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Article d'édition

L’Islam une vision radicale et simplifiée du christianisme

Apparu environ six cents ans en après le christianisme l'islam s'est constitué en Arabie pour convertir des populations chrétiennes imprégnées de monothéisme sémitique.

On peut considérer cette religion comme une tentative réussie de simplification du christianisme le rendant plus efficace et plus opérationnel.

Comme le souligne fort bien Jacques Berck, l'accent est mis sur l'unité du divin dans sa diversité. Ce monothéisme radical évacue un dieu en trois personnes, un dieu prophète, Jésus, venu vivre parmi nous et s'imposer une mort atroce pour racheter nos fautes.

Simplement en lieu et place un prophète Muhammad venu enregistrer et transcrire la parole de Dieu. Fini les miracles et s’il n’en reste plus qu’un ce sera la prophétie de Muhammad. Sont conservés le dieu créateur, omniscient, omniprésent, la vie éternelle et son paradis, le bien le mal. Jésus est ramené à l'état de simple prophète.

L'islam est aussi une religion très pratique énonçant des règles simples pour la vie individuelle et collective. Ces règles sont adaptées pour l'époque où elles ont été énoncées. Elles sont parfois contradictoires car même à cette époque les conditions politiques pouvaient changer. C'est ainsi que l'on distingue dans le Coran la période de Médine et celle de la Mecque d'inspiration souvent très différente.

L'islam connaît depuis sa création un succès jamais démenti car il offre aux croyants une aventure spirituelle très forte avec des moyens simples et pratiques. L'islam balaya le christianisme sur la majeure partie de la Méditerranée et son développement en Europe dut être arrêté militairement. Au cours des siècles il gagna l'Asie Mineure, l'Inde, l'Indonésie, l'Afrique...

Mais ce caractère radical et opérationnel qui fit sa force et son succès se trouve confronté aujourd'hui à un problème d'évolution difficile à aborder. Une interprétation trop littérale du texte divin était une facilité qui permettait de garder une simplicité d’interprétation mais qui a eu le grave inconvénient de le figer dans son contexte social et politique du VIe siècle. L'islam se trouva ainsi exclu des grandes transformations philosophiques, scientifiques, sociales et politiques de l'Occident et maintenant de la mondialisation

Face à cette quasi impossibilité d’évolution qui curarise les intellectuels musulmans on assiste à une fuite en arrière chez les islamistes radicaux selon le principe bien connu « si ça ne marche pas bien c’est qu’on en fait pas assez dans l’immobilisme ».Il faut donc insister et retourner aux fondamentaux radicaux qui firent les succès au septième siècle. Il faut ainsi proclamer la guerre sainte, imposer jusqu'à la caricature des règles de vie d'un autre âge et d'un rigorisme absurde. Dès lors le vieux fond d'islamophobie de la tradition chrétienne ressort spontanément, déclenche à son tour fureurs et passions qui bientôt se retournent contre la majorité des musulmans sincères et pacifiques.

La lutte contre le fondamentalisme violent ne peut se satisfaire des fouilles dans les aéroports, des guerres injustes contre des populations qui subissent les extrémismes. Une lutte plus efficace contre les abus de l'islamisme consiste à mieux comprendre l'Islam, ce qu'il a de positif, où se situent ses blocages et comment aider à les lever.

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