Mar.
30
Sep

MEDIAPART

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Article d'édition

Un (mariage) pour tous, tous pour rien

« Rira bien qui rira le dernier » : voilà qui résume la réaction des Français par rapport au débat sur le mariage pour tous, alors que l'examen du texte sur l'ouverture du mariage aux couples de même sexe vient à peine de se terminer. Les uns s'emparent des rues, les autres s'emparent des lois, et tout ce petit monde semble vouloir apporter sa pierre à l'édifice de critiques et de théories : après la guerre des psys, la guerre des politiques. Bref, on dira ce qu'on veut, mais c'est quand même un peu le bordel, en vrai.

 Il y a ceux qui vont rire jaune, lorsqu'il s'agira d'examiner le futur deuxième projet de loi : celui qui abordera le fameux sujet de la procréation médicalement assistée, tant maltraitée par la droite. Remarquez, on peut commencer à se demander si la PMA leur fait vraiment si peur que ça, aux députés UMP et autres sympathisants de cette droite effarouchée, qui, comble du ridicule... font naître le débat à partir de rien. Oui, le but du mariage recherché par de nombreux couples homosexuels est sans nul doutes de pouvoir fonder une famille. Pour autant, faut-il parler « d'engrenage » ou de « théorie des dominos », comme le font certains membres de l'UMP, alors même que le gouvernement tente de mettre un peu d'ordre dans tout ça, en séparant les deux sujets ? En criant haro sur le baudet et en brouillant le débat, il me semble que les « antimariage » en arrive justement ce qu'ils veulent éviter : presser les choses.

 Et puis il y a ceux qui ne doivent pas rire du tout, derrière tout ça. Ceux dont on parle avec un mépris grandissant, ceux dont on tente de décider le sort en les mettant dans une petite case spéciale, comme au bon vieux temps : les couples homos. C'est bien joli de sortir dans la rue, de critiquer les lois, de critiquer les mœurs, mais encore faut-il à un moment se rappeler de quoi, ou plutôt de qui on parle. Et là on pourra se rendre compte qu'on ne parle pas « d'eux », mais plutôt de nous : nous, les Français, qui avons encore apparemment beaucoup de mal avec le changement, même quand il est inévitable. Nous qui devrions rire de tout cela, non pas parce que c'est à prendre à la légère, mais parce que le moment où nous prendrons conscience de notre ridicule approche à grands pas.


Clémence Le Bozec, Le P'tit Luther, Lycée Martin Luther King, 77600 Bussy Saint-Georges.

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