Caisses d'épargne: l'édito vidéo de Mediapart
Lire aussi le billet de blog de Laurent Mauduit: les alertes du «watchdog».Au lendemain de la perte sur les marchés financiers par les Caisses d'épargne de près de 700 millions d'euros, qui a conduit à l'éviction de son président Charles Milhaud, Mediapart consacre un édito vidéo à cette affaire. En trois étapes, d'abord devant le journal Le Monde, puis devant celui de la Caisse des dépôts et consignations et enfin devant la banque Natixis, voici comment, avant cette crise, de nombreuses alertes sont intervenues qu'aucun gouvernement n'a voulu entendre.

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Bravo pour cette vidéo. Elle ne saurait remplacer les nombreux articles de fond que vous avez écrit sur le sujet mais elle en est un parfait complément. Revoir à postériori les interviews des protagonistes est édifiant avec les "gros mensonges" à la clé. Ne dit-on pas qu'aujourd'hui on ne croit que ce que l'on voit. Revenir sur des interviews sans doute évacuées de nos mémoires de plus en plus courtes crédibilise encore plus tout votre travail d'enquêtes antérieures.
Mais je ne comprends pas, aucune information Mediapart a jamais été confirmée, ni par les caisses ni par les syndicats ni par l'Etat; les dirigeants ont été évincés à cause d'une perte de Trading qui a du arriver dans toutes les salles de marchés du monde (et probablement à cause des rumeurs apparemment non fondées de besoin de recapitalisation, de faillite, etc. qui ont du refroidir qques clients). les reproches faits aux dirigeants concernent des pertes de valeurs en Bourse de certaines récentes acquisitions: ces acquisitions ayant été réalisées par échange de titres, cela n aura jamais aucun impact sur les comptes; je sais que c est compliqué à comprendre, mais la chute du cours de bourse de nexity ou natixis n'a pas vraiment d impact sur les comptes des caisses; la seule chose importante étant la capacité de ces participations à distribuer des dividendes; ceci étant la seule chose à juger pour dire si ces acquisitions étaient ou non opportunes (avec les éventuelles synergies) Mediapart n'a pas tiré la sonnette d'alarme! Mediapart a simplement mis en danger une grande banque française, en attaquant sa Crédibilité, sans jamais dire de mensonges, il est vrai, mais avec des clichés un peu démagos en guise de titre d'article... faire croire que les Caisses d'Epargne ont été "forcées" de racheter Ixis... Pfff... ce n'est pas pour rien que les Caisses avaient le soutien des pouvoirs publics! Tout le microcosme économique français soutenait ce projet, sauf peut etre un ancien DG de la CdC... dont Mediapart a évidemment relevé les remarques négatives... J aime beaucoup Mediapart; je sais qu on vend plus d'abonnements avec des "Révélations"; mais ne faites pas de la "Mare aux Canards", franchement, ça vous décrédibilise... Continuez à critiquer le pouvoir en place, par pitié, puisque vous etes parmi les seuls à être suffisemment indépendants pour vous le permettre, mais ne mettez plus en péril les boards de grdes boites du CAC 40 sans raison en pleine crise. Cordialement
Vous ne pouvez pas dire, Rominou, autant de contre vérités, en aussi peu de phrases. Tenons-nous en aux faits. Comment osez vous dire qu'un seul directeur général de la CDC a émis des critiques? Le suivant en a dit tout autant, déplorant la violation du pacte d'actionnaires. Comment pouvez-vous dire ce que vous suggérez sur les syndicats? Beaucoup de syndicats - ce qui est rare dans le mouvement social - ont demandé le départ des dirigeants de la CNCE et les syndicats du Crédit foncier ont publié un communiqué pour demander que Nicolas Mérindol ne soit pas affecté là. Comment pouvez-vous dire que l'effondrement en Bourse de Nexity et de Natixis n'aura aucune conséquence sur les comptes de l'entreprise et sur sa valorisation? J'adore d'ailleurs votre formule: n'aura pas "vraiment" d'impact! Ce "vraiment" est tout à fait charmant... Comment pouvez-vous dire vous prévaloir du soutien des "pouvoirs publics", alors que Sarkozy est intervenu dans le dossier. Sans parler de la Commission bancaire qui a a plusieurs reprises sanctionné les Caisses d'épargne pour des manquements aux règles de gouvernance... Bref, parlons des faits. Et parlons à visage découvert...
Merci de faire du vrai journalisme. Ne cédez surtout pas aux menaces diverses et variées... comme on le connaît dans les autres pays d'Europe... mis à part l'Italie à laquelle la France ressemble de plus en plus...
Merci et soutient à Laurent Mauduit qui fait œuvre de salut public. Les journalistes courageux sont trop rares pour ne pas conforter ceux qui font honneur à leur profession.
