Les universités entre besoins de multiVersitudes et menaces de multiServitudes
Rencontre-débats à Grenoble - en libre accès.
Mercredi 3 mars 2010 de 20h00 à 22h00
Lieu : Librairie Le sphinx - Tonneau de Diogène, 6 place Notre Dame, 38000 Grenoble (tel : 0476423840) Tram B : arrêt Notre Dame
« Les universités entre besoins de multiVersitudes et menaces de multiServitudes »
avec Yves Citton, Sylvain Brunier, Davy Cottet, Nicolas Krautberger, Jon Bernat Zubiri-Rey.
Sous le titre « UNIVERSITES : MULTIVERSITUDES », le dossier principal de la revue Multitudes du mois de novembre 2009 était consacré à la situation des universités, considérée de façon transnationale à partir des problématiques propres à la revue (évolution de nos sociétés vers une forme "cognitive" du capitalisme, revenu garanti, recomposition de classes, internationalisme, traductions culturelles) , avec des articles portant sur le statut des savoirs et des formations universitaires, des sondages aux USA, en Russie, en Italie, en Chine, et des propositions concrètes.
L'axe de réflexion qui traverse tous les articles de cette majeure fait surtout apparaître les mouvements de résistance à la privatisation de l'enseignement et de la recherche comme lieux de fermentation des nouveaux savoirs et des nouvelles pratiques du commun émergeant dans nos nouvelles formes de vie sociale. Les Universités Nomades mises en place depuis plusieurs années, les « universités populaires » émergées à l'occasion des grèves de ce printemps, les campus alternatifs, les tracts et les journaux militants, ainsi que toutes les autres formes d'auto-organisation activiste - à commencer par le type de réunions organisées par les Amis du Monde Diplomatique - fraient des voies dont peuvent s'inspirer les universités de demain pour être à la hauteur des défis et des possibles de notre époque.
Loin des lamentations de la perfusion, ce dossier propose donc d'inscrire l'avenir des universités dans une réalité caractérisée par la diffusion : l'enseignement, le savoir et la recherche sont appelés à concerner, de façon diffuse, l'ensemble des citoyens. C'est la séparation (institutionnelle et conceptuelle) entre « chercheur » et « non-chercheur », « étudiant » et « non-étudiant », « enseignant » et « non-enseignant » c'est à dire entre un « dedans » et un « dehors » de l'université qu'il faut remettre fondamentalement en cause. Nous sommes appelés à être tous de perpétuels étudiants-enseignants-chercheurs. S'il faut savoir préserver les universités comme des lieux privilégiés où sont amorties les pressions de l'utilité et de la profitabilité immédiates, il faut aussi savoir les imaginer comme des lieux de multiversitudes, favorisant la multiplicité de savoirs qui se renouvellent sans cesse et dont le potentiel de diffusion est historiquement inouï. Il nous reste à inventer les nouvelles modalités forcément diffuses et multiversitaires d'auto-organisation des savoirs. Il faut surtout trouver des moyens de sécurisation des statuts, de préservation du temps « libre » de la réflexion afin d'éviter que les besoins sociaux de multiversitude ne dégénèrent en une multiservitude, tiraillant chacun de nous entre des obligations éclatées et relevant d'une logique purement comptable.
Cinq contributeurs de ce numéro de Multitudes viendront présenter quelques thèses rapides sur leur perception et leur analyse de cette situation, à partir desquelles chacun sera invité à faire part de ses expériences, de ses réflexions, de ses espoirs et de ses craintes.
