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Pour la dissolution de l'ANPE

Il y va de l’A.N.P.E. comme de toutes les institutions créées par les gouvernements, préoccupés de mainmise sur la masse populaire des sans-emploi, dans le cadre d’une organisation administrative rigoureuseet sous contrôle strict.

Son objectif premier est d’ordre psychologique. Il s’agit d’entretenir l’illusion d’un marché du travail prospère, même en période de récession, de manière à désamorcer toute velléité sociale  collective.

Ce qui me frappe toujours à l’A.N.P.E. de ma ville, c’est le nombre important d’offres affichées, tous secteurs d’activités confondus, ainsi que la pléthore des actions de formation ou de reconversion. Mon expérience personnelle m’a enseigné que la grande majorité des offres étaient déjà soit satisfaites, soit en vigueur mais posant des exigences totalement disproportionnées aux qualifications des demandeurs concernés, soit faisant double emploi avec celles affichées dans d’autres A.N.P.E.

Cette mise en scène a pour effet premier d’entretenir le faux espoir de disposer au premier coup d’œil, et avant consultation, d’un panel d’offres d’emploi important. Les techniques opératoires actuelles de l’A.N.P.E. culpabilisent, à titre individuel et à tous égards, la majorité des postulants : manque de qualification partielle, âge, lieu de résidence, sexe et autres incompatibilités non précisées de prime abord.

Un autre objectif de l’A.N.P.E. et non le moindre, est de traiter de la situation du chômeur comme d’un handicap personnel, assujetti à des rééducations indispensables. Le constat ci-dessus procède de mon expérience personnelle, de celle de mes enfants et amis à la recherche d’emplois.

En un certains sens, et à défaut de reconsidérer totalement les mesures, responsabilités et compétences de l’A.N.P.E. il me semblerait préférable d’en voir la dissolution pure et simple, sur la lancée de celles des boites d’Interim, responsables de la dérive des fondements de l’organisation du  travail, au double plan économique et social. Je m’autorise à vous soutenir dans votre action et vous prie, Madame, de croire…

Témoignage extrait de L'Honneur du chômeur, Claire Gallois, Ed. Denoël, 1998.

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