Tout ce que dit Laurent Mauduit est parfaitement exact et scandaleux, à un détail près Natixis n'a pas été introduit en Bourse en 2006. Natixis est le prolongement de Natexis, elle même ancêtre du Crédit National coté. Que s'est-il passé justement en 2006 ? L'Ecureil s'est d'abord débarrassé de ses actifs ( les plus exposés aux marchés et aux subrimes, c'est à dire Ixis, CIFG...) en les revendant à Natixis. Le Crédit Foncier faisait aussi partie du lot mais a été retiré au dernier moment. Pour payer ces actifs, Natexis ( devenu Natixis) a émis des actions sur la base d'un prix d'apport avalisé par les commissaires aux comptes mais totalement gonflé car on leur a ajouté 20 % des réseaux de l'Ecureuil et 20 % de celui des Banques Pop. On a vu qu'avec la crise non seulement ces métiers de réhausseurs de crédit et de titriseurs ne valaient pas un clou mais ont généré toutes les pertes. Cet apport aurait dans le principe, dû être suivi d'une offre publique d'échange pour les anciens actionnaires de Natexis qui ne souhaitaient pas de ce nouvel animal. C'est là qu'intervient la très grande faute de l'AMF de mon point de vue. Y-a-t-il eu pressions ? En tout cas l'Autorité des marchés financiers a dispensé les banques Pop et les Caisses d'épargne du lancement d'une OPA sur Natixis pour permettre aux actionnaires qui ne voulaient pas suivre de sortir. On se souviendra qu'à l'époque, on ne pouvait trouver aucun analyste ouvertement critique sur le placement des 5 Mds car toutes les maisons étaient partie prenantes à l'opération. Les banques plaçaient et les cabinets d'analystes indépeandants étaient payés pour évaluer. Au lieu d'imposer une OPA, on a au contraire été solliciter massivement les actionnaires individuels pour replacer les 5 milliards de capital de Natixis. C'est la deuxième faute de l'AMF. La communication à l'époque était extrèmement faussée. Les présentations ne mettaient pas en avant la titrisation ou le réhaussement de crédit de Natixis, au contraire, la banque mettait en avant ses participations dans la banque de détail. L'AMF a laissé faire. Les 5 milliards d'actions Natixis ont été vendus essentiellement par les réseaux des Banques Pop et de l'Ecureuil avec une insistance incroyable. Laurent Mauduit n'a pas cité l'AMF parmi les responsables de la déconfiture de Natixis et des Caisses d'Epargne, c'est dommage. La Commission bancaire , c'est exact a à plusieurs reprises tiré la sonnette d'alarme sur les Caisses d'Epargne et Natixis. Je vous rappelle , qu'elle était également opposée à ce que les titres Crédit Foncier servent à payer Nexity (En effet, avoir un promoteur immobilier, actionnaire d'une banque...on marche sur la tête). Si la Commission Bancaire avait cumulé les pouvoirs de l'AMF ( ignorante de ce qu'est une banque !), elle aurait pu ouvrir un contrefeu et empêcher au final la petite dizaine de milliards de pertes pour les actionnaires et les salariés de Natixis. Ma conclusion : L'AMF, largement composée de banquiers ne peut pas défendre l'épargne des clients des banques . C'est aujourd'hui un conflit d'intérêt énorme. Fut-elle demain fusionnée avec la commission bancaire, il est primordial qu'aucun banquier ne siège plus, ni ne dirige cette autorité. Et surtout pas d'inspecteur des finances, consanguin...
