Lun.
20
Oct

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Article d'édition

A quand l’éducation de nos spécialistes en enseignement ?

Fonction régalienne par excellence, l’Education nationale n’en reste pas moins un des ministères qui ne trouve jamais ministre à son pied. Ainsi, fidèle à son habitude, à chaque changement de majorité, chaque gouvernement s’empresse de réformer, avec des projets souvent bien loin de la réalité du terrain.

Une n-ième réforme des rythmes scolaires

            Le projet d’une refonte totale des rythmes scolaires n’était pas une surprise, puisqu’annoncée de longue date par le candidat François Hollande au cours de sa campagne présidentielle. Pour autant, quelle ne fut pas la stupéfaction des Français suite à l’annonce du ministre de l’Education Nationale, Vincent Peillon, quant à son projet de réduire la durée des vacances d’été : de huit semaines aujourd’hui, elles passeraient à six semaines, réparties en deux zones distinctes, à l’horizon 2015. A l’image de Xavier Darcos, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, qui ne maîtrisait pas la « règle de trois », il semblerait que, là encore, notre ministre ne soit pas fidèle aux principes mêmes de la pensée philosophique, qui invite à s’interroger avant de prendre le risque de déclencher une nouvelle polémique.

Comment peut alors envisager la tenue d’un examen national comme le baccalauréat dans de telles conditions ? A moins que ce ne soit un indice supplémentaire en faveur de la mise en place d’un contrôle continu au lycée, plus favorable aux élèves mais surtout aux caisses de l’Etat : en effet, près de 50 millions d’euros1 par an sont consacrés à ces sacro-saintes épreuves.  La disparation du Baccalauréat entrera-t-elle dans un des prochains projets de loi de finances ?

 

« L’éducation nationale recrute. »

            Difficile de n’avoir pu le remarquer, ce bandeau publicitaire qui fleurissait un peu partout pour encourager les jeunes étudiants à s’inscrire au concours d’entrée dans l’enseignement. L’objectif était clairement affiché : recruter, pour la rentrée prochaine, près de 40 000 enseignants supplémentaires pour faire face à la politique de réduction du nombre de fonctionnaires du précédent gouvernement. S’il est un secteur dans lequel l’Etat se doit d’investir, c’est bien envers la jeunesse, mais à quel prix !

            En hausse de 67 % par rapport à l’année passée, le nombre de places offertes aux futurs enseignants cachent néanmoins bien des déboires en matière d’éducation. Ce n’est un secret pour personne, le métier de l’enseignement ne fait plus rêver : débuts de carrière dans ses zones difficiles, salaires de misère, la vocation ne fait plus recette dans les bancs du ministère de l’Education Nationale. Depuis plus d’une décennie, il est ainsi des matières où le recrutement ne permet plus de faire face aux départs à la retraite, faute de candidats ! Il n’est donc pas si rare qu’au terme des épreuves du CAPES (Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement Secondaire), un jury de concours se soit opposé à l’embauche d’enseignants jugés, au regard de leurs copies, trop faibles. C’est pourquoi, à chaque fois et ce, dans la plus grande des discrétions, le ministère s’est empressé de remercier le jury en question, afin de faire valider l’obtention de leur concours par d’autres membres. L’avenir de la jeunesse française ne se lit pas tant dans le nombre d’enseignants que dans leurs qualités pédagogiques. Or personne ne semble l’avoir suffisamment compris ; aussi, il n’est pas impossible que ce projet ne soit qu’un bien pour un mal (sic !).

 

Des élèves brillants, une éducation pleine de réussite : une utopie ?

            Depuis 2010, une réforme du lycée, qui se veut novatrice dans la nature et les méthodes d’enseignement est en cours. Avec un recul déjà certain, le constat est sans appel. Derrière un apparat  de modernité et de développement durable, se cache toujours une dure mais perpétuelle réalité : les exigences envers les élèves s’amenuisent. Bien loin de l’image de la seule élite qui parvenait à entrer dans ces établissements dans le passé, il s’agit sans doute d’un pas de plus vers la méritocratie à la française, selon laquelle, chacun peut réussir en accédant au lycée. Et ce n’est pas la nouvelle réforme (encore !) annoncée pour 2015 qui viendra changer la donne … En effet, si les efforts envers les élèves en difficulté sont nombreux, qu’en est-il de cette jeunesse qui réussit ?

            En France, parler des « élites » ne relève pas du politiquement correct. Seuls quelques reportages, le jour des résultats du baccalauréat, viennent illustrer, à l’aide du club des plus de 20 de moyenne au bac, la brillante réussite d’une jeunesse à l’avenir prometteur. Classes préparatoires, grandes écoles, Science Po, instituts de sciences politiques, écoles nationales d’administration, écoles nationales supérieures, centres nationaux de recherches scientifiques, la France est riche de son héritage historique, de ses écoles d’excellence, dont on entend encore trop peu parler, en dehors des salons d’initiés. L’ambition est un moteur pour une jeunesse, qui doit désormais peser à l’international. Alors, à quand une véritable ambition gouvernementale pour revaloriser et hisser haut les couleurs de nos filières les plus prestigieuses ?

           

1   sources officielles

2  http://www.lemonde.fr/education/article/2012/09/20/peillon-promet-de-recruter-40-000-professeurs-en-2013_1762708_1473685.html

 

Vince, Lis ! C Teyssier, Lycée Teyssier - 57230 Bitche

Newsletter