Interrogé le 28 octobre par les députés de la « mission d'information sur les questions mémorielles », M. Darcos se demandait si la représentation nationale ne devait pas prescrire quelle histoire enseigner à l'école.
Un train de réformes peut en cacher un autre. Et au milieu de la voie : l'école, le collège, le lycée, l'université...
La consultation du projet de maquette pour la future seconde rendu public mardi 22 octobre sur le site du Ministère de l'Education nationale laisse apparaître une marginalisation de l'enseignement de Sciences Economiques et Sociales (SES) en seconde, qui fait craindre aux enseignants de la discipline un tarissement des flux de lycéens qui choisiront le parcours Sciences de la société en cycle terminal.
Réduction des horaires, séparation de l’économie et de la sociologie, passage en modules optionnels... la réforme du lycée voulue par Xavier Darcos et menée par le recteur Jean-Paul de Gaudemar s'annonce désastreuse pour les sciences économiques et sociales, expliquent Stéphane Beaud (ENS Ulm), Luc Boltanski (EHESS), Pascal Combemalle (Henri-IV), Michel Lallement (Paris-X), El Mouhoub Mouhoud (Paris-Dauphine), Pascal Petit (Cepremap-CNRS) et Dominique Plihon (Paris-XIII).
Elle existe certes toujours de façon latente et incessante ( pour l’existence, la reconnaissance ou la survie ) ; mais, en certaines occasions ( de crise ou de tournant majeur) elle peut prendre des formes très ouvertes. Or la réforme du lycée ( avec ses réductions prévues d’horaire d’enseignement et l’amplitude de son organisation optionnelle ) peut faire que cela soit très chaud. Et certaines associations de spécialistes font déjà monter la pression.
Certains pensent que la réforme du lycée projetée par Xavier Darcos est d’inspiration «anglo-saxonne», (voire finlandaise). Mais on peut y voir aussi des «reprises» (certes dans un contexte sensiblement différent) de certains aspects du fonctionnement «modulaire» des «Ecoles centrales» créées durant la Révolution française ou bien de l’importance donnée aux «études» par rapport aux «cours» dans le lycée français du XIXe siècle.
Xavier Darcos devrait proposer une réforme du lycée «à la finlandaise» avec laquelle les élèves pourraient choisir leurs cours «à la carte». La réforme entrerait en vigueur en seconde à la rentrée 2009. Philippe Meirieu, professeur en sciences de l’éducation à l’université Lumière-Lyon 2, co-auteur avec Xavier Darcos de Deux voix pour une école (Desclée de Brouwer, 2003) et responsable, en 1998, de la consultation «Quels savoirs enseigner dans les lycées?», en discute les options pour Mediapart.
Depuis plusieurs mois, des acteurs du monde économique ont suscité une polémique sur le contenu d