Tout ce que dit Laurent Mauduit est parfaitement exact et scandaleux, à un détail près Natixis n'a pas été introduit en Bourse en 2006. Natixis est le prolongement de Natexis, elle même ancêtre du Crédit National coté. Que s'est-il passé justement en 2006 ? L'Ecureil s'est d'abord débarrassé de ses actifs ( les plus exposés aux marchés et aux subrimes, c'est à dire Ixis, CIFG...) en les revendant à Natixis. Le Crédit Foncier faisait aussi partie du lot mais a été retiré au dernier moment. Pour payer ces actifs, Natexis ( devenu Natixis) a émis des actions sur la base d'un prix d'apport avalisé par les commissaires aux comptes mais totalement gonflé car on leur a ajouté 20 % des réseaux de l'Ecureuil et 20 % de celui des Banques Pop. On a vu qu'avec la crise non seulement ces métiers de réhausseurs de crédit et de titriseurs ne valaient pas un clou mais ont généré toutes les pertes. Cet apport aurait dans le principe, dû être suivi d'une offre publique d'échange pour les anciens actionnaires de Natexis qui ne souhaitaient pas de ce nouvel animal. C'est là qu'intervient la très grande faute de l'AMF de mon point de vue. Y-a-t-il eu pressions ? En tout cas l'Autorité des marchés financiers a dispensé les banques Pop et les Caisses d'épargne du lancement d'une OPA sur Natixis pour permettre aux actionnaires qui ne voulaient pas suivre de sortir. On se souviendra qu'à l'époque, on ne pouvait trouver aucun analyste ouvertement critique sur le placement des 5 Mds car toutes les maisons étaient partie prenantes à l'opération. Les banques plaçaient et les cabinets d'analystes indépeandants étaient payés pour évaluer. Au lieu d'imposer une OPA, on a au contraire été solliciter massivement les actionnaires individuels pour replacer les 5 milliards de capital de Natixis. C'est la deuxième faute de l'AMF. La communication à l'époque était extrèmement faussée. Les présentations ne mettaient pas en avant la titrisation ou le réhaussement de crédit de Natixis, au contraire, la banque mettait en avant ses participations dans la banque de détail. L'AMF a laissé faire. Les 5 milliards d'actions Natixis ont été vendus essentiellement par les réseaux des Banques Pop et de l'Ecureuil avec une insistance incroyable. Laurent Mauduit n'a pas cité l'AMF parmi les responsables de la déconfiture de Natixis et des Caisses d'Epargne, c'est dommage. La Commission bancaire , c'est exact a à plusieurs reprises tiré la sonnette d'alarme sur les Caisses d'Epargne et Natixis. Je vous rappelle , qu'elle était également opposée à ce que les titres Crédit Foncier servent à payer Nexity (En effet, avoir un promoteur immobilier, actionnaire d'une banque...on marche sur la tête). Si la Commission Bancaire avait cumulé les pouvoirs de l'AMF ( ignorante de ce qu'est une banque !), elle aurait pu ouvrir un contrefeu et empêcher au final la petite dizaine de milliards de pertes pour les actionnaires et les salariés de Natixis. Ma conclusion : L'AMF, largement composée de banquiers ne peut pas défendre l'épargne des clients des banques . C'est aujourd'hui un conflit d'intérêt énorme. Fut-elle demain fusionnée avec la commission bancaire, il est primordial qu'aucun banquier ne siège plus, ni ne dirige cette autorité. Et surtout pas d'inspecteur des finances, consanguin...
Interessants commentaires M. Mauduit. Je souhaite cependant vous apporter 3 commentaires qui pourront alimenter votre réflexion, ainsi que quelques précision à Marie : 1- Origine de Natixis En 2004, le Groupe Caisses d'Epargne achète Ixis, à la Caisse des Dépots et Consignation : Il est désormais présente sur les principales places financières mondiales, et organise son activité de banque d’investissement autour des 4 filiales : IXIS Corporate et Investment Bank, IXIS Asset Management Group, IXIS Investor Services, IXIS Financial Guaranty (CIFG). CIFG était une filiale américaine, propriété de la CdC (l'état français) depuis plusieurs années. Elle a été amenée à Natexis (Fusion du Crédit NATional et de la Banque du commerce EXtérieure, anciennes banques d'état) structuré par les Banques populaires pour aboutir à Natixis. 2- Sortie du pacte d'actionnaire de la Caisse Nationale des Caisses d'Epargne et de la CdC : Le pacte a été dénoncé, mais la CdC a accepté la monnaie d'échange pour sortir du "capital".La filiale "Ecureuil Vie", immédiatement revendue par la CdC à la CNP. Elle avait toute latitude pour refuser une quelconque sortie du capital en dernier ressort. Ainsi, je ne pense pas que la CdC ait pu être fondamentalement en opposition avec les désiratas de la Caisse Nationale des Caisses d'Epargne...surtout si , d'après vos dires, M. Minc était à la fois conseil de M.Milhaud et de M. Sarkozy. 3- Livret A N'oublions pas que les Caisses d'Epargne sont des banques coopératives. Leur capital social est (pour résumé) constitué de Parts Sociales et de Certificats Coopératifs d'Investissements. La mission qui leur a été confié depuis la loi de juin 1999, a été le soutien à l'Intérêt Général ; en ECHANGE, les Caisses d'Epargne conservaient l'exclusivité de distribution du Livret A. Sans rentrer dans le détail, la moitié des sommes consacrées à l'intérêt versé aux parts sociales chaque année aux sociétaires (3 millions de personnes je crois) devaient être consacrées aux Projets d'Economie Locales et Sociales. Vastes dépenses de plusieurs dizaines de millions par an "à fond perdu", ce qui pour une banque dans le secteur concurrentiel d'aujourd'hui est difficilement tenable. Par la LME 2008, perdre le livret A libera les Caisses d'Epargne de ces obligations légales.