rend quand même un petit peu responsables de la situation actuelle, Virgil Brill, non ? Face à ces grands groupes agro-alimentaires, le pouvoir se situe dans le caddie et la liste des courses. Ces "politiques criminelles et stupides" vivent effectivement grâce à notre bulletin de vote, je vous l'accorde, mais elles perdurent aussi par nos comportements d'achat de tous les jours. Je suppose que vous êtes d'accord, Virgil Brill ?
Mais visionnez plutôt les 3 reportages cités plus hauts. En matière de culpabilisation générale vous serez servis, je sens que vous allez vous régaler. "Le mensonge vert" : nous sommes tous plus ou moins responsables que cela plaise ou non.