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Malédiction d'Etat sur France Télévisions

Au nom de quoi le bon vouloir présidentiel est-il de casser la dynamique initiée par l'équipe dirigeante de l'audiovisuel public, s'interroge Catherine Tasca, vice-présidente (PS) du Sénat et ancienne ministre de la Culture et de la Communication.

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pave.jpgLa mission de Patrick de Carolis et Patrick Duhamel à la tête de France Télévisions semble clairement condamnée à s'arrêter en août prochain. Mais, histoire de leur faciliter la vie, la rumeur court, court partout de la future nomination d'Alexandre Bompard au poste envié de PDG. Franchement, ça ne les aide pas dans la difficile réorganisation de l'entreprise et la négociation de la convention collective.

Le problème n'est pas tant la personnalité du candidat de l'Elysée, un peu jeune peut-être pour avoir l'expérience nécessaire pour diriger la destinée d'une entreprise de 11 000 salariés et qui surtout a la mission essentielle de faire vivre un grand service public audiovisuel dans un paysage où le pouvoir a beaucoup de sollicitude pour les grands médias privés.

Le vrai, le lourd problème, c'est qu'une fois de plus, ce pouvoir, comme beaucoup de ses prédécesseurs, choisit d'interrompre le cours d'une entreprise à laquelle il n'a en vérité guère de reproches à faire, si ce n'est sans doute celui de n'avoir pas répondu assez docilement à ses interventions incessantes alors même que, désormais, c'est le Président en personne qui choisit les PDG de l'audiovisuel public.

Auparavant, il fallait au moins franchir l'étape du Conseil supérieur de l'audiovisuel. Désormais, celui-ci n'est plus qu'un commentateur zélé des choix présidentiels.

Il y a pourtant une évidence : dans un contexte culturellement et techniquement en pleine mutation, aucune équipe ne peut réussir pleinement sans la durée. Deux mandats au moins sont nécessaires, sauf constat de manquement grave à la mission. Or l'équipe actuelle a réussi, même assez spectaculairement, à rétablir la santé financière, à engager une nouvelle organisation, à donner les meilleurs moyens à la création.

Au nom de quoi le bon vouloir du prince peut-il casser cette dynamique, pour quel profit, sinon celui de l'autoritarisme et du sectarisme ?

C'est une vraie malédiction d'État qui s'abat sur France Télévisions. Une seule petite lueur d'espoir : que le Président renonce à son funeste projet de suppression intégrale de la publicité, aujourd'hui garante de ressources que l'État sera bien incapable de lui assurer. Le coup d'arrêt donner à la vente de la régie publicitaire permet de rêver...

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